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Nouveau revers pour la recherche sur les microbicides

Le tout premier microbicide potentiel à atteindre la phase de test finale s’est finalement avéré inefficace pour prévenir la transmission du VIH, ont annoncé des chercheurs lundi.

Les essais sur l’efficacité du Carraguard, un microbicide, ont été menés sur une période de trois ans auprès de 6 000 femmes, en Afrique du Sud, et se sont achevés en mars 2007.

Toutefois, aucune différence n’a été constatée en termes d’infections VIH entre les femmes du groupe auquel on avait fourni du Carraguard et les femmes du groupe témoin, qui avait reçu un placebo.

« Les tests [...] n’ont pas permis de démontrer l’efficacité du Carraguard dans la prévention de la transmission du VIH », a noté le docteur Khatija Ahmed, responsable des recherches.

Ce microbicide créé par le Population Council, une organisation internationale à but non-lucratif, contient du carraghénane, un dérivé d’algues marines couramment utilisé dans le secteur de l’alimentaire et de la cosmétique comme gel, stabilisant et épaississant.

Les tests de laboratoire, les tests menés sur les animaux et les premiers essais sur l’homme portaient à croire que ce microbicide pouvait prévenir le VIH ainsi que d’autres infections sexuellement transmissibles ; selon le docteur Ahmed, pourtant, « les résultats du Carraguard en laboratoire ne peuvent pas être adaptés à l’homme ».

À l’en croire, le faible taux d’adhésion pourrait également avoir joué un rôle dans l’échec du Carraguard : les femmes qui ont participé à l’étude avaient en effet utilisé le Carraguard pour moins d’un rapport sexuel sur deux, et seules 10 pour cent d’entre elles l’avaient utilisé à chaque fois, comme il leur avait été prescrit de le faire.

Néanmoins, l’utilisation des préservatifs a considérablement augmenté, passant de 33 pour cent au début de l’étude à 64 pour cent.

Un événement malgré tout

Si le docteur Ahmed reconnaît que la nouvelle de cet échec est décevante, elle a néanmoins souligné que ces essais constituaient un « événement clé dans le domaine du développement des microbicides », les essais s’étant achevés sans susciter de préoccupations de sécurité sanitaire.

L’échec du Carraguard n’en est pas moins un nouveau revers dans la course au développement d’un microbicide efficace – administré via toute une gamme de produits, tels que les gels, les pellicules ou les éponges – susceptible de permettre aux femmes d’éviter de contracter le VIH ou d’autres infections sexuellement transmissibles.

En 2000, déjà, des recherches approfondies à grande échelle avaient démontré que le nonoxynol-9, microbicide potentiel, était dangereux, les femmes qui l’utilisaient dans le cadre de l’étude ayant développé une plus grande vulnérabilité au risque de contracter le VIH.

Sept ans plus tard, la recherche dans le domaine des microbicides a connu un autre revers lorsque CONRAD, une organisation américaine de recherche en santé reproductive, a annoncé l’arrêt anticipé des essais sur l’efficacité d’un microbicide à base de sulfate de cellulose après que le comité de suivi et de sûreté des données eut observé un plus grand nombre d’infections dans le groupe traité que dans le groupe témoin.

Toutefois, les activistes et les chercheurs sont peu enclins à qualifier les derniers essais de revers. Fiona Scorgie, coordinatrice de programmes chez Gender AIDS Forum, une organisation non-gouvernementale (ONG) qui suit les différents essais menés dans le domaine des microbicides en Afrique du Sud, a notamment déclaré à IRIN/PlusNews que malgré les résultats décevants des essais, ceux-ci avaient eu « des résultats positifs à un autre niveau ».

Les femmes qui participaient aux essais ont notamment bénéficié d’examens de santé réguliers ; de plus, grâce à l’innocuité du Carraguard, il sera possible de l’utiliser, à l’avenir, pour « véhiculer d’autres substances plus spécifiques, tels que les antirétroviraux » dans le cadre d’essais sur l’efficacité d’autres microbicides, toutefois il faudra pour cela mener davantage de recherches.

Selon Mme Scorgie, les communautés doivent également participer au processus, plutôt qu’en être les bénéficiaires passifs. « Les communautés ont un rôle très important à jouer [...] Il est important que nous nous informions et que nous gardions l’esprit critique ».

kn/he/nh/ail


This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions

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