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Mobiliser les ressources locales: la seule solution pour les personnes vivant avec le VIH/SIDA

Pour faire face à l'absence de prise en charge des personnes vivant avec le VIH et le sida au Burkina Faso, les associations locales ont décidé de mobiliser elles-mêmes les ressources nécessaires à l'acquisition de médicaments antirétroviraux, hors de portée des populations de ce pays sahélien, a indiqué Mamadou Sawadogo, le président du Réseau national des personnes infectées. Selon l'ONUSIDA, 300 000 personnes vivraient avec le VIH et le sida et parmi elles, 43 000 auraient besoin d'un traitement. Seules 2 000 personnes en reçoivent effectivement, grâce à l'appui du Fonds mondial pour la lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme. «Le Fonds mondial prend en charge 3 500 personnes pour une période de quatre ans, mais après, qu'est-ce-que les gens vont devenir ? » s'interroge Sawadogo, qui préside le Réseau national pour une plus grande implication des personnes infectées par le VIH/SIDA (REGIPIV). Sawadogo a dit regretter que les ressources extérieures financent en priorité des actions ponctuelles et à fort impact médiatique, au détriment des plans à plus long terme privilégiés par les personnes qui vivent avec le virus ou les associations qui les représentent. Son réseau s'est donc orienté vers la mobilisation des ressources nationales, en faisant appel au bon coeur de la population burkinabé lors de manifestations sportives ou culturelles. L'opération devrait être lancée en mars prochain, le temps de réunir les 50 millions de francs CFA (100 000 dollars américains) nécessaires. Seuls sept millions ont pu être obtenus jusqu'à présent. Créé en 2001, le réseau coordonne une quarantaine d'associations de PVVIH, qui luttent pour un meilleur accès aux traitements dans les lieux de résidence. « Si tu es couché sur la natte d'autrui, à tout moment il pourrait te la retirer et tu seras obligé de dormir à même le sol,» a commenté Sawadogo, évoquant un proverbe burkinabè pour justifier son action. « Notre combat est de rendre les ARV disponibles et accessibles aux plus démunis,» a t-il dit. Le coût du traitement ARV au Burkina Faso varie entre 80 000 et 400 000 francs CFA par mois (15 à 80 dollars), bien au-dessus du revenu moyen des Burkinabé. D'après le Rapport Mondial sur le développement humain publié cette année par le Programme des Nations Unies pour le Développement, 81 pour cent des burkinabé vivent avec moins de deux dollars par jour. Or, selon les dernières données du Conseil national de lutte contre le sida (CNLS), le taux de prévalence était de 9,8 pour cent en 2001, un niveau d'infection proche de celui de la Côte d'Ivoire voisine, le pays le touché d'Afrique de l'ouest avec un taux de prévalence qui avoisinerait les 12 pour cent. UNAIDS pour sa part, dans un rapport publié au mois de septembre, évalue à 4,2 pour cent le taux de prévalence moyen dans le pays. Le Burkina est un pays pauvre enclavé, tourné vers ses voisins dont il est fortement dépendant, notamment pour les emplois qu'ils procurent à une main d'oeuvre agricole mobile et corvéable. Près de trois millions de Burkinabè vivent et travaillent dans les plantations de café et de cacao en Côte d'Ivoire. « Aujourd'hui l'accès aux antirétroviraux (ARV) est devenu un impératif,» a expliqué Sawadogo. « Nous devons agir concrètement en direction des malades et des personnes infectées si nous voulons que la lutte soit efficace et ne reste pas au stade de simples discours politiques.»

This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions

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