"Dans le cadre du projet [...] sept patients ont entamé aujourd'hui un traitement à base de médicaments antirétroviraux visant à prolonger la vie des malades, à améliorer leur santé et à leur permettre de vivre le plus normalement possible [...]," a expliqué MSF.
"Dans le contexte africain, il était jusqu'ici impensable qu'une personne atteinte du VIH puisse survivre ou même avoir une vie normale," a ajouté Corry Kik, la coordinatrice du projet MSF à Bukavu. "Avec les antirétroviraux, c'est désormais possible," a-t-elle continué.
Les sept malades concernés par ce programme ont été sélectionnés parmi un groupe de 180 personnes. Le patient devait disposer du soutien d'un tiers auquel il avait révélé son état, habiter à Bukavu et être capable de suivre les consultations au dispensaire ainsi que les traitements prophylactiques.
La prise d'antirétroviraux constitue, en effet, un défi important pour les malades, a expliqué MSF.
"En plus des prises quotidiennes de médicaments, les patients doivent se soumettre à des analyses de sang régulières, à de nombreux contrôles médicaux et apprendre à supporter les effets secondaires des ARV," a dit MSF.
MSF compte, néanmoins, enregistrer 10 malades supplémentaires tous les mois, pour atteindre 150 patients sous traitement ARV en janvier 2005. Contrairement aux prévisions, le nombre de malades désireux de participer au programme de MSF est assez limité en raison des stigmates sociaux liés au VIH/SIDA, a affirmé à IRIN, Hilary Bower, l'adjointe au responsable de MSF-Hollande à Goma.
MSF s'est engagée pour un programme de cinq années, au terme duquel sa continuation et les capacités locales seront réévaluées, a-t-elle dit.
"Beaucoup de choses peuvent changer en cinq ans," a affirmé Bower en espérant que les ARV deviendront moins chers.
Elle a encore noté que la collaboration étroite entre MSF et le personnel médical ainsi qu'avec les autorités médicales locales, a montré aux résidents et aux bailleurs de fonds internationaux qu'il était possible de dispenser un traitement par ARV dans un environnement instable.
Un deuxième programme de ce type débutera à Kinshasa, la capitale de la RDC, avant la fin du mois, l'objectif étant de traiter 800 malades d'ici janvier 2005.
Aucune étude détaillée sur la séroprévalence n'a été effectuée dans l'Est de la RDC, a affirmé MSF. Toutefois, en fonction de la fréquentation du Centre de consultation et de dépistage volontaire de MSF, le taux de VIH atteint 17%, a déclaré l'ONG.
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