"J'ai donné mes instructions pour que le gouvernement organise, avec l'assistance des organisations internationales, le retour de ces compatriotes dans la dignité et la fraternité", a indiqué M. Patassé dans un discours à la nation le 1er décembre, à l'occasion de la journée de l'indépendance de la RCA.
Des milliers de personnes ont fui une tentative de coup d'état le 28 mai, et les hostilités qui s'étaient produites au début du mois de novembre lorsque l'ancien chef de l'état major de l'armée, François Bozizé avait refusé de se rendre à la police pour interrogatoire au sujet du putsch avorté.
Beaucoup de réfugiés, dont le nombre est estimé entre 15 000 et 20 000, appartenant à l'ethnie Yakoma, qui avaient fui Bangui en franchissant le fleuve Oubangui du côté de la RDC au lendemain du coup manqué, ont exprimé leur réticence à retourner par crainte de représailles. Le cerveau présumé du coup d'état et ancien président, le général André Kolingba, est un Yakoma.
Le comité sera présidé par le ministre de la Justice de la RCA, Marcel Metefara. Il inclura des représentants du gouvernement, des partis politiques et de la société civile, de même que des représentants internationaux de l'ONU et des ambassades à Bangui.
L'opération se déroulera en deux phases. La première sera conduite à Zongo, dans le nord-ouest de la RDC, où beaucoup de réfugiés de la RCA se sont établis, et englobe une campagne pour informer les réfugiés au sujet de l'initiative, pour enregistrer ceux qui souhaitent retourner en RCA, et pour déterminer quel type d'assistance leur sera nécessaire après leur rapatriement. La deuxième phase consistera à établir une aire de réception dans le port de Bangui, équipée de structures et de personnel médicaux pour évaluer la santé des rapatriés. Le transport des réfugiés sera assuré par le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR). La sécurité sera assurée par des représentants de la police de la RCA et des services des pompiers, ainsi que par la police civile du Bureau de l'ONU en RCA (plus connu par son sigle français BONUCA).
Les premiers réfugiés doivent arriver à Bangui le 6 décembre, où ils seront accueillis par M. Ziguele.
Dans son discours, M. Patassé a aussi annoncé la levée du couvre-feu, imposé à l'issue des événements du 28 mai de 21 heures à 5 heures temps local dans l'ensemble de la RCA, « afin de ne pas nuire à l'économie », a-t-il indiqué.
D'un autre côté, le président soudanais Omar Al-Bashir, en sa qualité de président de la Communauté des Etats du Sahel saharien (COMESSA) à Khartoum, Soudan, a eu une réunion lundi pour se pencher sur l'instabilité actuelle en RCA. Y ont assisté des représentants la RCA, du Tchad, de la Libye, du Soudan et de la Zambie, ainsi que du BONUCA. Les discussions doivent se poursuivre mardi à Libreville, la capitale gabonaise, sous les auspices de la Communauté économique et monétaire des Etats de l'Afrique centrale (CEMAC).
Ancienne colonie française, la RCA a une histoire de soulèvements militaires, avec trois grandes rébellions contre l'actuel président, Ange-Félix Patassé depuis 1996. L'an dernier, l'ONU a achevé une mission de maintien de la paix qu'elle y avait envoyé en 1999 pour remplacer une force africaine appuyée par la France qui avait rétabli l'ordre à l'issue de mutineries dans les années 1990, mais le Secrétaire-Général de l'ONU a averti en janvier que la paix était en péril.
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