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Fin des distributions de seringues par les ONG à Bali

La province indonésienne de Bali est en train de retirer progressivement aux organisations non gouvernementales (ONG) locales de lutte contre le sida leur rôle dans la distribution d’aiguilles et de seringues aux consommateurs de drogues injectables (IDU, en anglais).

Ce changement est en grande partie dû à la récente révision de la législation du pays sur les narcotiques, qui désigne les travailleurs sanitaires publics comme étant les seules personnes habilitées à distribuer ces seringues et aiguilles aux IDU.

Auparavant, les travailleurs de terrain des ONG étaient chargés de la distribution des seringues directement aux IDU des communautés participant au Programme d’échange des seringues (NEP), soutenu par le gouvernement.

Le NEP constitue un volet de la stratégie indonésienne de réduction du risque, mise en œuvre avec le soutien de plusieurs bailleurs de fonds internationaux, et qui a joué un rôle crucial dans la diminution du nombre d’IDU partageant leurs seringues.

Le principal mode de transmission du VIH à Bali, comme dans le reste du pays, est l’utilisation de drogues injectables : sur les quelque 250 000 personnes vivant avec le VIH en Indonésie, selon les estimations, 46 pour cent seraient des IDU.

Mais les stratégies de réduction du risque –seringues stériles et programmes de substitution à la méthadone- ont été difficiles à promouvoir dans ce pays musulman, où la police a toujours regardé le NEP avec suspicion, préférant incarcérer les consommateurs de drogues.

Dewa Nyoman Wirawan, un activiste de la lutte contre le sida à la Kerti Praja foundation, une organisation communautaire basée à Denpasar, la capitale provinciale, a précisé que les travailleurs sanitaires publics avaient commencé à prendre en charge la distribution de seringues en août 2008.

« Les seringues qui étaient auparavant placées dans les bureaux des ONG, sont maintenant dans les centres de santé. Les ONG vont toujours sur le terrain à la rencontre des IDU, mais sur instruction des travailleurs de la santé », a dit M. Wirawan à IRIN/PlusNews.

Selon lui, confier cette responsabilité au gouvernement devrait permettre d’assurer la pérennisation du programme. AusAID, l’organisation gouvernementale australienne d’aide, principal bailleur de fonds des ONG de lutte contre le sida dans l’île, a apporté son soutien à ce changement, indiquant qu’elle ne serait pas forcément en mesure de financer le NEP à Bali indéfiniment.

Les IDU doivent maintenant régulièrement se rendrent dans les centres de santé communautaires les plus proches de chez eux, afin de se procurer gratuitement des aiguilles et seringues, mais les ONG ont prévu de mener une campagne d’information pendant six mois pour présenter le nouveau système de distribution.

« Les IDU sont toujours réticents à se rendre dans les centres de santé », a dit M. Wirawan.

Les consommateurs de drogues ont été criminalisés par l’Etat, et certaines ONG s’inquiètent à l’idée qu’ils puissent éviter les institutions publiques, ou être découragés par les horaires d’ouverture des centres. « C’est un processus ; espérons qu’au cours des cinq prochaines années, les utilisateurs de drogue seront plus autonomes et disciplinés ».

L’île de Bali, la destination touristique la plus populaire d’Indonésie, enregistre le 5ème taux de prévalence du VIH le plus élevé des 33 provinces du pays, et est l’endroit où le premier cas de VIH a été diagnostiqué en 1987.

Alors que 1 836 cas y avaient été recensés fin 2007, sur une population de 3,4 millions de personnes, ce nombre est passé à 2 112 en mai 2008.

Le nombre de nouvelles infections parmi les IDU continue à augmenter, a dit M. Wirawan, mais de récentes recherches ont montré que le nombre de cas d’infections liées aux relations sexuelles non protégées « montait en flèche ». « C’est comme si nous réparions une fuite, et qu’il y avait toujours une autre fuite ».

M. Wirawan a estimé qu’il fallait développer de nouvelles stratégies pour encourager le dépistage volontaire du VIH et l’utilisation du préservatif.

« Au lieu d’arrêter les maquereaux, peut-être qu’on devrait leur demander de coopérer en promouvant l’utilisation du préservatif, mais les questions liées à la prostitution suscite toujours des protestations de la société », a-t-il noté.

hd/ks/he/ail


This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions

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