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Un forum mondial pour les femmes infectées par le VIH

Le sida ne voyage plus seulement avec les camionneurs le long des routes africaines. Il se déplace en classe affaires avec des hommes en costume, s’invite dans le lit conjugal et sur le lieu de travail, et affecte de manière disproportionnée les femmes et filles africaines en raison des inégalités de genre.

C’est avec ces mots que l’activiste du Tobago Deborah Williams a ouvert mercredi à Nairobi, Kenya, le Forum pour les femmes infectées par le HIV/SIDA, le plus grand rassemblement jamais organisé pour des femmes séropositives venues des quatre coins du monde.

Ce rassemblement d’une journée a été initié par la Communauté internationale des femmes infectées par le VIH/SIDA et l’Association mondiale des jeunes femmes chrétiennes.

« Pour une fois, les femmes infectées par le VIH sont à l’intérieur de la tente, et non à l’extérieur » a dit dans son discours d’ouverture Mary Robinson, ancienne Haut commissaire aux Nations Unies pour les droits de l’homme et ex-présidente de l’Irlande.

Les principales questions qui ont été posées par les centaines de femmes séropositives lors de ce forum étaient : si les femmes sont importantes, où est leur leadership, et où est l’argent ?

Selon le directeur exécutif du Programme commun des Nations Unies sur le sida, Peter Piot, on s’attend à ce que 10 milliards de dollars soient dépensés cette année pour combattre l’épidémie dans le monde.

Aussi, les questions qui fâchent ne portaient-elles pas sur le montant, mais « sur la responsabilité, où va l’argent, et pourquoi est-il si difficile pour les femmes et les organisations locales d’avoir accès à ces fonds », a-t-il dit.

Sisonke Msimang, coordinatrice des programmes VIH/SIDA pour Open society initiative for Southern Africa, une fondation philanthropique basée en Afrique du Sud, a estimé que le temps était venu d’appuyer les politiques et les déclarations par des ressources financières.

« Nous savons quel est le problème. Partout dans le monde, disséminées, il existe de bonnes recherches, et de bonnes amorces de projets commencent à voir le jour », a-t-elle dit. « Nous avons désormais besoin de fonds afin de transformer les mots en actions ».

Reprenant cette idée, Dorien Taylor, du Canada, a dit : « Nous voulons participer aux discussions, nous voulons plus d’argent et des projets adaptés aux femmes infectées par le VIH ».

Nouvelles frontières pour le VIH

Conséquence des 25 années de présence du VIH/SIDA dans le monde, une nouvelle génération d’activistes séropositives s’est révélée au forum : ce sont des adolescentes qui n’ont jamais vécu dans un monde sans sida et sont nées infectées par le virus.

Si les circonstances de leur vie peuvent considérablement différer de la génération précédente des activistes de la lutte contre le sida, leurs expériences, elles, ne sont pas si différentes.

Matha Judith Naigwe, une Ougandaise de 22 ans, et Stéphanie, une Australienne de 15 ans, ont toutes les deux grandi « dans le monde glacé et étouffant du sida », comme l’a défini Stéphanie, qui dit n’avoir pas eu une enfance normale à cause de la discrimination qu’elle a subie.

Les consommateurs de drogue par injection, qui sont stigmatisés même par les autres personnes infectées au VIH, ont trouvé un avocat éloquent en la personne de Irina Borushek, une économiste ukrainienne qui était devenue dépendante à l’héroïne mais a décroché de la drogue en 1996, avant d’être diagnostiquée séropositive trois ans plus tard.

Mme Borushek a dit à IRIN/PlusNews qu’il lui avait été plus facile d’affirmer en public qu’elle était séropositive plutôt que de révéler son statut d’ancienne toxicomane.

« J’ai été très contente lorsque les voix des femmes toxicomanes infectées par le VIH se sont fait entendre pour la première fois aux Nations Unie en 1995 », a-t-elle dit. « Ils sont triplement stigmatisés ».

A travers le Réseau ukrainien des personnes vivant avec le VIH qu’elle dirige, Mme Borushek a poussé son gouvernement à fournir des traitements antiretroviraux à 4 000 personnes et de la méthadone à 500 toxicomanes en phase de désintoxication en 2006.

Comme il est d’usage dans les rassemblements des femmes infectées par le VIH, des histoires ont été racontées et des expériences personnelles ont été partagées.

« Parler est une étape importante pour les femmes qui ont été marginalisées, discriminées et acculées au silence », a indiqué Dorien Taylor.

Alors que des centaines de femmes en turbans, boubous, kangas, ponchos et jeans chantaient et dansaient à la cérémonie de fermeture, leur expérience commune de vivre avec le VIH était bien plus forte que leurs différences.

Le forum a précédé le premier Sommet international des femmes sur le VIH/SIDA, une conférence qui se tient du 5 au 7 juillet a Nairobi, au Kenya, auquel 1 800 participants de 95 pays sont attendus.

ms/ks/he/sm/ail


This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions

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