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« Le gouvernement ne s’occupe que des gens dans le droit chemin »

L’arrestation de trois personnes qui dénonçaient le manque de prise en compte des hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes dans les programmes VIH/SIDA lors de la récente Rencontre des décideurs sur le VIH/SIDA à Kampala, la capitale ougandaise, a attiré les critiques de nombreux activistes de la lutte contre le sida dans le monde.

Un activiste a raconté à IRIN/PlusNews comment il avait grandi en se sachant gay et évoqué le besoin d’élaborer des messages de prévention de l’épidémie ciblant la communauté gay.

« Je suis né dans une famille chrétienne qui vivait dans un village. J’ai vraiment réalisé que j’étais gay très jeune –à quatre ou cinq ans.

« Je pensais que peut-être j’avais un problème –j’étais censé être attiré par les filles, mais j’étais attiré par les garçons. J’en ai parlé à mon frère plus âgé, et il m’a dit qu’un jour, je serais attiré par les femmes.

« A la fin de ma scolarité, je suis venu à Kampala pour chercher du travail, et alors que je travaillais et que je devenais adulte, ce problème [d’être attiré par les hommes] continuait.

« Une fois, j’ai rencontré quelqu’un en ville qui était comme moi. Nous avons parlé, parlé ; j’ai compris que je n’étais pas seul. Je savais que j’étais gay, mais être gay en Ouganda, ce n’est pas facile. Cela doit rester secret –nous nous cachons.

« Nous voulions faire quelque chose contre le sida. Beaucoup de LGBT [personnes lesbienne, gay, bisexuelle et transexuelle, en anglais] souffrent du VIH. Certains sont malades, d’autres sont morts. Le gouvernement ne nous voit pas comme des gens dont il devrait s’occuper, donc nous voulions faire une campagne.

« Deux ou trois jours avant que la conférence [des décideurs] ne commence, nous nous sommes dits ‘‘Nous devons nous organiser’’ [en faveur de la prévention]. Nous avons besoin d’être protégés contre le VIH comme n’importe quel autre Ougandais.

« Mon partenaire était là et il a manifesté. J’étais très, très inquiet à ce sujet, [mais] il a dit ‘‘Si nous continuons à nous taire, personne ne parlera pour nous’’.

« Trois manifestants ont été arrêtés et emmenés au poste de police. Ils ont passé deux jours en prison, ce n’était pas facile parce qu’on a abusé d’eux. L’un [des manifestants] est transexuel, donc on lui demandait ‘‘Tu es un homme ou une femme ?’’, et certains le touchaient même là [aux parties génitales] pour voir. Ensuite, le deuxième jour, ils ont été relâchés sur décision de justice.

« Nous avons besoin de services et de programmes. Lors des conseils et du dépistage, le conseiller dit ‘‘Ayez des relations sexuelles avec des préservatifs’’, mais nous avons aussi besoin de lubrifiant. Nous ne pouvons pas parler et dire ‘‘J’ai des relations sexuelles avec un homme’’, donc ils ne peuvent pas nous donner suffisamment d’informations sur la façon dont les hommes gay devraient se protéger contre le VIH.

« Sur les paquets de préservatifs, il y a un homme et une femme, sur les panneaux d’affichage, il y a un homme et une femme. Certaines personnes n’ont pas eu d’éducation –ils voient un homme et une femme donc ils pensent que s’ils sont gay et qu’ils ont des relations sexuelles avec un homme, ils ne peuvent pas être contaminés par le VIH.

« Les homosexuels ne savent pas qu’il faut utiliser un certain type de lubrifiant [à base d’eau]. Certains utilisaient Blue band [une marque de margarine] ou Vaseline [une marque de gelée], et plus tard, on a appris que ces produits abîmaient le préservatif. Le seul lubrifiant [à base d’eau] qu’on trouve ici est le KY et il est très cher ; c’est pour cela que les gens avaient recours au Blue Band.

« Le gouvernement ne s’occupe que des gens dans le droit chemin, mais certains gay sont mariés et ont [des relations avec] des femmes, puis ensuite ils couchent avec des hommes. Si on ne soigne pas [un gay] mais qu’on soigne sa femme, alors on ne fait pas de travail de prévention du VIH ».

kr/ks/he/ail


This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions

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