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Une prévention ciblée et pérenne, clé du succès contre le sida - Onusida

Si la propagation du VIH/SIDA semble se stabiliser, voire ralentir, dans certains pays, l’épidémie continue néanmoins à progresser en Afrique, notamment parce que les efforts de prévention ne ciblent pas assez les populations vulnérables, selon un nouveau rapport du Programme commun des Nations unies sur le sida (Onusida).

Ce document, réalisé avec le concours de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et intitulé «Le point sur l’épidémie mondiale de sida 2006», évalue à 4,3 millions le nombre de nouvelles infections au VIH enregistrées en 2006 dans le monde, dont 65 pour cent en Afrique.

En dépit d’une augmentation sans précédent du nombre de personnes ayant accès aux traitements du sida en Afrique subsaharienne -plus d’un million de personnes en bénéficiaient en juin 2006- le continent paye toujours le plus lourd tribut à l’épidémie, avec plus de trois quarts des 2,9 millions de décès liés au sida enregistrés en 2006 dans le monde.

En Afrique subsaharienne, où 24,7 millions de personnes vivent désormais avec le virus –ils étaient 22,6 millions en 2004- l’espérance de vie à la naissance est aujourd’hui de 47 ans, soit 30 ans de moins que celle enregistrée dans les pays les plus riches, a noté l’OMS dans un communiqué publié mardi à l’occasion de la sortie du rapport.

Pourtant, l’épidémie est en voie de stabilisation, voire en baisse, dans la plupart des pays d’Afrique de l’Ouest qui disposent de données récentes, à l’exception du Mali, où elle semble s’étendre, les taux d’infection dans la région de Ségou, au nord-est de la capitale Bamako, dépassant cinq pour cent.

Le Zimbabwe est le seul pays d’Afrique australe, la région la plus lourdement touchée, à enregistrer une baisse des taux de prévalence chez les femmes enceintes.

Pour réduire l’impact du VIH/SIDA sur le continent et lutter efficacement contre la propagation du virus, il faut intensifier les efforts de prévention de l’infection, sous peine de réduire à néant les efforts déployés depuis des années pour contrôler l’épidémie, selon l’Onusida.

«Les nouvelles données suggèrent que lorsque les programmes de prévention du VIH n’ont pas été maintenus et/ou adaptés à l’évolution des épidémies, dans certains pays les taux d’infection restent stables ou sont à nouveau en hausse», a dit l’agence onusienne dans un communiqué.

Le document cite ainsi le cas de l’Ouganda, un pays d’Afrique de l’Est longtemps donné en exemple pour avoir réussi, grâce à une politique volontariste de prévention, à faire baisser le taux d’infection de 20 à six pour cent en l’espace de dix ans. Aujourd’hui, le taux de séroprévalence est de nouveau en hausse.

«C’est très préoccupant car nous savons que l’extension des programmes de prévention du VIH dans ces pays a montré que des progrès avaient été accomplis dans le passé, l’Ouganda en est un exemple type», a dit le docteur Peter Piot, directeur exécutif de l’Onusida. «[Cela] signifie que les pays n’avancent pas à la même vitesse que leurs épidémies.»

Parallèlement à l’accélération de l’accès aux traitements du sida, «nous devons intensifier considérablement les efforts de prévention qui sauvent des vies», a-t-il ajouté.

L’une des raisons évoquées par le rapport pour expliquer la progression de l’épidémie dans de nombreux pays est que «les programmes de prévention n’atteignent pas les individus les plus exposés au risque d’infection, tels que les jeunes, les femmes et les filles, les hommes qui ont des relations sexuelles avec des hommes, les professionnel(le)s du sexe et leurs clients, les consommateurs de drogues injectables, et les minorités ethniques et culturelles.»

Que l’exclusion des groupes vulnérables des actions de prévention soit volontaire ou non, elle contribue à propager le virus.

Au Ghana, les femmes mariées courent aujourd’hui trois fois plus de risques d’être infectées au VIH que les célibataires, a souligné l’Onusida. De même, alors que le taux national d’infection de ce pays d’Afrique de l’Ouest tourne autour de 2,3 pour cent, il monte jusqu’à 19 pour cent en milieu carcéral, la plupart des détenus ayant été infectés au VIH en prison.

Pourtant, les statistiques prouvent que les programmes de prévention marchent, à condition qu’ils soient centrés sur les personnes les plus exposés et qu’ils soient pérennes, a rappelé le rapport, notant que «des tendances positives en matière de comportement sexuel des jeunes –utilisation accrue du préservatif, début plus tardif de l’activité sexuelle et diminution du nombre de partenaires- ont été observées au cours de la dernière décennie dans de nombreux pays où les épidémies sont généralisées.»

Ainsi, entre 2000 et 2005, le déclin de la prévalence chez les jeunes a été constaté dans plusieurs pays d’Afrique, entre autres au Burundi, en Côte d’Ivoire et au Rwanda, et en milieu urbain, comme au Burkina Faso et à Abidjan, le grand port économique ivoirien.

«Le fait de connaître votre épidémie et de comprendre les mécanismes qui entraînent l’épidémie, tels que les inégalités entre hommes et femmes et l’homophobie, est absolument fondamental pour pouvoir riposter au sida sur le long terme», a insisté Peter Piot. «L’action ne doit pas seulement s’étendre de manière significative, mais elle doit être stratégique, focalisée et durable pour faire en sorte que l’argent atteigne ceux qui en ont le plus besoin.»

ail/ab

Le rapport : www.unaids.org

This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions

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