Au total, 20 centres de dépistage volontaire du VIH et de conseil (CDV) doivent voir le jour, grâce au soutien du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) et de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), a déclaré Lwopu Bruce, responsable du Programme national de lutte contre le sida (NACP).
Avant la création de ces CDV, seuls quatre centres sur l’ensemble du territoire proposaient ce service à une population qui sort de 14 ans de guerre civile, l’un d’entre eux mis en place par le gouvernement, les trois autres étant gérés par les Eglises catholique et luthérienne.
«Il s’agit là d’une approche intégrée. Par conséquent, ces nouveaux centres de dépistage seront situés dans les centres sanitaires qui existent déjà au sein des communautés rurales», a expliqué Mme Bruce. «Nous voulons que les personnes qui se rendent dans ces centres sanitaires se faire soigner pour une maladie quelconque puissent avoir facilement accès au test de dépistage du VIH/SIDA.»
La première étape de la mise en place de ces centres est déjà terminée, a-t-elle précisé. Ainsi, ces centres fonctionnent déjà dans les comtés de Bong (dans le centre du pays), de Nimba (nord) et Grand Cape Mont (nord-ouest).
La deuxième étape consistera à créer des centres dans les comtés densément boisés de Lofa, dans le nord-ouest, à la frontière guinéenne, de Grand Gedeh dans le nord-est, à la frontière ivoirienne et de Rivercess, dans le sud.
Ce dernier est limitrophe du comté de Grand Bassa, où les autorités locales se sont récemment alarmées face à l’augmentation du nombre de personnes dépistées séropositives. Par ailleurs, une étude commandée par le Fonds des Nations unies pour l’enfance (Unicef) en 2005 a révélé qu’un tiers des jeunes du comté de Lofa, fief du Lurd, le principal groupe rebelle pendant la guerre, n’avait jamais entendu parler du sida.
«D’ici la fin de l’année, tous les centres de dépistage volontaire fonctionneront dans l’ensemble des 15 comtés», a affirmé Mme Bruce. «De plus, près de 33 agents sanitaires ont été formés dans le cadre du programme de lutte contre le sida de l’Eglise luthérienne, l’un de nos partenaires. Ils seront chargés de gérer ces centres.»
Un élargissement de l’accès au dépistage bienvenu dans la mesure où les habitants des zones rurales semblent de plus en plus nombreux à vouloir se faire dépister.
«Selon les premiers rapports des activités menées sur le terrain, des centaines de personnes veulent subir un test de dépistage», , a-t-elle noté. «Comme nous allons étendre notre action aux autres comtés et menons une campagne d’information de grande envergure, ce chiffre [devrait] augmenter».
La mise en place de ces CDV devrait aider les autorités à avoir une idée plus précise de l’impact réel de l’épidémie au Liberia.
Le NACP a par ailleurs rappelé qu’une enquête sentinelle destinée à estimer le taux national de prévalence du VIH parmi les femmes enceintes en consultation prénatale était en cours dans les zones rurales du pays.
«L’enquête prénatale est la seule méthode internationale normalisée qui permette de connaître le taux de prévalence du VIH/SIDA. La première phase de l’enquête a débuté en juillet et se terminera en septembre, une nouvelle enquête de trois mois sera menée l’année prochaine», a-t-elle précisé.
Cette enquête est menée dans 10 sites situés dans les régions rurales du Liberia, notamment dans les comtés de Lofa, Nimba, Bong, Bomi (sud-ouest), Grand Gedeh, Maryland (sud-est), Grand Bassa et Montserrado dans le sud, où se trouve la capitale Monrovia, des comtés qui abritent tous un grand nombre de réfugiés et de déplacés internes.
C’est la première fois que le gouvernement libérien effectue une enquête de séroprévalence. Selon les premiers résultats, le taux de prévalence du VIH/SIDA s’élèverait à 12 pour cent, alors qu’en 2003, le Programme commun des Nations unies sur le VIH/SIDA (Onusida) l’avait estimé à cinq pour cent.
Cependant, Lwopu Bruce a souligné que les résultats de l’enquête seraient rendus publique à la fin de chaque phase.
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