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Débat sur le traitement précoce des enfants séropositifs

Seuls 15 pour cent des enfants séropositifs qui auraient besoin d’antirétroviraux (ARV) en reçoivent alors que plus les enfants sont traités tôt, plus leur espérance de vie peut être prolongée, ont dit des intervenants lors de la Conférence de l’International AIDS society (IAS) sur la pathogenèse, le traitement et la prévention du VIH, qui s’est tenue du 22 au 25 juillet à Sydney, en Australie.

Le traitement des bébés séropositifs a toujours été difficile : les médecins ont à leur disposition un choix restreint de médicaments, et près de la moitié des enfants qui vivent avec le virus meurent avant d’avoir atteint leur deuxième anniversaire.

Par ailleurs, le traitement de ces enfants est compliqué par le fait que leur système immunitaire n’arrive pas à pleine maturité lors de leur première année, ce qui rend ces enfants particulièrement vulnérables à une progression rapide et mortelle du VIH.

Les directives actuelles de traitement des enfants séropositifs suggèrent que les enfants infectés par le VIH ne devraient recevoir des ARV qu’après avoir montré des signes de la maladie ou un affaiblissement de leurs défenses immunitaires, mais des résultats présentés lors de la conférence de mercredi ont suggéré que plus les bébés vivant avec le virus étaient traités tôt, plus ils vivaient longtemps.

« C’est le premier essai clinique randomisé qui démontre que les enfants traités avant leur troisième mois se portent mieux que les enfants dont on a retardé le début du traitement », a dit le docteur Elias Zerhoui, directeur de l’Institut national (américain) de santé (NIH), qui a parrainé ces tests.

L’étude sur les enfants bénéficiant d’un traitement antirétroviral précoce est mise en œuvre en Afrique du Sud par le Programme international de recherche sur le sida (CIPRA), de la NIH.

Les tests ont commencé en juillet 2005 et ont été conçus pour continuer jusqu’en 2011, mais un examen des premières données qui a eu lieu le mois dernier a indiqué une croissance significative de la survie des enfants ayant reçu un traitement ARV immédiat : 96 pour cent des enfants étaient vivants contre 84 pour cent dans le groupe témoin.

Avy Violari, de l’Université de Witwatersrand en Afrique du Sud, qui a mené ces tests, a indiqué lors de la conférence que le fait de commencer la thérapie antirétrovirale avant les 12 premiers mois réduisait le taux de mortalité prématurée de 75 pour cent.

Quelle est la prochaine étape ?

Les conséquences de cette découverte sur l’action de la santé publique sont importantes : « Nous pensons que ces données sont incontestables. C’est un résultat très convaincant et il incombe maintenant aux politiques de décider de ce qu’ils veulent en faire », a affirmé à IRIN/PlusNews le responsable du CIPRA, le docteur James McIntrye.

Les données, qui ont déjà été enregistrées auprès de l’Organisation mondiale de la santé, devraient inciter les experts à initier un changement des normes de soins dans beaucoup de régions du monde, a indiqué dans un rapport le NIH.

Cependant, Annette Sohn, professeur en Maladies pédiatriques infectieuses à l’Université de Californie, San Francisco, a estimé que « le but de ce traitement pour les enfants devrait prendre en compte à la fois la volonté de stopper les effets de l’infection au VIH et les effets à long terme des antirétroviraux chez les enfants ».

En effet, les enfants qui commencent à prendre un traitement ARV précoce et qui durera sur le long terme seront probablement forcés de se diriger par la suite vers un médicament de deuxième ou troisième ligne plus difficile à supporter et plus cher, étant donné que le virus deviendra de plus en plus résistant au traitement de première ligne.

« Quel est l’avenir de ces enfants qui on déjà recours aux traitements de deuxième ligne alors qu’ils n’ont que cinq ans ? », a demandé le professeur Sohn.

Un manque de traitements adaptés aux enfants

Seule une minorité des enfants infectés par le VIH ont accès aux ARV car les médicaments sont encore uniquement disponibles dans des formulations pour adultes.

Les entreprises pharmaceutiques n’ont pas encore développé de combinaison de traitement à dose fixe approprié pour les enfants, aussi les médecins doivent-ils souvent composer un mélange de trois doses adultes tout au long du développement de l’enfant.

Pour déterminer les doses correctes, les travailleurs sociaux devraient idéalement adapter le dosage des trois médicaments à la « surface » de l’enfant – un résultat obtenu par une formule compliquée qui consiste à multiplier le poids de l’enfant par sa taille, le diviser par 3 600 pour finalement prendre la racine carré du résultat.

Ce genre de calcul est souvent impossible à faire, et les établissements sanitaires sont forcés de simplifier ce calcul en basant la dose composée de sirop et de pilules écrasées uniquement sur le poids de l’enfant.

Il y a des risques pour que les enfants infectés par le VIH subissent une overdose, avec des effets secondaires accrus ; en effet, on préfère sur-doser que sous-doser, ce qui peut finalement mener à une résistance au traitement.

« Nous devons étendre la couverture du traitement, et faire ce que nous devons afin d’obtenir des meilleurs antirétroviraux pour les enfants », a résumé Mme Sohn.

kn/ks/he/sm/ail


This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions

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