Les femmes vivant avec le VIH/SIDA dans les régions rurales du Liberia sont contraintes de parcourir des centaines de kilomètres pour se rendre à Monrovia, la capitale, afin d’accéder à un traitement gratuit, a déploré un groupement de femmes séropositives.
A la tête d’un groupe d’une cinquantaine de femmes vivant avec le VIH/SIDA ayant formé en juin dernier le Réseau pour le pouvoir des femmes libériennes (LIWEN), Patricia Wayon a dit à IRIN/PlusNews que l’accès au traitement dans les zones rurales du Liberia était limité.
« Certaines femmes séropositives ont dû quitter leur famille et leurs activités dans des régions aussi éloignées que [le comté de] Lofa [dans l’est du Liberia près des frontières avec la Guinée et la Sierra Leone] et Grand Gedeh [près de la frontière avec la Côte d’Ivoire] pour se rendre à Monrovia afin de recevoir un traitement », a-t-elle indiqué.
Environ 10 sites distribuent un traitement antirétroviral (ARV) au Liberia. Or, seulement cinq des 14 comtés ruraux du Liberia sont pourvus d’un de ces sites. Les autres sont situés dans le comté de Montserrado, la région de Monrovia, selon le Programme national de lutte contre le sida (NACP).
Les femmes constituent 51 pour cent des 3,2 millions de Libériens, selon l’Institut libérien de services de géo-information (LIGIS), l’agence gouvernementale de statistiques.
Il n’y a pas actuellement de statistiques nationales sur le taux de prévalence du VIH des femmes, selon le LIGIS et le NACP, mais le rapport national de développement humain du Liberia paru en 2006 a estimé que le taux de prévalence national était entre 8,2 et 12 pour cent, suggérant une augmentation par rapport aux 5,9 pour cent annoncés en 2003 par le Programme commun des Nations Unies sur le sida.
Mme Wayon a cité des chiffres recueillis par l’association Light, la principale organisation de personnes vivant avec le VIH/SIDA au Liberia, selon lesquels sur les 3 000 personnes déclarées éligibles à un traitement ARV, seules 900 d’entre elles y avaient accès.
« Près de la moitié de ces personnes qui n’ont pas accès aux ARV sont des femmes et elles sont nos cibles prioritaires », a-t-elle poursuivi. « L’un des principaux objectifs du réseau est de redonner de l’espoir et de soutenir les femmes séropositives qui subissent plus de stigmatisation que les hommes et sont souvent assimilées à des travailleuses du sexe ».
Pour augmenter l’accès des femmes au traitement, le réseau veut faire pression sur le gouvernement et sur les partenaires internationaux pour qu’ils « aident à fournir des ARV et à augmenter le nombre de centres de traitement dans les régions intérieures pour les femmes séropositives », selon elle.
« Nous sommes des femmes et le gouvernement est dirigé par une femme [la présidente Ellen Johnson-Sirleaf] alors nous avons de bonnes raisons d’espérer que nos pressions ne soient pas ignorées», a ajouté Mme Wayon.
Un plan d’action du NACP pour 2007 projette déjà d’augmenter le nombre de centres de traitement dans les zones rurales.
« Cette partie de la stratégie nationale de lutte contre le sida sur laquelle nous travaillons en ce moment devrait garantir l’augmentation du nombre de sites de traitement à au moins 20, [les nouveaux sites] seront accessibles dans la plupart des zones rurales », a dit le NACP.
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