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Le scandale des subventions du Fonds mondial bientôt jugé?

Une commission d’enquête sur la mauvaise gestion des subventions allouées à l’Ouganda par le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme a recommandé que les ministres et personnes impliqués dans le scandale soient poursuivis en justice. L’ancien ministre ougandais de la Santé, Jim Muhwezi, ainsi que deux ministres délégués, Mike Mukula et Alex Kamugisha, ont tous trois été accusés de mauvaise gestion des subventions accordées par l’organisme international de financement de la lutte contre les trois épidémies. Selon la commission d’enquête, Jim Muhwezi a encouragé le recrutement de Tiberius Muhebwa, qui dirigeait l’unité chargée de gérer le financement du Fonds mondial au sein du ministère de la Santé, alors que des consultants avaient sélectionné un autre candidat. La commission d’enquête a recommandé que «des procédures judiciaires contre Tiberius Muhebwa soient engagées pour contrefaçon, falsification de documents et autres délits.» Tiberius Muhebwa «n’est pas parvenu à créer un environnement favorable à une bonne gestion des ressources et des opérations du Fonds mondial», a souligné la commission. Alex Kamugisha aurait, quant à lui, encouragé le recrutement de son frère, Julius Mugisha. «Les trois ministres et leurs assistants personnels doivent être poursuivis et punis pour avoir entre autres produit un faux témoignage, causé des pertes financières, et falsifié des documents», a indiqué le rapport de 400 pages, qui a été remis mercredi au président ougandais Yoweri Museveni. Mettre un terme à l’impunité La commission d’enquête dirigée par le juge James Ogoola a déclaré que les documents qui avaient été présentés par les ministres devaient être soumis à un audit légal. En outre, les subventions qui ont été versées à tort doivent être remboursées par les personnes qui les ont perçues. Pour James Ogoola, la manière dont le fonds a été géré est «une tragédie». «Cette affaire sordide a certes nui à la carrière et à la réputation de certains individus, mais les plus grands perdants sont les Ougandais. Alors que les personnes malades sont en train de mourir, des hommes cupides tirent le maximum de profit.» James Ogoola s’est dit choqué de «l’attitude cavalière des trois ministres qui étaient indifférents au problème de la mauvaise gestion des subventions allouées par le Fonds mondial.» Le rapport a également recommandé une enquête supplémentaire sur «les relations politiques, personnelles, familiales, commerciales qu’entretenaient Jim Muhwezi et Tiberius Muhebwa.» Toujours selon le rapport, Jim Muhwezi doit être tenu responsable de «l’ensemble de la mauvaise gestion du projet.» Les salaires versés aux employés étaient trop élevés et il n’existait aucune grille de salaires. L’attribution des subventions était discutable et ne figurait pas dans le programme gouvernemental, a observé le rapport. La commission a cité plusieurs cas de détournement d’argent. Par exemple, 22 300 dollars américains qui auraient dû servir à la mise en place des programmes du Fonds mondial, ont été utilisés pour payer les frais médicaux d’un ancien ministre et ami de longue date du président Yoweri Museveni, à Nairobi, au Kenya, en 2005. De l’argent a également été détourné pour soutenir la campagne en faveur du «oui» à un référendum en 2005. Le président Yoweri Museveni a déclaré qu’il était heureux que le travail de la commission ait déjà pu permettre de récupérer une partie de l’argent détourné. Il a affirmé que le Département des enquêtes criminelles s’apprêtait à poursuivre les suspects. «L’ère de l’impunité a trop longtemps duré en Ouganda, nous devons y mettre un terme.» En août 2005, le Fonds mondial avait temporairement gelé les subventions accordées à l’Ouganda, d’un montant de 367 millions de dollars, à cause d’une «mauvaise gestion» des fonds. Puis, en novembre 2005, la sanction a été levée après que le gouvernement s’était engagé à contrôler la manière dont les subventions étaient gérées.

This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions

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