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Les déplacements de population, un risque pour la tuberculose résistante

La menace de la tuberculose multi-résistante (MDR-TB) a été aggravée par les déplacements forcés de quelque 300 000 personnes au Kenya lors de la récente crise politique, ont dit des travailleurs sanitaires.

« Pendant les violences, de nombreuses personnes déplacées ont vu leur vie perturbée, ce qui signifie l’interruption de leur traitement [contre la tuberculose] », a dit le docteur Henderson Irimu, chef de l’unité VIH/TB de l’hôpital national Kenyatta, le plus grand hôpital de référence kényan. « A cause des violences, il était impossible pour les [patients] de venir chercher leurs médicaments ».

Il y a eu une augmentation du nombre de MDR-TB, a dit M. Irimu. Cette forme de tuberculose ne répond pas aux traitements habituels, souvent parce qu’il y a eu échec à terminer le traitement de première ligne. Lorsque ces patients sont co-infectés au VIH, le cocktail est souvent mortel.

« Jusqu’à maintenant, nous avons enregistré sept nouveaux cas de MDR-TB qui ont été amenés à l’hôpital depuis le camp de déplacés internes de Mathare [un bidonville de Nairobi, la capitale kényane] », a-t-il dit. « Certains sont venus et ont reconnu n’avoir pas pris leur traitement depuis le début des violences [en décembre 2007] ».

« Les patients qui ont développé des résistances aux traitements de première ligne doivent être traités en quarantaine pendant une période de quatre mois pour réduire la propagation, mais nous avons besoin d’une unité spéciale ou de salles pour la MDR-TB », a ajouté M. Irimu. 

Facteurs de propagation de la MDR-TB

D’après Alice Nyatecho, chargée de programme au Conseil national de lutte contre le sida, l’augmentation du nombre de cas de résistances peut être dû à un certain nombre de facteurs, mais le plus important est le changement de vie causé par les violences, suite aux résultats contestés des élections présidentielles de décembre.

« La situation des personnes déplacées à l’intérieur de leur propre pays est très volatile dans les régions affectées », a-t-elle dit à IRIN/PlusNews. « Les statistiques changent chaque jour et il est impossible d’avoir une idée claire de qui est encore sous traitement et qui ne l’est pas ».

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« Certains des déplacés internes passent d’un camp à l’autre et sont de nouveau pris en compte dans de nouvelles statistiques », a-t-elle ajouté. « Au mois de février, nous avions 230 000 personnes déplacées enregistrées, mais trois semaines plus tard, 20 000 ont quitté les camps soit parce qu’elles ont été prises en charge par leurs proches, soit parce qu’elles ont décidé d’aller s’installer dans un autre camp ou de retourner dans leurs régions rurales ».

La surpopulation et le manque d’hygiène adéquate parmi les personnes déplacées favorisent l’augmentation du nombre d’infections, a noté Mme Nyatecho, avec des personnes infectées qui l’ignorent partageant la même tente que des personnes non infectées, transmettant ainsi involontairement la MDR-TB.

Le Kenya est classé 10ème sur les 22 pays dans le monde qui supportent 80 pour cent du fardeau de l’épidémie de tuberculose. Le ministre kényan de la Santé a tiré la sonnette d’alarme à propos de la nécessité de gérer le nombre croissant de cas de MDR-TB, qui, en plus d’être difficiles à traiter, coûte dans de nombreux cas plus de 10 000 dollars par patient, comparé aux 20 dollars que coûte la stratégie thérapeutique classique dite DOTS (Directly observed treatment short-course).

Selon les estimations, 6,1 pour cent des Kényans vivent avec le VIH.

sm/kr/oa/ail


This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions

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