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La prévention s’améliore, mais reste insuffisante - OMS

Décréter 2006 « année de l’accélération de la prévention de l’infection à VIH » en Afrique a permis d’obtenir des avancées, notamment en matière d’engagement des gouvernements dans la lutte, mais les objectifs fixés pour 2015 sont loin d’être atteints, selon l’Organisation mondiale de la santé.

Lors de sa 57ème session organisée à Brazzaville, au Congo, fin août, le Bureau régional pour l’Afrique de l’Organisation mondiale de la santé (OMS/AFRO) a exprimé sa satisfaction de voir que les 46 Etats membres du continent avaient suivi la résolution sur l’accélération des efforts de prévention de l’infection à VIH.

« Tous les pays ont [fourni] des efforts pour renforcer les actions de prévention », a déclaré le docteur Luis Gomes Sambo, directeur de l’OMS/AFRO. « En un an, on ne peut pas, certes, obtenir [tous] les résultats escomptés, mais dans certains pays tels que le Zimbabwe, le Kenya, le Burkina Faso et le Sénégal, on a constaté une tendance à la baisse [du nombre] de nouveaux cas d’infection au VIH ».

L’OMS/AFRO a salué les pays ayant apporté des contributions financières pour mettre en œuvre cette politique d’accélération de la prévention du VIH : l’Angola, par exemple, un pays d’Afrique australe riche en pétrole mais meurtri par 27 ans de guerre civile, a apporté deux millions de dollars.

Pourtant, face à l’ampleur des besoins, les efforts déployés par les Etats restent insuffisants, a noté l’organisation.

Le VIH/SIDA demeure un défi majeur de santé publique sur le continent puisqu’il constitue l’une des principales causes de décès chez les personnes âgées de 15 à 49 ans : les décès dus au sida en Afrique subsaharienne ont représenté 72 pour cent du total des décès liés à l’épidémie dans le monde en 2006, selon le Programme commun des Nations Unies sur le sida, Onusida.

D’après les estimations des Nations Unies, 2,8 millions d’adultes et d’enfants ont été infectés par le VIH en 2006 en Afrique, soit plus que dans l’ensemble des autres régions du monde.

« Face au nombre très élevé des nouveaux cas d’infection [au VIH] par an, je voudrais insister sur l’importance de la prévention comme principale stratégie », a plaidé M. Gomes Sambo.

Sur le plan de l’accès aux traitements du VIH/SIDA, en juin 2006, 23 pour cent des quelque 4,6 millions en attente d’antirétroviraux (ARV) recevaient ces médicaments qui prolongent et améliorent la vie des personnes vivant avec le VIH, selon l’Onusida.

Tout en soulignant l’amélioration notoire de l’accès à ces médicaments au cours des dernières années –seuls deux pour cent des malades en recevaient en 2003-, M. Gomes Sambo a rappelé qu’aujourd’hui, « environ 70 pour cent des malades [demeurent] encore sans traitements ».

D’autre part, « la région africaine continue d’enregistrer les taux de tuberculose [la première infection opportuniste liée au VIH/SIDA] par habitant les plus élevés. Les taux d’abandon [de traitement] ... sont supérieurs à 15 pour cent dans plusieurs pays », a-t-il ajouté.

Investir dans la santé pour freiner la fuite des cerveaux

L’OMS/AFRO a présenté lors de la réunion de Brazzaville son budget programme 2008-2009 avec l’objectif de mettre l’accent sur les problèmes de santé prioritaires -VIH/SIDA, tuberculose, paludisme, mais aussi maladies émergentes ou réémergentes, comme le choléra et la cécité des rivières.

Plusieurs participants ont profité de l’occasion pour plaider en faveur d’une mobilisation accrue des gouvernements dans le domaine du VIH/SIDA et de la santé plus largement.

« Les pays devraient allouer les fonds pour l’exécution d’interventions prioritaires destinées à promouvoir l’accès universel aux services de lutte contre la tuberculose et le VIH/SIDA », a estimé le président du sous-comité du programme du budget de l’OMS/AFRO, le docteur Potougnima Tchamdja.

Pour le professeur Kondi Charles Agba, ministre togolais de la Santé, « nos Etats doivent allouer, comme convenu [lors du sommet des Chefs d’Etat africains d’Abuja, au Nigeria, en 2001], 15 pour cent du budget national à la santé. Cela permettra de résoudre le problème des ressources humaines, de médicaments en quantité et surtout des ARV pour les personnes vivant avec le [VIH/SIDA] ».

Des efforts ont été fournis, a noté M. Gomes Sambo, affirmant que dans la moitié des pays de la région Afrique, la part du budget national consacré à la santé se situait entre 10 et 15 pour cent.

« En outre, je note que 10 pays de la région ont pu satisfaire à la recommandation de [l’OMS] invitant les pays à dépenser entre 30 et 40 dollars pour la santé par habitant et par an », a-t-il ajouté.

Mais la question cruciale de la ‘fuite des cerveaux’ dans le domaine de la santé n’est pas résolue. Selon l’OMS, 36 Etats africains sont considérés en crise concernant les ressources humaines, les professionnels de la santé préférant partir travailler hors du continent où ils sont souvent mal utilisés et mal rémunérés.

« Les [efforts] en vue d’atténuer les effets [de la fuite des cerveaux] ne semblent pas produire les résultats escomptés », a regretté M. Gomes Sambo.

Il a appelé les gouvernements à accorder une attention accrue aux questions ayant trait à la motivation du personnel, comme une rémunération plus attractive et l’attribution de postes correspondant à leurs compétences.

« Aucune politique, quelle qu’elle soit, ne peut produire ses effets si la ressource première, chargée de la mettre en œuvre, c’est-à-dire la ressource humaine, fait défaut », a relevé Isidore Mvouba, Premier ministre congolais. « La tendance à la fuite des cerveaux doit se transformer en une tendance en gain de cerveaux ».

Les acteurs africains de la santé ont été invités à Brazzaville à renforcer les partenariats, une démarche considérée comme nécessaire en vue d’atteindre les Objectifs du millénaire pour le développement fixés en 2001 par les Nations Unies, et qui, dans le domaine du VIH/SIDA, prévoient d’inverser la tendance de l’épidémie en 2015.

« Force est de constater que les Objectifs du millénaire pour le développement en matière de santé en Afrique seront hors de portée des peuples africains à l’horizon 2015 », si des efforts supplémentaires ne sont pas fournis, a dit M. Mvouba.

lmm/sm/ail


This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions

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