1. Accueil
  2. Southern Africa
  3. Zimbabwe
  • News

Décimés par le sida, les enseignants réclament des ARV

Les enseignants du Zimbabwe ont exhorté le gouvernement à leur fournir des traitements gratuits contre le sida après qu’une étude ait révélé que leur profession était confrontée aux taux d’infection du VIH parmi les plus élevés du pays.

Selon un rapport du Syndicat progressiste des enseignants du Zimbabwe (PTUZ), le pays a perdu 566 enseignants de maladies liées au sida en 2004, tandis que 362 victimes ont déjà été recensées au cours des six premiers mois de l’année 2005.

«Nous avons perdu près de 1,000 enseignants à travers le pays en 18 mois, il y en a beaucoup plus qui sont infectés ou affectés [par le virus] et qui souffrent en silence», a souligné le rapport. «La majorité des écoles au Zimbabwe ont perdu au moins un de leurs enseignants du sida, et au moins deux ou trois d’entre eux sont en congé maladie lié au sida».

Selon ce document, 25 pour cent des enseignants du pays vivent avec le VIH. Le taux de prévalence de l’ensemble de la population adulte zimbawéenne est d’environ 20 pour cent, selon les autorités.

Le coût élevé des traitements antirétroviraux (ARV), qui prolongent et améliorent la vie des personnes vivant avec le virus, ainsi que l’accès limité aux médicaments subventionnés par l’Etat ont rendu la vie des enseignants vivant avec le virus encore plus difficile.

Le programme gouvernemental de distribution d’ARV coûte à chaque patient environ deux dollars par mois.

Bien que cela représente une différence significative avec le coût mensuel des traitements non subventionnés, qui s’élève à 50 dollars, les autres dépenses associées à la maladie, tels que les examens de laboratoire, le prix des médicaments contre les infections opportunistes, et d’autres charges de base telles que les frais de transport et une alimentation équilibrée, restent à la charge du patient.

Le programme gouvernemental n’est disponible qu’à deux endroits : l’hôpital public principal de la capitale Harare, et celui de la seconde ville du pays Bulawayo. Les enseignants travaillant dans les provinces n’ont pas accès aux traitements.

Les enseignants font partie des catégories de travailleurs les plus mal payés au Zimbabwe. Ils se débattent pour joindre les deux bouts dans un contexte économique marqué par un taux d’inflation de 360 pour cent et des ruptures régulières d’approvisionnement en denrées de base.

Un jeune enseignant gagne 80 dollars par mois, tandis que son collègue en fin de carrière plafonne à 160 dollars, alors que le coût d’un panier mensuel moyen du consommateur, composé des denrées de base, est estimé à 396 dollars.

«L’aggravation des niveaux de pauvreté parmi les enseignants a contribué à la réduction drastique du personnel», a souligné le rapport du PTUZ. «Il est regrettable de constater qu’alors que les enseignants constituent le moteur du changement de comportement social, le Conseil national de lutte contre le sida et le ministère de l’Education continuent à [les] tenir à l’écart de la lutte contre le VIH/SIDA».

L’association des enseignants du Zimbabwe (Zimta) a fait écho à ces inquiétudes, ajoutant qu’elle était préoccupée par l’absence d’initiatives gouvernementales en matière de programmes ciblant spécifiquement les enseignants.

«Nous sommes également préoccupés par la mortalité continue du personnel enseignant à cause du sida, il est grand temps que le gouvernement prennent des mesures courageuses pour s’y attaquer», a dit à PlusNews Dennis Sinyolo, le secrétaire général de la Zimta.

«Le minimum que [le gouvernement] puisse faire est de nous procurer des ARV largement subventionnés -ou même gratuits, ça aiderait », a-t-il ajouté.

Le ministre de l’Education, Aeneas Chigwedere, a affirmé que son ministère faisait de son mieux pour aider les enseignants mais il a prévenu que, comme les autres Zimbabwéens, il était de la responsabilité des enseignants de se protéger de l’infection au VIH.

En 2002, le Zimbabwe a déclaré un ‘état d’urgence du sida’ face à la pandémie, rendant possible l’achat d’ARV génériques moins coûteux fabriqués localement.

Mais les pénuries de devises étrangères ont limité l’importation de matières premières, portant un coup au programme.

Selon les statistiques gouvernementales, environ 5 000 personnes meurent d’infections liées au sida chaque semaine au Zimbabwe.


This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions

Partager cet article

Our ability to deliver compelling, field-based reporting on humanitarian crises rests on a few key principles: deep expertise, an unwavering commitment to amplifying affected voices, and a belief in the power of independent journalism to drive real change.

We need your help to sustain and expand our work. Your donation will support our unique approach to journalism, helping fund everything from field-based investigations to the innovative storytelling that ensures marginalised voices are heard.

Please consider joining our membership programme. Together, we can continue to make a meaningful impact on how the world responds to crises.

Become a member of The New Humanitarian

Support our journalism and become more involved in our community. Help us deliver informative, accessible, independent journalism that you can trust and provides accountability to the millions of people affected by crises worldwide.

Join