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Une loi pour combattre la stigmatisation liée au VIH/SIDA

Le taux de prévalence du VIH dans l’île de Madagascar est peut être plus faible que celui des pays voisins d’Afrique australe, mais la stigmatisation et la discrimination n’en sont pas pour autant moins répandues. Les activistes et les fonctionnaires du gouvernement espèrent que la loi votée récemment permettra de résoudre le problème.

« Nous allons enfin pouvoir généraliser et appliquer la loi, » a dit Fenosoa Ratsimanetrimanana, secrétaire exécutif du comité national contre le sida (CNLS). La loi prévoit une amende pouvant aller jusqu’à 400 000 ariary (200 dollars américains) pour sanctionner tout acte discriminatoire à l’encontre d’une personne séropositive, et une amende de 1 000 000 ariary (500 dollars américains) pour la divulgation du statut d’un patient.

« L’esprit de cette loi est de mettre fin à la discrimination, pour mieux lutter contre le VIH par la prévention et les campagnes d’information », a dit Robinson Jean Louis, le ministre de la Santé, qui considère que la loi va limiter le « risque d’explosion » du virus.

Yves Bourny, un représentant du Programme commun des Nations Unies pour la lutte contre le sida (ONUSIDA), s’est félicité de cette initiative, la qualifiant de « message fort envoyé par le gouvernement malgache, qui soutient et reconnaît ouvertement les droits des personnes vivant avec le VIH/SIDA ».

Madagascar est encore relativement épargnée par le virus: le CNLS estime le taux d’infection national à 0,95 pour cent. Cependant, le taux de prévalence des infections sexuellement transmissibles (IST) est de quatre pour cent, et selon le ministre de la Santé cela pourrait constituer une « porte d’entrée pour le virus ».

Aucune personnalité malgache importante n’a avoué publiquement sa séropositivité, mais Marc Ravalomanana, le président malgache, s’est fait dépister en février 2006.
 
Selon les estimations de l’ONUSIDA, Madagascar compte quelque 39 000 personnes séropositives, mais seules 89 personnes reçoivent un traitement antirétroviral. Le gouvernement espère que la loi va inciter les personnes séropositives à sortir de l’ombre et à profiter des services VIH, et qu’un plus grand nombre de personnes se feront dépister pour éviter de transmettre le virus sans le savoir.

Néanmoins, tout le monde n’est pas convaincu de l’efficacité de la loi dans certaines de ses dispositions, notamment celle qui prévoit une peine pouvant aller jusqu’à deux ans d’emprisonnement pour transmission du virus VIH par « maladresse, imprudence, inadvertance, négligence ou par un manquement délibéré aux règles ».

« Une loi était nécessaire, mais elle n’est pas assez claire ni assez forte. Dans tous les cas, cela ne m’encourage pas à révéler mon statut », a dit un malgache séropositif qui a souhaité garder l’anonymat.

Reste aussi à voir à quel point la loi sera efficace dans un pays où la stigmatisation et la discrimination généralisées persistent, et où peu de personnes séropositives sont prêtes à parler ouvertement de leur statut.

« Nous avons un travail de sensibilisation important à fournir: certains agents de santé refusent de traiter ces patients ou d’utiliser le matériel [de soin du VIH/SIDA] » a dit Hanta Razafiamanana, un travailleur social.

« Le plus important n’est pas la loi, ce sera de la faire connaître et respecter », a souligné une personne vivant avec le virus au cours d’une discussion dans un groupe de soutien.

Des actions sont menées pour éduquer les personnes sur le VIH/SIDA: le gouvernement espère distribuer près de 400 000 kits de test VIH dans tout le pays d’ici la fin 2007, le CNLS a mis en place des petites unités décentralisées dans 22 régions, et des centres de dépistage dans 116 districts.

Les responsables du développement local, désignés par le Président Ravalomanana, et 17 000 chefs de fokontany - qui dirigent chacun une circonscription administrative, seront directement impliqués dans les projets de lutte contre la maladie. Ces responsables tiendront une réunion de deux jours au cours de laquelle deux heures seront consacrées au débat sur la prévention du VIH/SIDA.

L’église réformée de Fiangonana Jesosy Kristy Madagasikara (FJKM), ou la Communauté de Jésus à Madagascar, qui a 4000 lieux de culte, a accepté de consacrer cinq minutes, à la fin de chaque messe du dimanche, au problème relatif à la lutte contre la discrimination des personnes séropositives.

« Nous travaillons sur ce problème depuis longtemps ; ceci n’est qu’une nouvelle étape », a dit le Pasteur William Razafimahatratra, président du comité de lutte contre le sida du FJKM.

« Nous prêchons l’abstinence et la fidélité, mais ne sommes ni pour ni contre l’usage du préservatif », a-t-il dit. « Nous le considérons comme un médicament et laissons les médecins se charger de l’éducation ».

gp/ur/kn/he/mj/ads


This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions

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