Des pluies diluviennes et le manque de sécurité de la région gênent les études et les contrôles, selon des experts en agriculture au Tchad.
Dans son dernier bulletin, la FAO a déclaré qu’un petit essaim de criquets voraces s’était formé le mois dernier au Tchad et que plusieurs rapports non confirmés faisaient état d’autres essaims.
« Il est possible que quelques essaims se forment en septembre et en octobre le long de la frontière entre le Tchad et le Soudan et que certains d’entre eux se déplacent vers le nord-ouest de l’Afrique », a ajouté le rapport. « Quelques petits groupes d’adultes et d’essaims sont susceptibles de se former au Darfour ».
De nombreux pays sahéliens ne se sont toujours pas remis de l’invasion dévastatrice de criquets de l’année dernière – la pire dans la région depuis ces 15 dernières années - qui a détruit des millions d’hectares de cultures et de pâturages au Mali, en Mauritanie, au Niger, et dans le nord du Sénégal.
L’invasion acridienne avait également coïncidé avec la sécheresse qui, rien qu’au Niger, avait fait l’objet d’un appel de fonds d’un montant de 57,6 millions de dollars américains pour apporter une aide alimentaire d’urgence à 2,5 millions de personnes souffrant de la faim.
Selon la FAO, en juillet, la région ne connaîtrait probablement pas des dommages comparables à ceux de 2004. Cependant, a remarqué l’agence, il reste des poches d’activité qui pourraient poser des problèmes.
« La situation [au Tchad aujourd’hui] est assez sérieuse pour maintenir une opération de surveillance très intense”, a expliqué mardi à IRIN Keith Cressman, un agent de surveillance et de prévision relatives à la lutte antiacridienne au siège social de la FAO à Rome. « Nous ne voulons pas nous faire prendre par surprise ».
Selon lui, certains locaux ont affirmé qu’ils avaient décelé des essaims, mais aucun consultant de la FAO présents sur le terrain n’a encore confirmé ces informations dans cette partie très peu peuplée du désert du Sahara.
En raison des bonnes pluies, les conditions climatiques sont très favorables pour la reproduction, et les bandes larvaires – des criquets immatures extrêmement mobiles - sont présents, a affirmé la FAO.
« Toutes les conditions sont réunies pour que la situation se détériore », a dit M. Cressaman.
Les pluies continuent d’entraver la circulation sur les routes de la région où, généralement, les lits des rivières débordent et rendent les routes principales impraticables pendant plusieurs jours d’affilée. La FAO utilise donc un hélicoptère envoyé au Tchad au mois d’août pour des opérations de surveillance.
L’agence a prévenu dans son bulletin du 1er septembre qu’après la fin des pluies, la végétation commencera à sécher. Il sera alors possible d’évaluer la taille des essaims de criquets.
Un expert en agriculture basé à N’djamena, la capitale tchadienne, a souligné que les problèmes d’insécurité près de la frontière du Soudan empêchent également les experts de se rendre dans la zone.
« Nous avons entendu dire qu’il y avait des criquets près de la frontière », a dit un représentant du Ministère de l’agriculture du Tchad, qui a préféré garder l’anonymat. « Mais à cause de l’insécurité nous n’avons pas été en mesure de nous rendre dans la zone ».
Dans l’ouest du Soudan des rebelles se battent contre le gouvernement et ses milices depuis 2003 et la violence et les actes de banditisme sont courants de part et d’autre de la zone frontalière.
Un criquet adulte peu consommer son propre poids – à peu près deux grammes- en nourriture fraîche tous les jours. Une petite partie d’un essaim de taille moyenne peut manger en un jour la même quantité de nourriture qu’environ 2 500 personnes.
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