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La Banque mondiale prolonge son aide VIH/SIDA à trois pays

La Banque Mondiale a décidé de reconduire pour une année supplémentaire son Programme d’accélération des traitements (TAP) au Burkina Faso, au Ghana et au Mozambique, les trois pays bénéficiaires de ce projet contre le VIH/SIDA.

« Le programme s’exécute bien au Burkina Faso et dans les autres pays, ce sont ces résultats qui expliquent la prorogation d’une année du programme », s’est félicité Zacharie Balima, coordonnateur du programme TAP au Burkina Faso, le 6 juillet à Ouagadougou, la capitale burkinabè, à l’issue de la réunion des représentants de la Banque mondiale et des trois pays concernés, qui a permis de valider la poursuite du financement.

Lancé en 2005 en partenariat avec la Commission économique pour l’Afrique et l’Organisation mondiale de la santé, le projet pilote TAP, d’une durée initiale de deux ans et doté de 60 millions de dollars, a pour but de déterminer la faisabilité et l’impact d’une forte accélération des efforts de lutte contre l’épidémie, notamment en renforçant les systèmes nationaux de santé et en élargissant l’accès aux antirétroviraux (ARV) pour les personnes séropositives en attente de traitement.

Au Burkina Faso, 7 908 personnes, soit 59 pour cent des 13 308 patients sous traitement ARV dans le pays, le sont grâce aux 18 millions de dollars versés depuis 2005 dans le cadre du programme TAP.

La prorogation du programme d’une année supplémentaire, jusqu’à septembre 2008, va permettre aux pays d’absorber les fonds qu’ils n’ont pas pu dépenser auparavant, a expliqué le docteur Nii Akwei Addo, responsable du Programme national de contrôle de l’épidémie au sein du ministère de la Santé du Ghana.

« Il y a des progrès dans tous les pays pour absorber l’argent et atteindre les objectifs qu’ils se sont fixés », a-t-il affirmé.

Le Ghana a reçu 14,9 millions de dollars pour trois ans et n’a pu dépenser que 60 pour cent de cette somme, a-t-il précisé. Au Ghana, le TAP contribue aujourd’hui au traitement ARV de 8 600 patients, sur un objectif initial de 13 000 personnes.

Aller plus loin

Même si la prolongation du programme TAP n’a pas vraiment constitué une surprise puisque « c’est dans les principes de la Banque Mondiale de proroger d’une année un projet qui tire vers la fin », a affirmé M. Balima, cette annonce a été accueillie avec soulagement par les ONG de prise en charge des patients séropositifs.

« C’est une bonne nouvelle, car on se demandait ce qu’on allait faire. Nous leur avions dit [à la Banque mondiale] que nous ne voulions pas une rupture, en expliquant nos difficultés et nos inquiétudes », a expliqué Korotimi Salouka, vice-présidente de l’Association de personnes vivant avec le VIH Rev+, basée à Bobo Dioulasso au Burkina Faso.

Avant le début du programme en 2005, seules 70 personnes de l’association bénéficiaient de traitements ARV. Aujourd’hui, 500 membres en reçoivent grâce au fonds TAP. Environ un tiers des patients sous ARV au Burkina Faso sont pris en charge par les associations.

«Le TAP a suscité beaucoup d’espoir et chaque jour nous avons des adhésions parce que les dépistages sont plus fréquents », a dit Mme Salouka.

Ce projet a également largement contribué à élargir l’accès au traitement du sida au Mozambique, où 35 pour cent des 49 000 patients sous ARV les reçoivent dans le cadre de ce programme.

«Le TAP au Mozambique participe à l’effort de prise en charge des patients », a rappelé Luc Van Der Veken, de l’Association Pathfinder de prise en charge au Mozambique, tout en reconnaissant qu’il « attendait davantage en venant à Ouagadougou mais on savait que ça allait être difficile ».

Car en dépit du soulagement provoqué par la poursuite du financement, la rencontre de Ouagadougou a permis de rappeler la nécessité de trouver des financements additionnels et pérennes pour permettre aux ONG de continuer à prendre en charge les personnes déjà sous traitement et à offrir des ARV aux patients qui en attendent.

« Les traitements ARV sont des traitements a vie, et il n’y a pas raison qu’il y ait rupture. Au cours de cette réunion se sont dégagées des pistes, afin de pouvoir poursuivre les traitements des personnes sous ARV et [d’inclure] de nouveaux [patients] parce qu’il y a la file active qui attend », a expliqué M. Balima.

L’Association Rev+, par exemple, emploie deux médecins et trois infirmières grâce à la subvention du TAP. « Ils sont payés directement par le TAP et demandent souvent des avancements. Comment une association peut-elle faire face à ces dépenses si elle se trouve abandonnée du jour au lendemain ? », s’est inquiétée Mme Salouka.

Trouver d’autres sources de financement

La fin annoncée du TAP en 2008 a donc incité les pays à explorer d’autres pistes de financement pour poursuivre cet effort dont le but est d’atteindre l’accès universel à la prévention et au traitement du VIH/SIDA d’ici 2010, tel que le prévoit l’un des objectifs du millénaire pour le développement définis par les Nations Unies.

Le Ghana, qui a déjà obtenu deux subventions VIH/SIDA du Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme, a convaincu l’organisme international de financement de la lutte contre les trois épidémies de continuer à le soutenir, en obtenant 97 millions de dollars pour la période 2006-2010, et s’apprête à déposer une nouvelle requête.

En effet, a expliqué M. Akwei Addo, la dernière subvention du Fonds mondial permet de prendre en charge 35 000 personnes séropositives, bien mieux que les 5 000 qui recevaient des ARV précédemment, mais loin des 69 000 malades en attente de traitement au Ghana.

Dans le cadre de l’accès universel à la prévention et au traitement du VIH, il a estimé les besoins de la lutte contre le sida au Ghana à 468 millions de dollars pour les cinq prochaines années. En tenant compte des contributions des partenaires comme la Banque mondiale, le Fonds mondial et le gouvernement du Royaume Uni, le déficit de financement de la lutte s’élève donc à 260 millions de dollars, a dit M. Akwei Addo.

Pour augmenter et pérenniser les financements, les autorités en charge de la lutte contre le sida au Ghana ont également demandé au gouvernement la mise en place d’un fonds national financé par des taxes, par exemple une taxe sur la bière, car, a expliqué M. Akwei Addo, « nous ne pouvons pas continuer d’aller vers les donateurs pour quémander des fonds ».

Le Burkina Faso de son côté a également annoncé début juillet avoir obtenu plus de 63,7 millions de dollars sur cinq ans pour la prise en charge des patients infectés au VIH dans le cadre du sixième appel à proposition du Fonds mondial. Cette subvention servira à mettre sous traitement 20 000 patients séropositifs adultes et 2 000 enfants, à prendre en charge la scolarité des orphelins et enfants vulnérables, et à sensibiliser 300 associations.

« Ces fonds permettront [également] de récupérer toutes les initiatives qui s’arrêtent, d’augmenter la prise en charge générale et pédiatrique », a expliqué à IRIN/PlusNews le docteur Wamarou Traoré, coordinateur national du Fonds mondial au Burkina Faso.

Il s’agira également de mieux traiter la co-infection VIH et tuberculose, cette dernière étant la principale infection opportuniste liée au VIH/SIDA. Les participants à la rencontre de Ouagadougou ont d’ailleurs décidé de donner aux praticiens les moyens de dépister systématiquement les deux infections.

bo/ail


This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions

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