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Les bailleurs de fonds du VIH/SIDA exigent d’y voir clair

Si les donateurs ne parviennent pas à mesurer l’impact des programmes qu’ils financent contre le VIH/SIDA en Afrique, ils auront de plus en plus de difficultés à rassembler les ressources nécessaires, ont-ils prévenu. Selon les responsables des institutions financièress internationales, parvenir à mettre efficacement en place ces programmes est aussi important que de collecter des fonds pour les lancer. Au cours d’une rencontre, intitulée «Faire travailler l’argent», en marge de la 14e Conférence internationale sur le sida et les maladies sexuellement transmissibles en Afrique (CISMA), qui se tient jusqu’à vendredi à Abuja, les bailleurs de fonds ont suggéré des améliorations afin de rendre ces programmes plus efficaces en Afrique. «Il est important que les pays africains s’assurent avant tout que l’argent qu’ils reçoivent soit dépensé à bon escient, car si l’argent est bien utilisé, davantage de fonds seront versés à l’avenir», a dit à PlusNews Kingsley Moghalu, le responsable des partenariats au Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme, basé à Genève. Cependant, les participants à cette rencontre ont exprimé leur inquiétude face au cadre de travail défini par les bailleurs de fonds, demandant à ce que ces lignes directrices soient moins strictes afin de permettre aux programmes de répondre aux réalités que vivent les pays bénéficiaires des fonds. Mais selon M. Moghalu, il est important que le développement soit compris comme un processus. «Nous ne pouvons pas passer outre les questions de traçabilité et négliger les mesures de performance», a-t-il expliqué. «Les bailleurs commencent maintenant à poser des questions au sujet de ce qu’a permis d’accomplir l’argent qu’ils ont versé au cours de ces années. Si l’argent a été bien utilisé, les bailleurs apporteront davantage de soutien, sauveront davantage de vies et éviteront davantage de nouvelles infections au VIH/SIDA. Si, au contraire, l’argent n’est pas bien utilisé, les fonds se feront plus rares», a déclaré M. Moghalu. Selon M. Moghalu, les pays africains qui reçoivent des subventions du Fonds mondial sont classés en fonction de la manière dont ils dépensent l’argent : le classement va de ceux qui ont été capables de bien gérer cet argent à ceux qui ont fait preuve d’une grande incompétence. Ainsi, les financements du Fonds mondial, qui figure parmi les plus grands bailleurs des campagnes de lutte contre les épidémies dans le monde, pourraient être insuffisants pour les programmes en 2006. En septembre, seuls 3,7 milliards de dollars ont pu être collectés sur les 7,5 milliards nécessaires à la lutte contre le sida. Le directeur exécutif du programme commun des Nations unies sur le sida, Onusida, a indiqué à l’ouverture de la Cisma, dimanche, que seule la moitié des 10 milliards de dollars nécessaires d’ici 2007 serait disponible, étant donné que les principaux donateurs semblent désormais réticents à verser des fonds. Pas de resultats, pas d’argent Examinant la mise en oeuvre des différents programmes de lutte contre le VIH/SIDA en Afrique, Peter Piot a noté qu’un certain nombre d’objectifs n’avait pas été atteint, que les communautés rurales n’étaient pas aidées, que des programmes se recoupaient, et que certains responsables de projet n’avaient pas les compétences requises pour les mener à bien. «Il faut s’assurer que les personnes responsables des divers programmes sont d’excellents gestionnaires, pour que les ressources ne soient pas gaspillées, et que ces programmes soient couronnés de succès», a déclaré M. Piot, ajoutant que les bailleurs devaient aussi être plus raisonnables et s’appuyer davantage sur les communautés. Il a ainsi reproché à certains donateurs de vouloir faire en sorte que chaque patient voit un spécialiste, démontrant que les programmes qui avaient donné le plus de resultats étaient ceux où les membres de la communauté avaient été formés à accomplir des tâches importantes. Selon la Banque mondiale, il est essentiel que les subventions servent à financer les projets pour lesquels elles ont été versées. «Les pays africains doivent adopter des plans stratégiques de traçabilité afin que l’on sache quels sont les progrès accomplis. Les media et la société civile doivent demander des comptes et s’assurer que les ressources importantes ne sont pas gaspillées», a indiqué Debrework Zewdie, la directrice du programme VIH/SIDA de l’institution internationale. Selon une enquête menée par la Banque, les programmes stratégiques nationaux de certains pays comportent des défauts et ne sont pas conçus pour répondre correctement à l’épidémie. Ainsi, les bailleurs de fonds et les pays destinataires doivent être en mesure de démontrer la bonne utilisation des fonds. «Il est aussi nécessaire que les pays [bénéficiaires] prouvent que les populations profitent des ressources et les bailleurs doivent s’assurer que leurs besoins financiers sont comblés», a conclu Elizabeth Lule, conseillère en matière de population et de santé de la reproduction à la Banque mondiale.

This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions

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