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Les soins à domicile, seule option possible

Alors que le système de santé public swazi ploie sous le flux des patients infectés par le VIH/SIDA, les structures et le personnel de santé sont surexploités et les soins à domicile sont aujourd’hui la seule solution alternative pour de nombreuses personnes, selon un rapport récent.

« Dans les centres de santé et les hôpitaux, les agents de santé ont signalé une augmentation du nombre de patients attribuée au VIH et au sida, et ont observé que les cas de VIH et de sida étaient souvent plus avancés et plus complexes à traiter que les autres, ce qui se traduit par des pressions considérables exercées sur des services déjà affaiblis par le manque de personnel », peut-on lire dans une étude réalisée à la demande du ministère de la Santé et des affaires sociales.

« Le VIH et le sida ont approximativement doublé le nombre des cas que l’on a à traiter depuis les années 1990 », a déclaré un médecin dans l’Etude du poids du VIH et du sida dans les services de santé et de l’impact du VIH et du sida sur le secteur de la santé au Swaziland.

« Je ne peux pas accorder à un patient une attention exclusive en raison de la longue file d’attente dont il faut aussi s’occuper ; cela a un impact sur la performance du système », a révélé un autre médecin.

« L’hôpital est toujours plein à craquer et il n’y a pas de bancs ; les gens sont très faibles ; il n’y a pas assez de personnel. Cet endroit n’est pas propice à la guérison », a déploré une infirmière en chef.

Le rapport fait également état d’une « augmentation substantielle » des cas de tuberculose depuis 1990. « Le taux d’achèvement des traitements contre la tuberculose a chuté pour atteindre 34 pour cent, un chiffre bien inférieur aux 85 pour cent généralement requis pour endiguer la tuberculose. Les difficultés qui continuent de faire obstacle à l’amélioration des taux de traitement sont attribuées à l’augmentation du nombre de décès imputables au VIH et au sida chez les patients atteints de tuberculose, de même qu’aux pressions exercées sur les services ».

« Si les patients voient sans arrêt d’autres patients mourir, ils n’ont pas foi en le système », a expliqué un agent de santé aux chercheurs.

Les soins à domicile, la seule option possible

Par nécessité, de plus en plus de patients reçoivent aujourd’hui leur traitement à domicile. « Dans tous les hôpitaux et la plupart des centres de SSP [soins de santé primaires] visités, les agents de santé ont signalé une hausse significative du nombre des patients non hospitalisés », selon le rapport.

« Certains patients ne viennent tout simplement jamais au centre s’ils n’ont pas été identifiés par des groupes de soins à domicile, qui les y envoient [...] essentiellement parce qu’ils ont baissé les bras et pensent que les centres de santé ne peuvent rien pour eux », a révélé une infirmière d’un centre de santé.

« Nous devons faire davantage, notamment en matière de soins et de soutien. Pour ce qui est des traitements contre le VIH/SIDA, nous devons avant tout enrichir nos compétences ; nous avons un gros problème de compétences », a expliqué à IRIN/PlusNews Khanya Mabuza, chef de projet au Conseil national d’urgence sur le VIH et le sida (NERCHA).

« Nous ne pouvons pas continuer à travailler comme nous le faisons actuellement. Nous devons trouver une meilleure façon de prodiguer les services : il faut adopter une approche axée sur la communauté locale et faire appel à des profanes pour dispenser les soins. Nous sommes déjà en train de [...] "décharger" les hôpitaux et de placer les patients au sein de la communauté », a-t-elle ajouté.

« Le grand défi, ce sont les ressources humaines. Les familles doivent être formées. Même si vous avez reçu de l’argent des bailleurs de fonds, cela ne suffit pas si vous n’avez personne pour faire fonctionner les machines et distribuer les médicaments », a expliqué Mme Mabuza.

Selon le rapport du ministère de la Santé, s’il est vrai que les soins à domicile jouent un rôle important, ils sont toutefois « très insuffisants, et leur couverture est incomplète ».

« De sérieuses préoccupations ont été fréquemment exprimées au sujet de la qualité et de la viabilité [de ces soins], et parmi les problèmes sous-jacents posés par les soins à domicile, on constate une fragmentation et un manque de coordination, une surexploitation extrême des capacités à tous les niveaux, un manque de formation et de soutien, et un approvisionnement peu fiable en matériel de soins ».

La capacité des familles et des communautés à faire face à cette situation a également été remise en question.

« De nombreuses familles attendent le dernier moment pour amener au service des urgences leurs proches parents atteints du sida. Elles savent que dans ce cas, [le personnel de santé] sera moins susceptible de renvoyer le patient chez lui, même si le service est plein », a indiqué dans le rapport une cadre infirmière d’un hôpital.

« Alors les patients restent pour la nuit [...] et parfois les familles, qui se chargent habituellement de leur prodiguer des soins, ne viennent pas les chercher, juste pour pouvoir se reposer un peu ».

Les pénuries de personnel ont empiré cette semaine : sept des 21 médecins qui travaillaient pour le ministère de la Santé ont quitté leur poste au sein des hôpitaux publics parce qu’ils n’avaient pas perçu leurs primes de disponibilité depuis plus d’un an. Les médecins, des expatriés spécialisés dans des tâches pointues telles que la chirurgie ou la radiologie, ont fait appel à un avocat pour engager des poursuites contre le ministère de la Santé. Certains ont quitté le pays.

jh/tdm/he/kn/nh/ads/ail


This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions

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