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Le silence et les tabous qui entourent les questions liées aux relations sexuelles anales exposent des millions d’hommes et de femmes au risque VIH, ont plaidé cette semaine des intervenants à la quatrième conférence internationale sur les microbicides à New Delhi, en Inde.
Souvent considérées uniquement comme une « chose de gays », les relations sexuelles anales sont aussi pratiquées par des couples hétérosexuels, très souvent sans protection, comme l’ont montré plusieurs études, a noté Jim Pickett, président du Rectal microbicide advocates (IRMA), qui a rendu public un rapport sur ce sujet lors de la conférence.
Le rapport, « Moins de silence, plus de science » (Less silence, more science, en anglais) avertit que les chercheurs ne peuvent pas se permettre d’ignorer plus longtemps la question des relations sexuelles anales, l’un des principaux vecteurs de l’épidémie, et appelle à davantage de recherches dans le développement d’un microbicide rectal.
« Nous devons prendre en considération la possibilité que les rapports sexuels anaux non protégés, même s’ils sont pratiqués rarement, peuvent être une source significative de transmission du VIH dans de nombreux contextes », a souligné le rapport.
De nombreuses femmes sont susceptibles de s’engager dans des pratiques sexuelles anales dans les cultures ou les régions où la virginité est particulièrement prisée, et la contraception difficilement disponible.
Le danger des rapports sexuels non protégés est que la paroi du rectum est plus fragile et contient plus de cellules sensibles que la paroi interne du vagin et du col de l’utérus, rendant la transmission du virus plus aisée.
« C’est une région [du corps] très vulnérable à l’infection... C’est une porte d’entrée vraiment facile pour l’infection au VIH », a dit aux participants à la conférence le docteur Ian McGowan, du Microbicide trials network.
Bien que des progrès aient été accomplis dans la course à la découverte d’un microbicide vaginal efficace, les études s’intéressant aux microbicides rectaux sont largement à la traîne.
Les microbicides potentiels incluent toute une gamme de produits –tels que des gels, des éponges ou des films- qui pourraient aider à prévenir la transmission du VIH et d’autres infections sexuellement transmissibles. Aucun microbicide ne s’est révélé efficace jusqu’à maintenant.
Les microbicides rectaux pourraient offrir à la fois une protection de base en l’absence de préservatif et une protection supplémentaire en cas de rupture ou de glissement du préservatif pendant le rapport sexuel anal.
A ce jour, un seul essai visant à vérifier la sécurité d’un microbicide rectal est en cours, et deux autres essais de phase 1 sont prévus, selon l’étude. La phase 1 d’un essai signifie que les chercheurs testent la sécurité pour l’être humain d’un nouveau produit afin de déterminer les dosages appropriés et d’identifier les effets secondaires.
M. Pickett a attribué la lenteur de la recherche dans ce domaine aux défis scientifiques que représente les essais au niveau rectal d’un tel produit, ainsi qu’à l’importante stigmatisation et à l’homophobie, en plus d’un manque de financements.
La nature fragile du rectum –qui a l’épaisseur d’un simple corps muqueux- pourrait signifier qu’elle pourrait être préjudiciable pour les actions et les tests liés à l’étude, rendant difficile toute tentative de mesurer la sécurité du produit.
En Jamaïque, un pays où l’homophobie est « profondément ancrée » et où les artistes populaires parlent d’abattre les hommes qui ont des relations sexuelles avec des hommes (MSM, en anglais), le docteur Nesha Haniff, chercheur jamaïcain, travaille avec les membres d’une organisation non gouvernementale locale, Jamaica AIDS support for life, pour plaidoyer en faveur de nouvelles approches préventives pour protéger les MSM.
La prévalence du VIH dans ce pays des Caraïbes est actuellement de deux pour cent, mais 25 pour cent des MSM seraient infectés, selon les estimations. Pour M. Haniff, une partie de la difficulté à plaidoyer en faveur des microbicides rectaux est la question de la pratique sexuelle anale.
Cette pratique est illégale dans de nombreux pays, et les tabous importants, ajoutés à l’homophobie associés aux relations sexuelles anales rendent difficile toute tentative à la fois pour les MSM et pour les couples hétérosexuels de savoir comment se protéger de l’infection au VIH.
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This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions