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« On m’a forcée à me faire stériliser »

En tant que première femme à avoir publiquement révélé son statut sérologique en Papouasie-Nouvelle Guinée, Maura Elaripe s’est donné pour mission de s’informer et d’informer les autres femmes de leurs droits. cette activiste de la lutte contre le sida a raconté à IRIN/PlusNews sa propre stérilisation forcée.

Maura Elaripe participait à la XVII Conférence internationale sur le sida, début août à Mexico, au Mexique, où elle a suivi de près les sessions consacrées aux droits sexuels et de la santé génésique des personnes séropositives.

« Lorsque j’ai découvert que j’étais séropositive, ce n’était pas suite à un test volontaire [de dépistage du VIH], c’était parce que j’étais enceinte. On ne m’avait pas dit qu’on allait me dépister. Plus tard, on m’a dit que mon sang avait été testé pour le VIH. Je suis infirmière de profession et quand j’ai entendu cela, j’ai réalisé que c’était la fin pour moi ».

« Nous n’avions pas d’informations ou de services disponibles à cette époque, en 1997. Je n’ai pas été conseillée et pendant trois ans, je me suis cachée et je me suis simplement tenue à l’écart du monde. Je restais à la maison : j’ai quitté mon emploi et j’ai [interrompu] le contact avec ma famille ou le monde extérieur. Ces trois années ont été l’enfer pour moi. Chaque jour, je me réveillais en me disant : ‘‘Quand vais-je mourir, cela va-t-il arriver aujourd’hui ?’’ »

« Au bout de trois ans, je me suis dit : ‘‘ce n’est pas vrai, je ne suis pas encore morte ; quelque chose ne tourne pas rond ici’’. Je me suis alors débrouillée pour me renseigner sur le VIH et je suis entrée en contact avec un programme australien sur le sida, qui a commencé par me demander si j’avais bénéficié de conseils. Je leur ai dit ‘‘je ne sais pas ce que vous voulez dire par conseils’’. Je n’avais pas été conseillée depuis le jour de mon diagnostic. En fait, jusqu’à maintenant je n’ai jamais été conseillée, mais je conseille les autres. Je trouve cela très étrange et intéressant ».

« Au cours de cette période, j’ai perdu deux de mes bébés. Ils ne sont pas morts du VIH. La première est morte parce qu’elle était stigmatisée, parce qu’ils disaient que j’étais séropositive, ils refusaient de la soigner et n’ont pas trouvé la cause de sa respiration accélérée. Mon deuxième bébé est mort parce qu’on lui a administré un vaccin oral contre la poliomyélite qui lui a fait immédiatement développer une polio, puis mourir ».

« C’est alors qu’on m’a forcée à me faire stériliser. Ils ont dit que j’étais stupide de [vouloir un enfant], que je n’avais pas le droit d’être enceinte. C’était en 1999. Après qu’on m’ait stérilisée, on m’a dit que c’était pour mon bien et je le regrette encore aujourd’hui. Je le regrette profondément, parce que je n’avais pas d’informations sur mes droits à la santé sexuelle et génésique en tant que femme séropositive ».

« Je pense que [la stérilisation forcée] est cruelle. Toute personne a le droit de se marier et d’avoir des enfants ».

kn/ks/ail


This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions

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