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La politique du gouvernement entrave la lutte contre le sida - HRW

L’ONG Human Rights Watch (HRW) a publié un nouveau rapport selon lequel la politique mise en place par le gouvernement du Zimbabwe risque de compromettre les progrès accomplis dans la lutte contre le VIH/SIDA.

Le Zimbabwe est le premier pays d’Afrique australe à avoir enregistré une forte baisse du taux de prévalence du VIH. En effet, son taux est passé d’environ 25 pour cent en 2003 à 20 pour cent en 2005.

«Suites aux opérations d’expulsions forcées, [Murambatsvina ou ‘Dégager les ordures’] menées par le gouvernement du Zimbabwe, un grand nombre de personnes séropositives ont dû interrompre leur traitement antirétroviral (ARV) et les services sanitaires ont été sérieusement ébranlés», révèle le rapport.

Près de 700 000 personnes ont perdu leurs maisons, leurs moyens de subsistance - ou les deux – au cours de ces opérations qui ont été lancées l’année dernière.

Selon HRW, seules 25 000 des 350 000 personnes séropositives qui ont besoin d’un traitement y ont accès depuis 2004 - date à laquelle le gouvernement a mis en place un programme de distribution gratuite d’ARV.

Cependant, David Parirenyatwa, le ministre zimbabwéen de la Santé et du bien être de l'enfant, a déclaré à PlusNews que le rapport de HRW avait tout d’un «travail bureaucratique» et qu’en réalité, le nombre de personnes ayant accès gratuitement aux ARV était supérieur de 11 000 aux chiffres cités par HRW.

«Compte tenu de la situation économique actuelle de notre pays, nous avons réalisé de considérables progrès dans la lutte contre la pandémie. Cependant, au lieu de reconnaître nos succès, HRW préfère nous critiquer», a-t-il déploré.

Grâce aux 60 millions de dollars que le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme prévoit d’allouer au Zimbabwe, 70 000 personnes séropositives suivront une thérapie ARV d’ici la fin de l’année, a déclaré M. Parirenyatwa.

En octobre 2005, le Fonds mondial avait décidé de ne pas verser les 105 millions de dollars prévus, car des doutes sur la manière dont l’argent serait dépensé demeuraient.

Pour certains responsables du gouvernement et des ONG, le Fonds mondial aurait suspendu les subventions au Zimbabwe à cause de la politique mise en place par l’actuel gouvernement.

«Bien que cela prenne du temps, le Fonds mondial va sans aucun doute nous aider à renforcer notre programme de lutte contre le sida. Notre programme de distribution gratuite d’ARV a rencontré des difficultés à cause d’un manque de ressources et des sanctions imposées par certains de nos partenaires», a expliqué David Parirenyatwa.

La plupart des bailleurs de fonds occidentaux ont gelé leur aide financière au Zimbabwe, après la mise en place de la très controversée réforme agraire menée par le président Robert Mugabe en 2000, et suite aux actes de violence et d’intimidation qui ont été rapportés lors des élections de 2000 et de 2002.

Ces gels de subventions ont eu de lourdes conséquences économiques. Par exemple, au mois de mai dernier, les pharmacies locales n’étaient plus approvisionnées en médicaments ARV, car elles n’avaient pas de devises étrangères pour se les procurer.

«Ce dont nous avons besoin maintenant, c’est que des organisations comme HRW concentrent leur énergie et nous aident à obtenir davantage de ressources», a affirmé M. Parirenyatwa.

Des responsables de HRW ont indiqué qu’ils exhortaient la communauté internationale à débloquer davantage de fonds en faveur des programmes de lutte contre le sida au Zimbabwe, à condition que le gouvernement respecte les droits de ses citoyens, notamment des femmes qui subissent davantage les ravages de l’épidémie que les hommes et qui sont particulièrement touchées par les mesures gouvernementales.

«Ne parvenant pas à vendre des marchandises au bord de la route ou ne trouvant aucun moyen pour faire vivre leur famille, nombreuses sont celles qui sont contraintes à adopter des comportements à risque, à se prostituer, pour survivre», a souligné le rapport de HRW.

Le gouvernement du Zimbabwe «doit reconnaître les effets dévastateurs de la violation des droits de l’homme sur la propagation de l’épidémie», a déclaré Joe Amon, directeur du programme VIH/SIDA de HRW. «Si le président Mugabe ne met pas fin à ces violations, des dizaines de milliers de nouvelles contaminations seront à déplorer et les progrès qui ont été réalisés dans la lutte contre le sida seront compromis.»

Selon les chiffres officiels, sur les 12 millions d’habitants que compte le Zimbabwe, 1,6 million sont porteurs du virus.

Le rapport de HRW (en anglais)


This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions

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