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Changer de comportement, c'est possible

Bien que controversée, la campagne nationale de lutte contre le VIH/SIDA est parvenue à inciter la population swazi à modifier ses comportements sexuels, selon les résultats d’une nouvelle enquête.

L’étude a pu être réalisée grâce au soutien du Conseil national de réponse d’urgence au VIH/SIDA (NERCHA en anglais) et de l’Agence américaine pour le développement international (USAID) et a été menée par Community Information and Epidemiological Technologies (CIET), un centre de recherche basé au Mexique.

La campagne de sensibilisation au VIH/SIDA appelée ‘Makhwapheni’ (qui signifie, en argot siswati, ‘amours interdites’) s’est intéressée aux dangers que représentent les rapports sexuels avec des partenaires multiples.

En effet, lors de la préparation du Plan stratégique national multisectoriel de lutte contre le VIH et le sida 2006-2008, les rapports sexuels avec des partenaires multiples ont été identifiés comme étant l’un des principaux facteurs de propagation de l’épidémie, a expliqué NERCHA.

La campagne de sensibilisation a été sous le feu de la critique. En effet, les personnes vivant avec le VIH/SIDA ont reproché aux commanditaires de la campagne de faire du sensationnalisme bon marché. Cependant, à en croire les données préliminaires fournies par l’enquête d’USAID, la campagne aurait frappé juste.

Près de 90 pour cent de 2 100 adultes interrogés au hasard ont entendu parler de la campagne, et 91 pour cent d’entre eux sont d’accord avec le message que véhicule la campagne et pensent que les aventures sexuelles avec des partenaires multiples augmentent les risques de contamination au VIH.

En outre, plus de 70 pour cent des personnes interrogées pensent que la campagne peut avoir des répercussions positives sur la situation au Swaziland et la campagne pourrait inciter 78 pour cent d’entre elles à modifier leurs comportements sexuels.

«Les résultats sont encourageants. Le plus difficile dans la lutte contre le sida est de parvenir à convaincre la population de modifier ses comportements sexuels. Or, comme l’indiquent les résultats de l’enquête, la campagne y est arrivée», a déclaré Daniel Halperin, conseiller technique auprès d’USAID pour la prévention et le changement de comportements.

Plus de 50 pour cent des personnes ayant participé à l’enquête, parmi lesquelles 64 pour cent étaient des femmes, ont indiqué avoir eu moins de partenaires sexuels multiples en 2005 qu’en 2004, et avoir été plus fidèles à leur partenaire sexuel principal en 2006.

La campagne de sensibilisation semble avoir porté ses fruits. En effet, en 2006, 92 pour cent de la population interrogée considérait les rapports sexuels avec des partenaires multiples comme un risque accru d’exposition au VIH, contre 87 pour cent en 2005.

Selon les données préliminaires, davantage de Swazis se disent prêts changer de comportements sexuels s’ils apprenaient qu’ils étaient séropositifs. Et cette année, de moins en moins de personnes ont l’intention d’avoir des partenaires sexuels différents.

Les Swazis sont de plus en plus nombreux à condamner les aventures occasionnelles et les rapports sexuels avec des mineurs. Questionnés sur leur entourage, les participants à l’étude ont également indiqué que de moins en moins de personnes approuvaient les aventures occasionnelles. Cependant, les personnes de leur entourage continuent d’approuver les rapports sexuels avec les adolescents.

«Les résultats sont très encourageants, la campagne a atteint la cible et le message a été compris. Mais les résultats de la dernière étude sentinelle seront révélés d’ici un mois, ce sera là le vrai test. C’est à ce moment là que nous verrons si toutes les activités et les campagnes qui ont été menées ont modifié les comportements et ont eu une répercussion sur l’épidémie», a affirmé Derek von Wissell, directeur de NERCHA.

Le petit royaume enclavé du Swaziland affiche un taux de prévalence du VIH/SIDA de l’ordre des 40 pour cent.

Le sexe a toujours été un sujet tabou, aussi bien dans les discussions privées que publiques. En conséquence, les groupes d’aide sanitaire ont eu des difficultés à disséminer des informations pour lutter contre la propagation du sida.

D’après les résultats de l’enquête d’USAID, la sexualité est toujours considérée comme un sujet personnel. Par rapport à 2005, cette année, un plus grand nombre de personnes interrogées pensent que l’infidélité et le fait d’avoir des rapports sexuels avec des partenaires multiples «sont une affaire de vie privée qui ne concerne pas les autres», et ce en dépit des conséquences économiques et sociales du sida au Swaziland.

This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions

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