Share & more
Le programme conjoint des Nations Unies sur le sida (Onusida) a exhorté les gouvernements et les organisations de la société civile à parler moins et à agir plus pour que l’Afrique gagne son combat contre le VIH/SIDA.
Selon Emmanuel Baingana Kasheeka, conseiller en suivi-évaluation de l’Onusida pour l’Afrique de l’Est et australe, les résultats pour juguler l’épidémie sont bien faibles compte tenu de l’importance des ressources investies dans les stratégies d’intervention.
Baingana Kasheeka s’adressait aux délégués d’une convention internationale sur le VIH/SIDA qui s’est tenue cette semaine à Nairobi, la capitale kenyane.
“Au cours des vingt dernières années, nous nous sommes concentrés sur l’élaboration de stratégies, mais très peu sur la manière de transformer ces plans en résultats tangibles face à l’ampleur de l’épidémie”, a-t-il affirmé.
Bien que le sida soit de loin la principale cause de décès sur le continent, qui abrite près de 70 pour cent des adultes infectés au VIH dans le monde, seuls 19 pour cent des Africains utilisent des préservatifs tandis que le taux de dépistage volontaire atteint à peine 10 pour cent.
“Nous avons clairement été dépassés par l’épidémie”, a dit Baingana Kasheeka. “Elle a pris une large avance sur les réponses que nous avons apporté. Nous devons intensifier nos actions pour réduire les taux d’infection au VIH, augmenter l’accès aux soins et aux traitements et soutenir davantage les populations affectées par la pandémie, en particulier les orphelins”.
Depuis 2000, 3,8 millions d’enfants ont perdu un ou leurs deux parents du sida. Alors que les enfants du continent sont les plus touchés par l’épidémie, des enquêtes montrent que seuls trois pour cent des orphelins et des enfants vulnérables reçoivent les soins nécessaires.
De même, seulement trois pour cent des personnes séropositives ont accès aux traitements antirétroviraux, tandis que les efforts de prévention de la transmission du virus de la mère à l’enfant n’atteignent que cinq pour cent des femmes qui en auraient besoin.
L’Onusida a lancé un défi aux organisations non-gouvernementales et à la société civile : celui de commencer à “faire travailler l’argent”.
Leonard Okello, directeur VIH/SIDA d’ActionAid, l’agence internationale de développement qui a organisé la conférence, a dit à PlusNews que son organisation espérait créer une dynamique mondiale pour soutenir la mise en place d’actions destinées à atténuer l’impact de l’épidémie.
“L’ampleur de l’épidémie exige que la lutte devienne politique”, a souligné Okello. “Nous voulons créer un large mouvement de défenseurs de la cause qui font pression sur les gouvernements pour combattre la pandémie de manière effective. Nous avons besoin d’un programme mieux coordonné, fondé sur une stratégie de réponse globale acceptée par tous”.
Les délégués présents lors de la conférence doivent élaborer ensemble une stratégie internationale de lutte contre le sida, qui servira à ActionAid.
This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions