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Plus d’excuses pour ne pas utiliser de préservatif

Quand la musique bat son plein, que l’alcool coule à flots et que les hormones sont en ébullition, se procurer un préservatif n’est pas forcément la première chose qui vient à l’esprit, jusqu’à ce qu’il soit trop tard : les boutiques sont fermées et les préservatifs ne tombent pas du ciel.

C’est là où les entreprenants vendeurs installés à l’extérieur des bars bondés et des discothèques de Nairobi, la capitale kényane, se transforment en sauveteurs. Steve Kielu, un vendeur de rue qui a installé son stand devant The Wallet, une discothèque du centre de Nairobi, a ajouté des préservatifs à l’éventail des cigarettes, chewing-gums, piles et autres produits qu’il vend habituellement.

« Des gens viennent sous un prétexte – ils achètent d’abord des bonbons, et finalement ils demandent s’il n’y a pas aussi des préservatifs », a-t-il raconté. « C’est comme ça que j’en suis venu à avoir des réserves de préservatifs ».

« Je cible à la fois les hommes et les femmes, mais mes clients sont plus souvent des hommes que des femmes. Je sais que je les ai aidés, plutôt que de les voir partir sans rien », a dit M. Kielu à IRIN/PlusNews.

Psys, une autre discothèque prisée de Lang’ata, un faubourg de Nairobi, conserve des préservatifs derrière le bar. « C’est un haut lieu social où deux adultes consentants vont venir, parler, et où l’alchimie est perceptible partout », a expliqué Martin, l’un des tenanciers du bar.

« Nous avons tout une gamme de préservatifs disponibles à la vente. Aussi important qu’il puisse être d’avoir des préservatifs sur soi, tout le monde n’en a pas dans son portefeuille ou dans son sac à main, donc généralement, on peut les trouver à notre comptoir », a-t-il ajouté. « Qu’est-ce qui est pire : contracter le VIH ou être gêné d’avoir à demander un préservatif au comptoir ? »

Des lieux stratégiques

Plusieurs organisations non gouvernementales travaillent aussi à rendre les préservatifs plus accessibles.

« Ce que nous encourageons, c’est la mise à disposition de préservatifs dans les endroits à haut risque, comme les bars d’autoroutes, les lieux d’hébergement, les casinos ou les discothèques », a dit Chris Wainaina, gérant de la marque de préservatifs « Trust » pour Population services international (PSI), une organisation internationale de marketing social.

''...Aussi important qu’il puisse être d’avoir des préservatifs sur soi, tout le monde n’en a pas dans son portefeuille ou dans son sac à main, donc généralement, on peut les trouver à notre comptoir. Qu’est-ce qui est pire : contracter le VIH ou être gêné d’avoir à demander un préservatif au comptoir ? ...''
M. Wainaina a précisé que PSI menait des sessions de formation pour les propriétaires de bars, les tenanciers de discothèques et les employés de résidences hôtelières pour rendre les préservatifs plus largement disponibles et les aider à répondre à la demande de manière adéquate.

« Les préservatifs sont même vendus par les chauffeurs de taxi à leur clientèle la nuit. Ils travaillent tard la nuit et sont garés stratégiquement dans des zones à haut risque [VIH] », a-t-il noté.

Jude Musyoka*, un étudiant de l’université internationale américaine de Nairobi, a dit apprécier cette facilité de trouver des préservatifs.

« Habituellement, j’ai mes propres préservatifs sur moi, mais le problème c’est qu’on ne planifie pas toujours ces choses-là, donc quand tu as rencontré une jolie fille en dehors de l’école, le barman ou le vendeur de rue viendront toujours à ton secours », a-t-il dit. « Je veux juste ne pas me réveiller le matin et m’inquiéter de ce que j’aurais dû faire ».

Une révolution culturelle

Les jeunes hommes et femmes de la capitale kényane semblent avoir adopté le préservatif comme une composante habituelle de leurs relations sexuelles, au moins dans les premiers temps de la relation.

En 2007, une étude d’Infotrak research & consulting, en collaboration avec un magazine local pour les jeunes femmes, Eve girl, a révélé que 54 pour cent des jeunes femmes utilisaient les préservatifs de manière « permanente », contre 24 pour cent qui ne les utilisaient jamais.

Anthony Omondi*, un jeune cadre de Nairobi, a attribué la popularité croissante du préservatif parmi la jeunesse urbaine à l’influence de la culture occidentale et à la publicité dont avait bénéficié cet outil de prévention au cours des dernières années.

« Les enfants sont sensibilisés sur le préservatif à l’école, il y a des panneaux partout dans la ville avec des gens célèbres qui en font la promotion, il y a des publicités à la télévision, donc [les préservatifs] sont maintenant tout à fait acceptables... en fait, ils sont même cool », a-t-il ajouté. « Et puisque tu peux en trouver n’importe où et ils sont soit gratuits, soit pas chers, il n’y a plus d’excuses pour ne pas les utiliser ».

D’après le Conseil national de lutte contre le sida, les Kényans utilisent environ 120 millions de préservatifs chaque année, mais ce chiffre n’inclut pas le nombre de préservatifs achetés. Un paquet de trois préservatifs coûte en moyenne 10 shillings kényans (0,16 dollar).

* Un nom d’emprunt

sm/kr/kn/he/ail


This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions

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