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Les laboratoires refusent de donner une deuxième chance aux patients -- MSF

AIDS patients.
AIDS Info Docu Switzerland
Seulement 50 000 personnes ont accès aux ARV en Afrique

Les nouveaux traitements contre le sida ne sont toujours pas disponibles en Afrique alors qu’il devient urgent que les patients du continent en bénéficient, selon Médecins sans frontières (MSF) jeudi.

L’accès à des traitements abordables pour les personnes ayant besoin de molécules renforcées – soit entre 10 et 17 pour cent des patients déjà sous antirétroviraux (ARV) en Afrique – est d’autant plus compromis que l’Organisation mondiale du commerce a, cette semaine, décidé d’établir des procédures complexes d’exportation des traitements génériques sous brevet.

«Les patients dont les vies ont été sauvées grâce aux traitements de première ligne seront abandonnés dès lors qu’ils auront besoin de traitements de deuxième ligne», a expliqué le docteur Eric Goemaere, du programme MSF en Afrique du sud, en marge de la 14e Conférence sur le sida et les infections sexuellement transmissibles en Afrique (Cisma) qui se termine vendredi dans la capitale du Nigeria.

"Actuellement, nous donnons aux patients une chance et demie, et non pas une deuxième chance. Ce sont pourtant les plus fidèles, ceux qui ont suivi les traitements depuis le début", a-t-il ajouté.

"Nous avons absolument besoin de médicaments meilleur marché, produits par plus de compagnies", a plaidé le docteur Goemaere.

Selon MSF, la nouvelle formulation d’une combinaison moléculaire du laboratoire américain Abbott, appelée Kaletra, qui permettrait de sauver la vie de milliers de patients africains en échec thérapeutique sous ARV de première génération, n’est toujours pas commercialisée sur le continent.

«Jusqu’à présent, Abbott n’a toujours pas communiqué de plans de commercialisation de ce nouveau médicament, que ce soit ici ou dans d’autres pays africains», a expliqué Philomena Orji, une pharmacienne du programme de prise en charge intégrée de MSF au Nigeria.

«Compte tenu du climat tropical et des coupures constantes d’électricité à Lagos (la capitale économique du géant africain), cette nouvelle formule serait pourtant extrêmement utile», a-t-elle ajouté.

«Le Kaletra serait certainement plus utile en Afrique qu’à New York, dans la mesure où il n’a pas besoin d’être conservé au froid, contrairement aux autres molécules, qui se présentent sous la forme de gélules qui fondent quand les températures dépassent 25 degrés», a renchéri le docteur Goemaere.

Il a raconté que le laboratoire américain Gilead, qui avait promis de commercialiser à bas prix le Tenofovir, une molécule avec moins d’effets secondaires pour les patients, dans 98 pays, avait omis de l'enregistrer dans les pays africains qui en ont besoin.

Pour en savoir plus


This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions

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