1. Accueil
  2. Monde

L’accès aux ARV s’améliore, mais il est encore loin d'être universel

D’abord, la bonne nouvelle : plus d’un million de personnes supplémentaires dans les pays pauvres à travers le monde ont commencé un traitement antirétroviral (ARV) en 2007, ce qui porte désormais le nombre total de personnes ayant accès à cette thérapie à près de trois millions.

Le rythme auquel ces ARV ont été délivrés s’est aussi accéléré, et le nombre d’enfants à bénéficier de ces médicaments qui permettent d’améliorer et de prolonger la vie des personnes infectées a lui aussi augmenté.

Mais la mauvaise nouvelle, selon un nouveau rapport de l’Organisation mondiale de la santé, du Programme commun des Nations Unies sur le sida (ONUSIDA) et du Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF), intitulé « Vers un accès universel : étendre les interventions prioritaires liées au VIH/SIDA dans le secteur de la santé » et publié le 2 juin, de nombreux pays de la planète sont toujours loin des objectifs d’accès universel fixés pour 2015.

Le rapport estime que quelque 2,5 millions de personnes ont été nouvellement infectées au VIH en 2007, et qu’en dépit des progrès accomplis, un peu moins d’un tiers des personnes ayant besoin de traitement dans les pays à revenu faible ou intermédiaire en recevaient en 2007 -6,7 millions de patients en attendent toujours.

Le nombre de personnes ayant accès aux ARV a bondi de 54 pour cent au cours de la seule année 2007, et plus de deux millions de personnes sous ARV vivent en Afrique subsaharienne –le continent où les progrès dans ce domaine ont été les plus importants.

Bien que l’espérance de vie des patients ait augmenté avec l’amélioration de l’accès aux traitements, la mortalité enregistrée durant les six premiers mois de la thérapie est restée « élevée de manière inacceptable », dans la mesure où de nombreux patients infectés ont eu accès trop tard aux services VIH/SIDA.

La tuberculose reste aussi un défi majeur, a noté le rapport : environ 12 pour cent des décès parmi les personnes infectées dans le monde sont dus à la tuberculose, selon le document. L’Afrique du Sud, où vit moins d’un pour cent de la population mondiale, compte à elle seule 28 pour cent du nombre total de personnes co-infectée au VIH et à la tuberculose dans le monde.

Les efforts de prévention n’ont pas progressé autant qu’il l’aurait fallu et sont aussi en retard, a noté le document, rappelant que le nombre de personnes nouvellement infectées par le virus en 2007 était 2,5 fois supérieur au nombre de personnes mises sous ARV au cours de cette même année.

« Le secteur de la santé doit aller plus loin que de simplement fournir traitements ARV, soutien et soins, mais il doit aussi jouer un rôle beaucoup plus fort dans la promotion et la délivrance de services de prévention du VIH », a suggéré le rapport, qui a également préconisé l’extension des programmes de circoncision masculine –des essais cliniques ayant montré que la circoncision pouvait réduire de plus de moitié le risque pour un homme d’être infecté au VIH dans le cadre de relations hétérosexuelles.

Fin 2007, près de 500 000 femmes enceintes dans le monde avaient eu accès à des ARV dans le cadre des programmes de prévention de la transmission du virus de la mère à l’enfant (PTME) –comparé à 350 000 l’année précédente. Un tiers des femmes enceintes dépistées positives au VIH dans les pays à revenu faible ou intermédiaire ont bénéficié d’ARV en 2007 –elles étaient 10 pour cent en 2004.

Par ailleurs, 200 000 enfants séropositifs vivant dans ces mêmes pays ont reçu des ARV, contre 127 000 fin 2006. Cependant, la difficulté de diagnostiquer le VIH chez les enfants reste un obstacle majeur.

« Nous constatons des progrès encourageants dans la prévention de la transmission du VIH de la mère au nouveau-né », a dit Ann Veneman, directrice générale de l'UNICEF. « Ce rapport doit nous inciter à redoubler d'efforts pour les enfants et les familles affectés par le VIH/SIDA ».

Le rapport attire l’attention sur le fait que l’élargissement de l’accès aux ARV risque de ralentir à l’avenir, en raison de la faiblesse des systèmes de santé dans les pays les plus affectés par l’épidémie, confrontés en particulier aux difficultés de former et de retenir les travailleurs sanitaires.

Les systèmes de santé dans les régions les plus touchées continuent à se détériorer en raison de la ‘fuite des cerveaux’ –la migration des travailleurs sanitaires qualifiés vers d’autres pays ou d’autres emplois- et des taux de mortalité dus au VIH parmi ces professionnels.

kn/he/ail


This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions

Partager cet article
Participez à la discussion

Become a member of The New Humanitarian

Support our journalism and become more involved in our community. Help us deliver informative, accessible, independent journalism that you can trust and provides accountability to the millions of people affected by crises worldwide.

Join