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Les droits humains à l’honneur dans l’agenda de l’UNGASS

Avec la bénédiction du Secrétaire général des Nations Unies Ban Ki-moon, les organisations de la société civile ont fait pression sur les représentants des gouvernements réunis lors de la Réunion de haut niveau des Nations Unies sur le VIH/SIDA, à New York cette semaine, pour accélérer les efforts mondiaux de lutte contre l’épidémie.

La rencontre, à laquelle ont participé des centaines de responsables gouvernementaux –y compris plusieurs chefs d’Etat africains- et des activistes de la lutte contre le sida venus du monde entier, a été l’occasion de pointer du doigt la responsabilité des Etats dans l’échec à atteindre les objectifs en termes de prévention du VIH, de traitement et de soins qu’ils avaient fixés lors de la session spéciale de l’Assemblée générale des Nations Unies sur le sida (UNGASS, en anglais) en 2001.

Au cours des derniers mois, les pays ont fourni des rapports d’évaluation révélant que la majorité des Etats les plus frappés par l’épidémie étaient toujours loin d’avoir atteint la plupart des objectifs adoptés lors de l’UNGASS.

Olayide Akanni, de la Coalition de la société civile africaine contre le sida et de l’organisation nigériane Journalistes contre le sida, a dit à IRIN/PlusNews que certains pays avaient fourni des données incomplètes dans leurs rapports concernant l’impact réel de l’épidémie dans leurs pays respectifs.

« Certains pays ne donnent pas d’informations sur les indicateurs de l’UNGASS. Partant de là, nous voudrions voir beaucoup plus d’engagement et de transparence de la part des gouvernements », a-t-il dit.

Ban Ki-moon a loué la société civile pour son rôle précurseur dans la condamnation des gouvernements qui « échouent à prendre leurs responsabilités » pour agir contre l’épidémie.

« Je rend hommage à vous tous qui avaient mené la lutte au cours des dernières décennies, et j’applaudis le nouveau leadership et le dynamisme qui l’accompagne, pour faire avancer la réponse [à l’épidémie]. Cette prochaine étape nécessite une approche qui combine des tactiques de réponse d’urgence avec une réflexion sur des stratégies à long terme », a-t-il estimé lors d’une rencontre avec les organisations non gouvernementales (ONG) le jour de l’ouverture de la conférence.

Dans un rapport présenté à l’Assemblée générale le 10 juin, M. Ki-moon a noté qu’à la fin de l’année 2007, trois millions de personnes avaient accès à la thérapie antirétrovirale dans les pays à revenus faibles ou intermédiaires : une augmentation d’un million de personnes par rapport à l’année précédente, mais toujours seulement 31 pour cent des patients qui en auraient besoin.

En dépit de récentes statistiques semblant indiquer que le nombre de nouvelles infections est passé de 3,2 millions en 1998 à 2,5 millions en 2007 et que le nombre de décès liés au VIH/SIDA a réduit de près de moitié au cours de la même période, le rapport a souligné l’échec d’une expansion de la prévention et du traitement qui aurait permis de garder le pas sur l’épidémie.

« Cette situation est inacceptable. Notre défi est maintenant de construire sur ce que nous avons initié, de combler les lacunes que nous connaissons, et d’accélérer nos efforts pour les années à venir. Nous pouvons faire cela uniquement si nous ne nous contentons pas de maintenir nos niveaux d’engagement et de financements, mais si nous les augmentons », a dit M. Ki-moon.

Défendre les droits humains face au VIH

En cette année qui marque le 60ème anniversaire de la Déclaration universelle des Droits de l’homme, l’un des thèmes prioritaires lors de la réunion de New York a été la préservation des droits humains des personnes vivant avec le VIH.

« Six décennies après l’adoption de la Déclaration, il est choquant qu’il puisse toujours y avoir de la discrimination à l’encontre des personnes particulièrement vulnérables, une telle stigmatisation contre les individus qui vivent avec le VIH », a estimé M. Ki-moon lors de la cérémonie d’ouverture de la réunion.

Une telle discrimination, a-t-il ajouté, « conduit le virus vers la clandestinité, où il peut se propager en secret ; cela représente aussi un affront à notre humanité commune ».

Le Secrétaire général a appelé à une révision des lois qui entretiennent la discrimination et la stigmatisation –y compris les restrictions de voyage pour les personnes vivant avec le VIH. D’après le Programme commun des Nations Unies sur le sida, ONUSIDA, 74 pays imposent de telles restrictions, et 12 autres interdisent toute entrée sur leur territoire aux personnes infectées par le virus.

Sur cette question des lois ayant un impact sur les droits humains, Meena Seshu, directrice du Sampada gramin mahila sanstha (SANGRAM), une ONG indienne qui lutte contre le VIH/SIDA chez les travailleurs du sexe et les autres groupes marginalisés, a exprimé son inquiétude face à des lois destinées à lutter contre le trafic humain, qui sont introduites dans des pays comme l’Inde et le Cambodge. Elle s’est inquiétée du fait que ces lois poussent les travailleurs du sexe à se cacher, anéantissant les efforts de prévention et de traitement du VIH.

« Nous assistons à des modifications de lois qui se font au détriment des droits humains des travailleurs du sexe », a-t-elle dit à IRIN/PlusNews. Les nouvelles lois contre le trafic humain, selon elle, « pénalisent lourdement les travailleurs du sexe, qui ont été arrêtés, violés et se sont vus refuser l’accès au traitement du VIH ».

S’adressant à une réunion de la société civile, Mark Heywood, l’un des leaders du groupe de lobby sud-africain anti-sida Treatment action campaign et vice-président du Conseil national sud-africain contre le sida, a également insisté sur la question des droits humains.

« Qu’il s’agisse du gouvernement ou de la société civile, nous devons admettre que nous négligeons beaucoup, beaucoup de gens. Dans de nombreuses parties du monde, les violations des droits humains augmentent le risque d’infection au VIH, et celles qui suivent après l’infection sont encore pires », a-t-il estimé.

Il a appelé les participants à exiger des gouvernements qu’ils respectent leurs engagements sur l’augmentation de l’aide au développement et a souligné la nécessité d’imaginer et de mettre en place des systèmes permettant d’évaluer et de contrôler les droits humains.

Il les a aussi exhortés à « avoir le courage de dénoncer ouvertement les pays, comme le Zimbabwe, qui violent les droits à la santé », et à demander des investissements dans les systèmes de justice pour que les plus pauvres puissent y accéder.

ma/ks/ail


This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions

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