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Jacqueline Kingombe : « Je n’aurais jamais cru que ma propre soeur me jetterait dehors »

La discrimination et la stigmatisation liées au VIH/SIDA ont été très présentes dans la vie de Jacqueline Kingombe, une veuve de 36 ans qui se démène pour élever ses cinq enfants à Bukavu, la capitale de la province du Sud Kivu, à l’est de la République Démocratique du Congo (RDC).

Quand son époux, Gaston Mufula – un soldat - est mort en 2005 à Kinshasa, la capitale, Mme Kingombe n’a pas reçu d’argent de l’armée. Etant donné les difficultés et la cherté de la vie dans la capitale, elle s’est résolue à retourner à Bukavu, sa ville natale. Elle n’avait pas imaginé qu’en arrivant elle aurait à faire face à la stigmatisation et à la discrimination, a-t-elle expliqué à IRIN/PlusNews.

« Ma propre sœur m’a renvoyée de chez elle quand elle a su que j’avais la maladie », a-t-elle dit en essuyant ses larmes. « Tout d’un coup, j’étais dehors dans le froid avec mes cinq enfants. Je n’avais nulle part où aller. Je suis originaire de Shabunda [une ville situé à quelque 200 kilomètres à l’ouest de Bukavu], mais je savais que si j’allais là-bas, je ne pourrais pas survivre longtemps parce que je n’aurais pas accès aux ARV [antirétroviraux].

« C’était une vraie épreuve de trouver une maison à louer. Les propriétaires me jetaient dehors quand ils apprenaient que j’étais séropositive; la stigmatisation me tuait ! Ayant été épouse de soldat, notre vie avait toujours été faite de déplacements d’un endroit à un autre, mais au moins il s’occupait toujours de nous trouver un endroit où vivre et de la nourriture.

« Mon mari est moi avons commencé à tomber malade quand il a été muté à Lubumbashi [capitale de la province de Katanga, dans le sud du pays]. Lorsqu’il a été envoyé à Kinshasa, sa santé s’est détériorée et il y est mort un peu plus tard, à l’hôpital militaire de la ville. Ensuite j’ai décidé de rentrer à la maison [à Bukavu].

« Après avoir été malade pendant longtemps, je me suis rendue à la Fondation femme plus [une organisation non-gouvernementale nationale (ONG)] pour me faire dépister. J’étais séropositive. Je croyais que c’était la fin du monde ; ma vie était terminée.

« Après que ma grande sœur m’ait jetée dehors quand je lui ai parlé de mon statut sérologique, j’ai essayé de louer une maison pour mes enfants et moi, mais je n’avais rien pour vivre et j’étais souvent victime de discrimination de la part de mes voisins et des propriétaires. J’ai fini par chercher refuge chez mon frère, qui, heureusement, m’a acceptée comme j’étais. Il m’a donné une chambre que je partage avec mes cinq enfants; j’y suis toujours.

« En août, cela fera deux ans que je prends des ARV. Je m’inquiète à propos du statut sérologique de mon dernier né, une fille de huit ans. Je l’ai déjà faite dépister une fois, mais je dois la faire dépister encore dans quelques mois pour déterminer son statut.

« Je survis en faisant des petits boulots ici et là. Mon plus gros problème est la faim - le fait de prendre des ARV m’oblige à bien manger, et les ARV me rendent affamée tout le temps. J’ai besoin d’avoir un emploi ou une source de revenus stable afin de pouvoir subvenir à mes besoins, parce que les ARV peuvent être dangereux si l’on ne mange pas bien.

L’autre problème est le traitement des maladies opportunistes. Il est vrai que nous recevons de l’aide pour les ARV et du soutien de la part des ONG, mais quand nous avons d’autres maladies, comme le paludisme ou des troubles intestinaux, nous n’avons nulle part où aller et personne vers qui nous tourner. Si seulement nous pouvions recevoir de l’aide pour ces autres maladies ».

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This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions

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