La tuberculose (TB) est la principale cause de décès chez les personnes vivant avec le VIH en Afrique, mais à peine un pour cent des personnes séropositives sous traitement a été dépisté pour la TB en 2006, une lacune qui selon les activistes menace d’anéantir les avancées réalisées grâce à la mise sous antirétroviraux (ARV) de trois millions de personnes.
« Nous sommes confrontés à un fléau évitable au beau milieu d’une épidémie dévastatrice », a dit Michel Sidibe, directeur exécutif adjoint du Programme commun des Nations Unies sur le sida, ONUSIDA, au cours d’une conférence de presse pour appeler à une action urgente des gouvernements et des bailleurs de fonds contre la TB, lors de la XVII Conférence internationale sur le sida organisée à Mexico du 3 au 8 août. « Les ARV seuls ne suffisent pas à protéger les gens de la tuberculose ».
Selon des données de l’Organisation mondiale de la santé, à l’échelle mondiale, seules 314 000 personnes ont été dépistées pour la TB en 2006, et 26 pour cent d’entre elles avaient une forme active de la maladie.
Les personnes vivant avec le VIH sont 50 fois plus susceptibles de développer une tuberculose que les personnes séronégatives, et sans traitement approprié, 90 pour cent d’entre elles décèdent généralement dans un délai de quelques mois.
En dépit de ces statistiques, aucun des trois principaux bailleurs de fonds de la lutte contre le sida – le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme ; le Plan d’urgence du président George Bush contre le sida, PEPFAR ; et la Banque mondiale – n’a intégré dans ses programmes l’obligation de fournir un service de dépistage de la TB aux personnes séropositives.
Jim Kim, du Centre pour la santé mondiale de l’Université de Harvard, aux Etats-Unis, a noté que les outils permettant de diagnostiquer la TB étaient dépassés et avaient besoin d’être développés, mais il a estimé que même avec les technologies existantes, les programmes VIH pouvaient, et devaient, faire mieux.
« La tuberculose est une maladie tout à fait guérissable –même la tuberculose ultrarésistante (XDR-TB) a enregistré de bons taux de guérison dans certains pays, comme au Pérou », a dit M. Kim. « C’est un crime que les personnes ayant accès aux ARV continuent de mourir de la TB ».
En raison de l’urgence à gérer la crise du VIH/SIDA qui a prévalu au départ, les services VIH ont évolué séparément des services TB, a noté M. Kim. « Mais aujourd’hui, il faut élargir [l’offre de services] – les personnes séropositives ont besoin de l’ensemble des services de santé publique, y compris les soins de la TB », a-t-il estimé.
Les activistes ont souligné la nécessité de sensibiliser davantage les populations sur l’importance du dépistage de la TB parmi les personnes vivant avec le VIH, et parmi la population générale.
« Ignorer le dépistage et le traitement de la TB compromet tous les gains enregistrés dans les traitements du VIH », a estimé Vuyiseka Dubula, secrétaire générale de la ‘Treatment action campaign’ en Afrique du Sud.
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