DAR ES SALAAM
La loi obligeant les forces de police tanzaniennes à rester célibataires pendant les cinq années qui suivent leur recrutement s’est révélée inefficace contre le sida, ont déclaré des responsables du gouvernement.
Harith Bakari Mwapachu, le ministre de la Sûreté et de la Sécurité publique, a récemment annoncé que les forces de police étaient touchées de plein fouet par le VIH. Selon lui, si l’épidémie n’est pas maîtrisée, la sécurité du pays risque d’être menacée.
«Nous devons faire tout ce qui est en notre pouvoir pour réduire les conséquences négatives de l’épidémie sur nos forces de sécurité», a-t-il affirmé à Dar es Salaam, la capitale de la Tanzanie.
Selon le ministre, le gouvernement sera certainement amené à réviser la loi.
Les données recueillies par le ministère de la Sûreté et de la Sécurité publique dans trois régions administratives ont indiqué que la plupart des officiers séropositifs étaient célibataires et appartenaient à la tranche d’âge la plus productive.
Pour Harith Bakari Mwapachu, l’absence de sensibilisation et le profond machisme dont font preuve les forces de l’ordre expliquent la vulnérabilité de la police face au VIH/SIDA. En règle générale, la population craint les policiers, qui se servent de leurs pouvoirs pour commettre des exactions sur les civils en toute impunité.
«Le gouvernement propose sans cesse de nouveaux programmes de sensibilisation au VIH/SIDA aux officiers de police, qui sont de plus en plus nombreux à être touchés par la pandémie. Nous devons arrêter cela et économiser l’argent que le gouvernement investit dans la mise en place de ces programmes», a affirmé M. Mwapachu.
Le docteur Mary Nagu, ministre de la Justice et des Affaires constitutionnelles, a récemment rappelé aux parlementaires que la loi visant à interdire le mariage aux jeunes recrues avait été promulguée afin de leur inculquer le sens du devoir envers leur pays.
Harith Bakari Mwapachu a indiqué que les éléments les plus touchés par l’épidémie étaient ceux qui avaient été déployés dans les districts situés à la frontière sud et ouest du pays, où les déplacements de populations sont les plus importants.
Sur les quelque 35 000 policiers que compte la Tanzanie, seuls 6 000 sont hébergés dans des casernes : la majorité des forces de l’ordre vit dans des zones résidentielles, une situation qui provoque des comportements sexuels à risque.
Pour la période 2006-2007, la priorité sera donnée non seulement à la mise en place de campagnes de sensibilisation au VIH/SIDA mais également au manque de logement, a précisé M. Mwapachu.
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