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Autonomie financière pour des femmes vivant avec le VIH

Un projet de micro-crédit a été lancé en mai pour aider des femmes séropositives libériennes à créer des activités génératrices de revenus et ainsi renforcer leur pouvoir au sein de leur communauté en devenant financièrement indépendantes.

Ces crédits, fournis par le Fond de développement pour les femmes africaines (AWFD) et gérés par la branche libérienne de l’organisation panafricaine Society for women against AIDS in Africa (SWAA), sont destinés à permettre aux femmes séropositives de monter de petits commerces.

Hh Zaizay, directeur exécutif de la SWAA-Liberia, expliqué à IRIN que 25 femmes vivant avec le VIH/SIDA bénéficiaient actuellement de ces financements.

Plusieurs d’entre elles ont déjà ouvert des commerces de restauration, de vente de charbon ou de vêtements après s’être portées candidates aux subventions auprès de la SWAA-Liberia, a-t-il dit.

« Chacune des femmes reçoit 100 dollars pour mettre en place son propre petit commerce et recevra une nouvelle somme cinq mois après réception de la première », a expliqué M. Zaizay.

« Les bénéficiaires des crédits –uniquement des femmes séropositives- doivent payer un taux d’intérêt de 10 pour cent qui sera utilisé pour étendre le projet de crédit afin de permettre à d’autres femmes séropositives d’en profiter », a-t-il ajouté.

L’AWDF, qui finance l’opération, a été fondé en 2000 par un groupe de femmes africaines dans le but de collecter des fonds puis d’accorder des subventions et des crédits aux femmes africaines pour les aider à acquérir davantage de pouvoir et d’autonomie financière sur le continent.

Deux bénéficiaires libériennes ont expliqué à IRIN qu’en raison de leur statut sérologique, elles ne pouvaient pas travailler dans une entreprise car elles y auraient été stigmatisées, alors que l’emprunt leur permettait de rester indépendantes.

Lovetta Warner, 54 ans, vit avec le VIH depuis plus de cinq ans. Elle a dit que le fait de gagner sa vie grâce à sa propre entreprise lui avait fait gagner le respect de son entourage.

« La plupart des Libériens pensent que les personnes vivant avec le VIH/SIDA sont malades et ne peuvent pas se permettre de travailler, mais avec le [crédit], j’ai pu monter un restaurant, ce qui m’a soulagé, et je suis maintenant indépendante, je ne compte pas sur les autres pour ma survie au quotidien », a-t-elle dit à IRIN.

Beatrice Davies, 25 ans, a elle aussi avoué sa fierté de ne pas devoir compter sur les autres pour vivre.

« Je contribue à financer mon alimentation, au moins maintenant je gagne de l’argent en vendant du charbon », a-t-elle dit. « Cela a apporté du changement dans ma vie. Avant d’avoir accès au crédit, je dépendais toujours des dons des membres de ma famille, qui n’allaient pas durer éternellement ».

Ces premières bénéficiaires sont toutes des habitantes de Monrovia, la capitale libérienne. La SWAA-Liberia a précisé que son objectif était d’étendre le programme aux zones rurales avant la fin de l’année.

Avec un taux de prévalence du VIH estimé entre 5,9 et 8,2 pour cent en 2003, respectivement selon les Nations Unies et les autorités locales, le Liberia, qui se relève lentement de 14 ans de guerre civile, est un des pays les plus touchés par l’épidémie de VIH/SIDA en Afrique de l’Ouest.

La forte discrimination liée au VIH/SIDA est un obstacle supplémentaire pour les personnes vivant avec le virus qui cherchent un emploi, dans ce pays où le taux de chômage avoisine les 85 pour cent, selon les Nations Unies.

ak/mj/ail


This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions

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