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De l’eau potable pour les personnes vivant avec le VIH

Pendant des années, Lole Laila Lole a eu à utiliser de l’eau sale et contaminée, qu’il puisait dans le fleuve du Nil pour boire, cuisiner et se laver. « Il n’y avait pas d’autre solution », a-t-il expliqué à IRIN/PlusNews.

M. Lole, président d’une association de personnes vivant avec le VIH au Sud Soudan, a découvert qu’il était séropositif après être tombé malade en 2002 et s’être rendu à Khartoum, la capitale soudanaise, où se trouvait à cette époque la seule structure de dépistage du VIH.

En raison de la faiblesse de leur système immunitaire, les personnes vivant avec le VIH sont particulièrement vulnérables aux infections et aux maladies qui peuvent être véhiculées par l’eau non traitée.

Après avoir été dépisté positif au VIH, M. Lole a dû rentrer à Juba où il a dû s’en remettre au système virtuel d’eau dans la capitale du sud, qui était à ce moment-là en guerre depuis près de 20 ans.

Le conflit a pris fin en 2005, mais les dirigeants du gouvernement du sud disent qu’ils manquent des ressources nécessaires pour re-développer cette région dévastée par la guerre et pour fournir des services tels que l’approvisionnement en eau potable.

Depuis la fin de la guerre, des pastilles de traitement de l’eau sont disponibles dans les magasins, et les personnes vivant avec le VIH qui en ont les moyens ont maintenant la possibilité de se protéger des épidémies de choléra et autres maladies diarrhéiques répandues dans cette région.

Cette année, l’organisation internationale Population services international (PSI), avec un financement des Centres de contrôle et de prévention des maladies (Centres for disease control and prevention), a commencé à inclure des pastilles de traitement de l’eau dans les kits de soins de base qu’elle distribue aux personnes vivant avec le VIH tous les trois mois.

Les pastilles qui sont distribuées aident les personnes habitant des zones où les traitements antirétroviraux ne sont pas disponibles à rester en bonne santé. Chaque kit contient 90 pastilles, chaque comprimé permettant de traiter 25 litres d’eau.

Le kit comprend également un bidon avec un robinet à sa base, des récipients d’eau, des préservatifs, deux moustiquaires et des matériels didactiques sur le paludisme et la manière d’éviter l’infection au VIH.

« Les indicateurs de santé [au Sud Soudan] sont très faibles », a dit Erin Stuckey, conseiller technique VIH/SIDA pour PSI au Sud Soudan. « Si vous avez une incidence élevée de diarrhées aqueuses et une forte incidence de paludisme, les personnes séropositives seront les plus affectées ».

La décision d’inclure des pastilles de traitement de l’eau dans les kits de soins de PSI a été prise en partie suite à des pressions des personnes vivant avec le VIH. En avril, des centaines de personnes séropositives ont envahi le bureau du Conseil soudanais des églises à Juba. Environ 500 personnes ont alors reçu des kits, mais plus de 200 autres ont dû repartir les mains vides.

Les femmes au Soudan sont aussi confrontées à de forts risques liés à la santé maternelle, qui sont exacerbés par l’absence d’eau potable. D’après le Fonds des Nations Unies pour la population, le risque pour une femme soudanaise de mourir de causes liées à la grossesse est estimé à un pour 30.

Ce risque est de manière significative plus élevé pour les mères séropositives et les bébés, particulièrement s’ils n’ont pas la possibilité d’avoir accès à de l’eau potable.

« C’est un souci majeur pour nous, nous savons que [ces personnes] doivent avoir accès à de l’eau potable », a dit le docteur Angok Kuol, directeur exécutif de la Commission sud-soudanaise de lutte contre le sida. « Si elles n’ont pas cette eau potable, elles sont en permanence exposées à des infections telles que la diarrhée aqueuse ».

M. Stuckey de PSI a expliqué que le programme de distribution des kits de soins aux personnes vivant avec le VIH serait prochainement élargi à d’autres zones du Sud Soudan.

En attendant, plusieurs organisations, parmi lesquelles le Fonds des Nations Unies pour l’enfance et Solidarités, une organisation non gouvernementale française, sensibilisent les populations sur l’hygiène et la salubrité, forant des puits et réparant les points d’eau existant dans le sud.

bm/kr/he/ail


This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions

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