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La hausse de la consommation de drogues compromet la lutte contre le sida

Au Cambodge, la consommation et la production de méthamphétamine à grande échelle pourraient constituer un nouveau défi pour la lutte contre le VIH/SIDA, selon des organisations non gouvernementales (ONG).

Selon les statistiques recueillies par l’Autorité nationale de lutte contre la drogue (NACD en anglais), un organe gouvernemental, à Phnom Penh, la capitale, le taux de prévalence du VIH s’est fortement accru chez les consommateurs de drogues injectables, passant de 14 pour cent en 2006, à 35,1 pour cent en 2007.

Plus connue sous le nom de « crystal meth » ou « ice », la méthamphétamine est le plus souvent fumée, mais elle est parfois également injectée. Des études ont révélé que la consommation de méthamphétamine était associée à des comportements sexuels à risque qui pouvaient résulter en une transmission du VIH, et restreindre les capacités de l’organisme à combattre la charge virale.

La méthamphétamine est un puissant stimulant du système nerveux central qui provoque une forte dépendance, et entraîne une paranoïa, des illusions et des hallucinations. A ce jour, les études n’ont obtenu que des données préliminaires, mais elles indiquent que le crystal meth peut également accélérer le développement d’une démence liée au VIH/SIDA, et compromettre l’efficacité des traitements.

« Bien qu’il y ait des résultats contradictoires à l’égard d’un éventuel lien entre la méthamphétamine et le VIH, une augmentation de la consommation de crystal meth au Cambodge constitue une menace de renversement de la tendance de la pandémie de VIH/SIDA », a déclaré Frederick Curtis, agent technique principal pour la consommation de la drogue auprès de Family Health International (FHI), au Cambodge.

Selon les données du Programme commun des Nations Unies sur le sida, ONUSIDA, le taux d’infection au VIH est passé de 3,7 pour cent en 1997, à 0,9 pour cent en 2006.

Les enfants des rues et les professionnels du sexe, deux groupes à haut risque d’infection, sont tout particulièrement vulnérables à la dépendance au crystal meth, lorsqu’ils abandonnent les amphétamines, une drogue autrefois populaire, également appelée yama, en argot local.

D’après les données recueillies par la NACD, le nombre de patients admis pour des traitements liés à une dépendance au crystal meth a augmenté de 18 pour cent lors du premier semestre 2008, par rapport au nombre d’admissions enregistrées au cours des six mois précédents. En revanche, le nombre d’admissions liées à la consommation de yama a chuté de 15 pour cent.

En outre, des données semblables enregistrées en Thaïlande et en Malaisie confirment cette tendance, a-t-on indiqué lors de la 1re conférence mondiale sur la méthamphétamine, qui s’est tenue en septembre dernier à Prague, en République tchèque.

« Nous avons également noté que les consommateurs se tournent vers les méthamphétamines, car ils pensent que cela les aidera à surmonter leur dépendance à l’héroïne », a souligné M. Curtis.

Dangers de dépendance et VIH

Le crystal meth, pur à 80 pour cent, crée plus de dépendance que toute autre drogue, et pourrait poser des problèmes aux services de prévention du VIH, au Cambodge.

M. Curtis a expliqué que les effets de la drogue, décrits comme une montée de plaisir, étaient ressentis presque immédiatement. En revanche, le yama n’est pas aussi pur que le crystal meth, et l’usager doit attendre 40 minutes avant d’en ressentir les effets, lorsqu’il le consomme oralement.

« Ce sentiment d’euphorie intense est très prisé par les jeunes en quête de nouvelles sensations », a ajouté M. Curtis. L’ice semble être la drogue de prédilection des jeunes consommateurs, remplaçant ainsi l’ectasie, dans les discothèques et les bars.

Cham Sopheap*, un jeune homme de 25 ans adepte des boîtes de nuit de Phnom Penh, a reconnu préférer l’ice, mais il ne pensait pas que contrairement aux autres drogues, le meth pouvait l’exposer aux dangers du VIH.

« Les ONG nous disent de ne pas consommer des drogues injectables, alors nous avons arrêté de le faire », a-t-il estimé. « Je ne comprends pas comment le fait de fumer une drogue pourrait propager une maladie ».

En outre, il a confié être plus susceptible de faire appel aux services de professionnelles du sexe lorsqu’il est sous l’emprise de la drogue.

« Cela m’est peut-être arrivé quatre fois, et chaque fois, j’ai appelé une prostituée à la fin de la soirée, afin qu’elle vienne passer la nuit avec moi », a-t-il dit.

« Lorsque je consomme du meth, je ne deviens pas excité et je n’ai pas une forte envie d’avoir des rapports sexuels, mais je veux juste me coucher avec une fille à mes côtés. Je pense que c’est cela qui pousse les gens à avoir des relations sexuelles », a-t-il conclu.

* Un nom d’emprunt

gc/kn/he/cd/ail


This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions

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