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La prévention de la transmission du VIH mère-enfant trouve son public

Huit mois après son lancement national, le programme de prévention de la transmission du VIH de la mère à l’enfant (PTME) au Liberia est de plus en plus demandé par les femmes enceintes, qui sont aujourd’hui plus de 900 à se faire dépister chaque mois, selon les autorités.

« Depuis que nous avons commencé ce programme en novembre, l’affluence de femmes enceintes dans les hôpitaux et les cliniques dans lesquels nous avons mis en place ce programme est très impressionnante» a dit Josephine Freeman, coordinatrice nationale de la PTME, qui fait partie du Programme national de lutte conte le VIH/sida (NACP).

En novembre, moins de 20 femmes enceintes s’étaient faites dépister au VIH dans les neuf centres de santé qui proposent ce service sur tout le territoire, a dit Mme Freeman. Ce nombre a ensuite rapidement augmenté : depuis janvier, elles sont au moins une centaine de femmes à se faire dépister chaque mois dans les centres de ce pays de 3,2 millions d’habitants.

C’est la campagne de sensibilisation très importante menée par les infirmières et les sages femmes auprès des femmes enceintes dans le cadre des consultations prénatales dans les hôpitaux et les centres de santé qui a permis cette affluence croissante, selon Mme Freeman, qui a salué la mobilisation des personnels de santé.

Pate Chon, à la tête du service VIH/SIDA de l’hôpital ELWA, l’un des trois centres de Monrovia, la capitale libérienne, à proposer le service de PTME, a dit à IRIN/PlusNews que six femmes enceintes séropositives avaient reçu des antirétroviraux (ARV) et que leurs bébés étaient tous nés séronégatifs.

Le programme PTME permet, grâce à un cocktail d’antirétroviraux administré à la mère séropositive, avant et après l’accouchement, et à l’enfant dans les heures qui suivent sa naissance, de réduire considérablement le risque de transmission du virus au nouveau-né. Sans intervention, le taux de transmission se situe entre 20 et 45 pour cent, selon les experts.

« Au début les femmes étaient réticentes à venir passer le test [de dépistage du VIH], mais aujourd’hui le programme est un succès dans notre hôpital» a constaté Pate Chon.

Les autorités sanitaires ont dit être en train de collecter les données des différents sites de PTME et ne pas être en mesure pour l’instant de fournir des indications sur le taux de prévalence du VIH parmi les femmes enceintes dépistées dans le cadre du programme.

Outre les trois structures qui proposent la PTME dans la capitale, les six autres services se trouvent en zone rurale, dans six des 15 comtés du Liberia : Nimba, près de la frontière avec la Guinée au nord-ouest, Grand Gedeh et Maryland, frontaliers avec la Côte d’Ivoire à l’est, ainsi que les comtés côtiers de Grand Bassa, Margibi et Montserrado, dans le sud.

Etant donné le succès de la PTME auprès des femmes enceintes auxquelles elle est proposée, le gouvernement libérien et le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF) qui finance le programme, espèrent pouvoir étendre rapidement ce service, fourni gratuitement, dans d’autres centres ruraux.

«La PTME est une partie importante de notre combat contre le VIH/SIDA au Libéria», a poursuivit Mme Freeman, indiquant travailler actuellement à ce que « d’ici la fin de l’année, le programme [puisse] couvrir presque tous les comtés ».

Manque de personnels de santé

Mme Freeman a néanmoins souligné que l’extension du service risquait de se heurter à la pénurie de personnels de santé que connaît ce pays qui sort de 14 ans de guerre civile, au cours de laquelle les structures sanitaires ont été détruites et les personnels de santé poussés à l’exil.

Un rapport du ministère libérien de la Santé intitulé « Evaluation rapide de la situation de la santé au Libéria » et rédigé en 2006 a révélé que le Liberia ne disposait que de 168 médecins et 453 infirmières pour l’ensemble de la population du pays, avec un fort déséquilibre entre les régions, les professionnels exerçant en majorité dans les zones urbaines.

Le rapport estime qu’il faudrait au moins six fois plus de médecins et plus du double d’infirmières pour couvrir a minima les besoins de la population, soulignant également des difficultés au niveau de la vérification des qualifications de certains professionnels.

Mme Freeman a estimé que l’extension du programme PTME risquait de souffrir du manque de personnels qualifiés et a plaidé pour qu’une solution soit trouvée rapidement pour remédier à cette pénurie.

« Pour que nos projets soient menés à bien, nous avons besoin de plus d’infirmières, de sages femmes et d’accoucheuses traditionnelles pour implanter la PTME » a-t-elle dit.

Les résultats d’une étude sentinelle menée en 2006 pour déterminer le taux de prévalence du VIH au Liberia sont attendus dans les prochaines semaines. En 2003, à la fin de la guerre civile, le taux de prévalence du VIH était estimé à 8,2 pour cent, d’après les autorités, et à 5,9 pour cent selon les Nations Unies, soit les taux les plus élevés d’Afrique de l’Ouest.

ak/mj/ail


This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions

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