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La mutilation génitale propage le VIH chez les Pokot

L’ablation des organes génitaux externes de la femme est une pratique profondément ancrée chez les Pokot, une communauté de la région de Karamoja, dans le nord-est de l’Ouganda, qui alimente la propagation de l’épidémie de VIH/SIDA. «C’est une opération très rudimentaire, les instruments ne sont pas stérilisés, un seul et même couteau sert à couper les organes génitaux de près de 30 filles», a déclaré Sœur Jane Atai, l’infirmière chargée des services de santé communautaires à l’hôpital d’Amudat, dans le district de Nakapiripirit. L’excision féminine, ou mutilation génitale féminine (MGF), est reconnue par le droit international comme une violation des droits de la femme. Les conséquences physiologiques sont graves et les infections provoquées peuvent évoluer en septicémies, entraîner une malformation génitale ou provoquer la mort. Cette pratique, qui symbolise le passage à l’âge adulte, est exécutée par les femmes âgées, qui connaissent bien la communauté dans laquelle elles vivement, mais qui n’ont aucune formation médicale et peu ou pas de connaissances en matière de VIH/SIDA. Le gouvernement ougandais a publiquement condamné la MGF sans toutefois la considérer spécifiquement comme un délit. Les Pokot, qui vivent de part et d’autre de la frontière kényane, et les Sabiny, qui vivent dans l’est du pays, sont les deux communautés ougandaises à pratiquer l’excision. Chez les Pokots, l’infibulation est la MGF la plus courante et consiste à l’ablation des organes génitaux externes et à la suture partielle du vagin de sorte à ne laisser qu’une petite ouverture pour permettre à l’urine et aux menstruations de s’écouler. Selon le Fonds des Nations unies pour l’enfance (Unicef), les MGF sont liées au VIH et augmentent le risque de contamination, car les infections présentes dans les organes génitaux permettent au virus «d’entrer plus facilement dans le corps» de la femme. «Lorsque le vagin est cousu de sorte à ne laisser d’un petit orifice, il y a davantage de frictions lors des rapports sexuels et de l’accouchement, ce qui entraîne un risque accru d’infection», a expliqué le docteur Sagaki, le superintendant médical de l’hôpital d’Amudat. Le Comité international de secours (IRC en anglais) a lancé une campagne intitulée ‘Une fille, une lame’, afin de lutter contre la propagation de l’épidémie de VIH. L’Eglise ougandaise souhaite, quant à elle, modifier les comportements de la communauté, à commencer par ceux des ‘vieilles exciseuses’, qui comptent parmi ses fidèles. «Nous essayons de changer la tradition et cela prend du temps», a déclaré Michael Chorey, le révérend de la paroisse d’Amudat. Selon les autorités sanitaires locales, le taux de prévalence du VIH à Karamoja s’élève à trois pour cent. Il y a à peine 10 ans, le VIH/SIDA n’était pas connu des communautés isolées du nord-est de l’Ouganda, la région la moins développée du pays. Compte tenu de l’arrivée tardive du VIH/SIDA dans la région, les efforts de prévention ont plus d’une décennie de retard par rapport à ceux déployés dans le reste du pays. En outre, le niveau de sensibilisation au VIH est très faible, et le taux d’alphabétisation figure parmi les plus bas du pays.

This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions

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