L’organisation humanitaire Médecins sans frontières (MSF) au Nigeria prévoit d’étendre son programme pilote de traitement des personnes vivant avec le VIH/SIDA à quatre fois plus de patients en 2005.
Selon Tobias Luppe, responsable de la campagne de MSF pour l’accès universel aux médicaments essentiels au Nigeria, un peu moins de 1 000 personnes devront bénéficier du programme de prise en charge gratuit que conduit MSF à Lagos, contre 250 actuellement.
"Cela suppose que nous prendrons en charge plus de personnes vivant avec le VIH/SIDA, mais aussi que les patients seront mis plus rapidement sous traitement antirétroviral lorsqu’ils sont au stade requis de la maladie", a-t-il expliqué à PlusNews.
C’est en août dernier que MSF Pays-Bas a lancé, au cœur de l’hôpital général de Lagos, un programme de soins et d’assistance dont l’objectif est d’offrir une prise en charge complète des personnes vivant avec le VIH/SIDA.
Actuellement 250 personnes séropositives et nécessitant des soins font partie de ce programme, 50 d’entre elles sont sous traitement antirétroviral.
"Nous avons décidé d’étendre les traitements à un plus grand nombre de personnes après avoir réévalué le potentiel du programme et commencé à investir dans les ressources humaines", a indiqué Luppe.
"Nous pourrons ainsi sauver plus de vies tout en montrant la voie à suivre pour une extension des traitements à l’échelle nationale", a-t-il ajouté.
Selon les estimations des Nations Unies, près de quatre millions de Nigérians vivent aujourd’hui avec le virus. MSF considère qu’environ 500 000 d’entre eux ont un besoin urgent d’antirétroviraux, alors que moins de 15 000 personnes en reçoivent.
"Rien qu’aujourd’hui, plus de 900 Nigérians décèderont d’une maladie liée au VIH", a déploré Luppe. "Ces décès déchireront des familles, sépareront les parents de leurs enfants et auront un lourd impact sur ce pays. Mais ces morts peuvent être évitées. Cette hécatombe doit s’arrêter."
Près de deux millions d’enfants nigérians seraient devenus orphelins après la mort de l’un ou de leurs deux parents des suites d’une maladie liée au VIH/SIDA, selon les Nations Unies.
Pour Luppe, le programme de MSF est l’exemple type de ce dont ont besoin les personnes vivant avec le VIH/SIDA dans les pays en développement.
Cette initiative originale, appliquée en partenariat avec le département national de santé publique de Lagos, permet d’offrir gratuitement aux patients un dépistage, des conseils, des soins, un soutien nutritionnel et des ARV.
Ce n’est pas le cas à l’hôpital général de Lagos. Ceux qui ont au la chance d’avoir pu s’inscrire au programme de prise en charge national doivent payer 1 000 Nairas (sept dollars) par mois pour obtenir des médicaments.
Cette somme ne couvre même pas les frais occasionnés par le traitement des infections opportunistes et les analyses de laboratoires, qui doivent être payées à part.
"Près de 70 pour cent des Nigérians vivent en-dessous du seuil de pauvreté. Comment peuvent-ils financer un traitement à vie ?" s’est demandé Luppe.
De nombreux patients de MSF n’ont même pas les moyens de payer leur transport pour se rendre à l’hôpital, a t-il ajouté. Si on devait leur faire payer les traitements, ces gens vendraient tout leur bien, a-t-il déploré. Ils dépenseraient moins d’argent pour la scolarité de leurs enfants, pour la nourriture et pour d’autres besoins essentiels.
"Mais tôt ou tard, ils interromperont leur traitement faute de pouvoir payer les médicaments", a indiqué Luppe. "C’est déjà une réalité au Nigeria."
Dans sa campagne pour l’accès universel aux médicaments essentiels, MSF exhorte les gouvernements, les organisations internationales et les laboratoire pharmaceutiques à réduire les prix des médicaments et à simplifier les protocoles afin qu’un plus nombre de personnes puissent accéder aux ARV.
Depuis les années 1990, MSF soigne les personnes vivant avec le VIH/SIDA dans les pays en développement, mais les premiers programmes ARV ont démarré il y a seulement cinq ans. L’organisation fournit désormais des ARV à plus de 23 000 patients dans 27 pays, notamment en Guinée, au Bénin, au Burkina Faso et au Nigeria.
Dans ce pays, la pandémie du VIH/SIDA progresse inexorablement. Cinq pour cent des quelque 126 millions d’habitants que compte le pays sont infectés par le virus, contre moins de deux pour cent en 1991, selon la dernière étude sentinelle menée en 2003 sur un échantillon de femmes enceintes.
Selon le Comité national de lutte contre le sida (NACA), 100 000 personnes devraient bénéficier cette année du programme gouvernemental de distribution d’ARV, soit six fois plus qu’actuellement.
Le nombre de centres de conseil, de dépistage et de traitement devrait s’accroître de 50 à 100 en 2005 et le NACA s’est également engagée à lancer des campagnes de sensibilisation en direction des jeunes de 20 à 29 ans qui, avec 5,6 pour cent, présentent le taux de prévalence le plus élevé du pays.
"La prévention et le traitement vont de pair", a expliqué Luppe, ajoutant que le gouvernement nigérian "doit, de toute urgence, faire de la lutte contre le VIH/SIDA une priorité nationale ".
Au Nigeria, a-t-il conclu, «toute personne vivant avec le VIH doit pouvoir bénéficier d’une prise en charge complète, y compris d’un traitement ARV."
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