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La longue route vers l’élaboration d’un vaccin anti-VIH efficace a été semée d’embûches et le laborieux travail des chercheurs n’a pas toujours donné les résultats escomptés. Cependant, les résultats préliminaires d’une étude menée en Afrique du Sud et aux Etats-Unis semblent indiquer que les scientifiques sont désormais sur la bonne voie.
Une deuxième phase d’essais cliniques a été mise en place afin de voir si le vaccin était capable de stimuler des réponses du système immunitaire – système de défense naturel de l’organisme contre les infections – et de tester l’innocuité du vaccin.
Selon le professeur Gavin Churchyard de l’Aurum Institute for Health Research, responsable des essais cliniques effectués en Afrique du Sud, la plupart des participants à qui l’on a inoculé le vaccin et non un placebo ont observé une réaction positive de leur système immunitaire.
Compte tenu de ces résultats concluants, des essais supplémentaires pourront être menés afin de déterminer si le vaccin peut réduire les risques de contamination, ou du moins, ralentir la progression de la maladie chez un patient déjà infecté.
« Il faudra encore compter de nombreuses années avant de parvenir à l’élaboration d’un vaccin efficace, mais la très bonne nouvelle est que nous sommes sur la bonne voie », a annoncé le professeur Gavin Churchyard, vendredi dernier, à Johannesbourg, lors d’une conférence de presse organisée par l’Initiative sud-africaine de vaccination contre le sida (SAAVI) - un organisme qui coordonne la recherche du vaccin contre le VIH et qui est essentiellement financé par le gouvernement.
En Afrique du Sud, 240 personnes, dans trois sites différents, ont accepté de participer à l’étude baptisée HVTN 204 et commanditée par l’Institut américain de la Santé (NIH).
Les participants ont reçu quatre doses. Les trois premières doses contenaient les trois souches les plus courantes de VIH « les gènes contre lesquels nous voulons que le corps réagisse », a expliqué M. Churchyard. La quatrième dose consistait en une version modifiée d’un virus appelé Adénovirus 5, à l’origine du rhume. L’adénovirus sert de « vecteur » pour des reproductions de gènes du VIH, semblables à ceux présents dans les trois premières doses.
A l’heure actuelle, les espoirs reposent sur des vaccins capables de déclencher une réaction du système immunitaire.
Si la méthode la plus couramment utilisée et qui consiste à élaborer des vaccins aidant l’organisme à fabriquer des anticorps contre le VIH n’a obtenu jusqu’à présent que des résultats décevants, c’est à cause de la rapidité à laquelle le VIH mute, a précisé le professeur Lynn Morris, responsable du département VIH à l’Institut national des maladies transmissibles d’Afrique du Sud.
« Nous ignorons quel type de réponse du système immunitaire peut combattre le virus, mais nous savons, en revanche, qu’une réponse immunitaire solide permet de maîtriser le virus », a poursuivi Lynn Morris. « Ce genre de vaccin ne permet certainement pas de lutter contre les nouvelles contaminations, mais il peut aider à contrôler l’évolution du virus chez les personnes déjà infectées ».
Parvenir à réduire la charge virale d’un patient séropositif pourrait avoir indirectement d’importances conséquences sur la propagation de l’épidémie, a estimé le docteur Glenda Gray de l’unité de recherche périnatale du VIH à l’Université de Witwatersrand (PHRU) à Soweto. En effet, plus la charge virale d’un patient est faible, moins cette personne a de risques de contaminer ses partenaires.
Bien que la plupart des vaccins aient des visées préventives, le docteur Efthyhia Vardas, de PHRU, a fait part des résultats préliminaires d’essais cliniques pour un vaccin thérapeutique, élaboré afin d’aider à ralentir la propagation du virus chez les 40 millions de personnes séropositives dans le monde.
Chez les patients séropositifs ayant accepté de participer aux essais, et à qui l’on a inoculé le vaccin conçu par le laboratoire finlandais FIT Biotech Plc, on a pu observer des charges virales beaucoup plus faibles que chez les patients ayant reçu un placebo. Cependant, on ne sait toujours pas s’il s’agit d’effets à long terme, a précisé le docteur Efthyhia Vardas.
En outre, le PHRU et l’Aurum Institute ont recruté 3 000 personnes prêtes à participer à des essais cliniques de phase IIb – les premiers du genre à être menés en Afrique du Sud. Cette étude fournira des données préliminaires sur l’efficacité d’un vaccin appelé HVTN 503, qui a également été élaboré afin de déclencher une réaction du système immunitaire.
HVTN 503 aidera les chercheurs à répondre aux questions concernant l’effet du genre sur la réaction du système immunitaire et il permettra d’établir si un vaccin conçu pour lutter contre le VIH de sous-type B peut également protéger les personnes vivant en Afrique et dans d’autres régions du monde où le virus de sous-type C est le plus répandu. En fonction des résultats de l’étude, des essais cliniques de phase III, de plus grande envergure, pourraient être menées afin de démontrer l’efficacité du vaccin. Il s’agirait alors de la dernière étape avant la fabrication et la distribution du vaccin.
« Il y a toute une série de vaccins en cours d’élaboration », a noté M. Churchyard. « Mais, pour très peu d’entre eux, on atteint le stade des essais d’efficacité », a-t-il ajouté.
L’Afrique du Sud est le seul pays en développement à être impliqué dans la conception de vaccins. Cependant, selon le docteur Glenda Gray, faute de capacités locales, le pays n’a pas les moyens de fabriquer des vaccins et ne peut, par conséquence, jouer un « rôle clé sur la scène internationale ».
En 2008, la conférence internationale sur la recherche vaccinale anti-VIH se déroulera dans la ville du Cap, en Afrique du Sud. Ainsi pour la première fois, cette rencontre annuelle se tiendra en dehors de l’Europe et des Etats-Unis. En conséquence, il est probable qu’à cette occasion, le rôle de l’Afrique du Sud dans la recherche vaccinale anti-VIH soit reconnu.
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