Les pays africains se sont engagés à intensifier leurs efforts pour parvenir à l’accès universel à la prévention et au traitement du sida d’ici 2010, selon les initiateurs de la rencontre qui s’est terminée mercredi dans la capitale congolaise.
A l’issue de cette réunion, organisée par l’Union africaine (UA) avec le soutien du Bureau régional pour l’Afrique de l’Organisation mondiale de la santé (OMS/AFRO) et du Programme commun des Nations unies sur le sida, Onusida, les 53 Etats membres de l’UA ont décidé de tout mettre en oeuvre pour améliorer l’accès des populations aux services de santé, notamment pour le traitement du sida.
Pour cela, a précisé le docteur Michel Sidibé, directeur de l’appui aux pays pour l’Onusida, les pays se sont engagés à faire en sorte que les difficultés économiques qu’ils rencontrent n’aient pas pour conséquence d’interrompre l’offre de services de prévention et de traitement du VIH/SIDA, et à garantir que les services de santé reçoivent les financements adéquats pour assurer leur mission.
«Les trois jours de concertation ont clairement révélé que [lutter contre le] VIH/SIDA exige des investissements courageux en terme de services médico-sociaux, de médicaments, d’équipements préventifs, de politiques de prévention à long terme, de mobilisation sociale, de combat contre la stigmatisation institutionnelle et de réforme des lois, afin de créer un environnement favorable pour l’accès de tous aux services», a résumé M. Sidibé.
Selon le docteur Luis Gomes Sambo, directeur de l’OMS/AFRO, la réunion de Brazzaville a permis aux participants de passer en revue les obstacles qui freinaient la réalisation de l’accès universel aux traitements à l’horizon 2010, un objectif défini par les Nations unies dans le cadre des Objectifs du millénaire pour le développement et qui doit permettre d’inverser la propagation de l’épidémie d’ici 2015.
«Malgré la ferme volonté [des Etats] d’accroître l’accès aux traitements antirétroviraux, nous devons [être conscients] de la limitation des capacités d’offre disponible dans les pays», a-t-il dit mercredi.
Il a rappelé qu’en Afrique 750 000 personnes ayant besoin d’un traitement antirétroviral (ARV) en recevaient actuellement sur les 4,7 millions de patients qui en auraient besoin.
Ces limites doivent encourager les pays et leurs partenaires à accentuer leurs efforts pour freiner la propagation de l’épidémie, en prévenant les nouvelles infections tout en répondant à la demande de soins des personnes déjà infectées par le virus.
L’UA prend la direction de la lutte contre les épidémies sur le continent
Malgré le défi que représente la lutte contre le sida pour des pays dont les systèmes de santé sont fragilisés et qui manquent cruellement de professionnels de la santé, le continent africain, avec le soutien de ses partenaires, a «les moyens nécessaires à une lutte effective contre le sida», a affirmé M. Sambo.
Les organisations de la société civile présentes à Brazzaville ont salué les engagements pris par les représentants des gouvernements africains, tout en affirmant qu’elles allaient rester vigilantes quant à la concrétisation de ces promesses.
«La société civile que je représente ne ménagera aucun effort pour [vérifier que] les décisions contenues dans cet engagement [se traduisent] par des actes concrets», a affirmé le docteur Cheick Tidiane Tall, directeur exécutif du réseau d’organisations africaines AfriCASO (Conseil africain des organisations d’action contre le sida).
En 2001, les chefs d’Etat de l’Union africaine avaient signé la déclaration d’Abuja, dans laquelle ils promettaient d’allouer 15 pour cent de leur budget annuel au secteur de la santé, afin de lutter contre le sida.
Mais un récent rapport de l’Union africaine a révélé qu’«un tiers des pays [a] consacré 10 pour cent ou plus de [son] budget national au secteur de la santé», le Botswana étant cité comme le seul pays à avoir respecté ses engagements, tandis que le Nigeria, le Burundi et l’Ethiopie figurent parmi les ‘plus mauvais élèves’, avec respectivement quatre, trois et deux pour cent.
L’Union africaine a réaffirmé à Brazzaville qu’elle entendait désormais jouer un véritable rôle de leadership dans la lutte contre le sida et pour la réalisation des objectifs du millénaire.
Un sommet des chefs d’Etat de l’UA sur le VIH/SIDA, la tuberculose et le paludisme est prévu à Abuja, au Nigeria, en mai, avant la session spéciale de l’Assemblée générale des Nations unies sur le VIH/SIDA, début juin.
Pour en savoir plus sur la réunion de Brazzaville
L’entretien de PlusNews avec Michel Sidibé, Onusida