Plus d'une vingtaine de présidents africains ainsi que des délégations du Royaume-Uni et des Etats-Unis ont assisté à la cérémonie d'investiture à Eagle Square dans la capitale, Abuja, alors que M. Obasanjo, 66 ans, jurait 'une réelle allégeance' au Nigeria et de défendre sa constitution.
Quelque 20 000 policiers étaient déployés pour assurer la sécurité, renforcée à la suite des menaces de l'opposition de s'embarquer dans des manifestations de grande ampleur contre l'élection de M. Obasanjo. Les observateurs locaux et internationaux avaient également relevé de graves entorses au processus électoral. Des soldats et des agents de police ont fouillé les véhicules entrant à Abuja, tandis que des hélicoptères de la police surveillaient le périmètre aérien.
"Je prends réellement plaisir à considérer le renouvellement du mandat comme une affirmation que notre leadership est perçu comme digne de foi ", a déclaré M. Obasanjo lors de son discours d'investiture. Il a promis de tirer des enseignements de son premier mandat de président afin de s'employer à bâtir " un grand Nigeria ".
"J'estime que ma première tâche en tant que président consiste à essayer de cicatriser les plaies des élections ", a-t-il souligné.
L'investiture de jeudi marque un tournant significatif car elle constitue l'un des rares cas de transitions civiles dans l'histoire du pays. Des tentatives antérieures, en 1964-1965 et en 1983, avaient été étouffées quelques mois plus tard par des Coups d'Etats militaires.
L'élection de M. Obasanjo en 1999 avait mis un point final à plus de quinze années de régime militaire dans ce pays de 126 millions d'habitants. Elle avait aussi ouvert la voie à la démocratie après que l'armée ait dominé le pouvoir au Nigeria depuis son indépendance de la Grande-Bretagne en 1960, à quelques années près.
Les quatre années de son premier mandat ont permis le retour d'une liberté relative dans un pays qui avait été sous le joug d'un régime militaire draconien. Mais elles ont également mis à nu la tension et le mécontentement qui règnent parmi les plus de 250 ethnies que compte le pays. La violence religieuse et ethnique a éclaté dans plusieurs parties du pays tout au long des quatre années écoulées, faisant plusieurs milliers de morts et des dizaines de milliers de déplacés.
L'économie n'a pas donné de signe de redressement, les derniers indicateurs révélant en effet que 70 pour cent de la population vit au-dessous du seuil de pauvreté et ce, en dépit de l'énorme richesse pétrolière du pays.
"Il y a quatre ans, nous ne nous faisions aucune illusion quant au fait que nous pourrions réparer, en quelques années, deux décennies de destruction ", a souligné M. Obasanjo. "Nous n'avions pas de baguette magique pour effectuer une transformation instantanée ". Il a promis de continuer son combat contre la corruption, d'encourager les investissements étrangers dans le pays et d'améliorer le niveau de vie général de la population.
Parmi les dignitaires présents à la cérémonie, figuraient les présidents : Thabo Mbéki d'Afrique du Sud, Abdoulaye Wade du Sénégal, Laurent Gbagbo de Côte d'Ivoire, Paul Biya du Cameroun, Omar el Bashir du Soudan, et Paul Kagamé du Rwanda.
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