L'Afrique risque de ne pas atteindre les objectifs mondiaux de lutte contre la tuberculose (TB) en 2006 si elle ne développe pas des programmes plus ambitieux, selon le dernier rapport de l'Organisation mondiale de la santé (OMS).
Le rapport publié mercredi indique que seules trois régions du monde (Amériques, Asie du Sud-est et Pacifique occidental) sur six devraient atteindre les objectifs fixés en 2005 par l'Assemblée mondiale de la santé en matière de lutte contre la tuberculose, à savoir le dépistage de 70 pour cent des cas de TB et le traitement avec succès de 85 pour cent de ces cas à la fin de 2005.
«Il est manifeste que les investissements dans la lutte antituberculeuse sont efficaces», a dit le docteur Lee Jong-wook, directeur général de l'OMS, dans un communiqué publié à la veille de la journée mondiale contre la tuberculose, le 24 mars.
En Afrique, la tuberculose, la première infection opportuniste des personnes vivant avec le sida, a été déclarée urgence de santé publique en 2005. Sa propagation est notamment attribuée à l'épidémie de sida et à la faiblesse des systèmes de santé.
Pourtant, les réactions des gouvernements africains ont été trop timides et la réponse doit aujourd'hui être plus ambitieuse, a plaidé l'OMS.
«Même dans les pays à faible revenu où les difficultés financières sont énormes, les programmes fonctionnent bien et donnent des résultats», a précisé le docteur Lee. « Il faut parvenir à obtenir le même engagement dans les pays africains et dans d'autres régions où le financement de la lutte antituberculeuse et son rang de priorité restent fragiles», a-t-il expliqué.
L’Afrique abrite 81 pour cent des quelque 741 000 cas de tuberculose détectés parmi les personnes infectées au VIH dans le monde, selon le rapport de l’OMS, mais seulement quatre pour cent d’entre eux avaient démarré une thérapie antirétrovirale en 2003.
Ainsi, au Nigeria, le troisième pays le plus touché par l’épidémie de VIH/SIDA au monde en terme de nombre de personnes infectées, le nombre de cas de tuberculose ne cesse d’augmenter depuis 1995, notamment parmi les jeunes.
Pourtant, a dit l'OMS, les taux de dépistage et de guérison des cas de TB, respectivement de 21 et 59 pour cent, sont parmi les plus bas constatés dans le groupe des pays à hauts risques d'infection, cités par l’organisation.
La stratégie DOTS, dite du traitement court observé, promue par l’OMS, n’est disponible que pour 65 pour cent des Nigérians et l’agence onusienne appelle à son expansion, grâce à des ressources financières plus importantes octroyées au géant africain par le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme.
Près de neuf millions de personnes ont été infectées par la TB dans le monde en 2004 et 1,7 million en sont morts, selon le rapport de l'OMS. Pour atteindre l'objectif fixé l'année dernière d'épargner 14 millions de vies supplémentaires d'ici 2015, l'OMS a lancé en janvier le plan 'Halte à la tuberculose' (Stop TB), qui prévoit entre autres de s'attaquer à la co-infection VIH/TB.
Le rapport de l'OMS