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Le dépistage du VIH doit être repensé – Nations Unies

En Afrique subsaharienne, moins de 12 pour cent des hommes et 10 pour cent des femmes ont subi un test de dépistage du VIH et ont été informés du résultat, et ce malgré une forte sensibilisation à l’épidémie et un meilleur accès aux traitements prolongeant l’espérance de vie dans le secteur de la santé publique.

Fin mai, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a demandé aux professionnels de santé de recommander de manière systématique le dépistage du VIH aux patients fréquentant leurs établissements, pour que davantage de personnes connaissent leur statut sérologique.

Jusqu'à tout récemment, le conseil et le dépistage du VIH se faisaient avant tout à l'initiative du client, ce qu'on appelle aussi le conseil et dépistage volontaire (CDV), et non à l’initiative du soignant.

« L’OMS et l’Onusida [Programme commun des Nations Unies sur le sida] soutiennent résolument la poursuite du développement du conseil et du dépistage du VIH à l’initiative du client, mais ils reconnaissent aussi le besoin d’adopter de nouvelles approches, innovantes et variées », ont souligné les deux agences onusiennes dans le ‘Guide du conseil et du dépistage du VIH à l’initiative du soignant dans les établissements de santé’, publié fin mai.

Les établissements de santé « constituent un point de contact essentiel avec les personnes infectées par le VIH qui ont besoin de prévention, de traitement, de soins et de soutien », rappelle le guide.

Le recours au conseil et au dépistage à l'initiative du client s'est heurté à la faible disponibilité des services, à la peur de la stigmatisation et de la discrimination, ainsi qu'à l'idée qu'ont de nombreuses personnes de ne pas être exposées au risque.

Aujourd'hui, environ 80 pour cent des personnes vivant avec le VIH dans les pays à revenu faible ou intermédiaire ignorent qu'elles sont séropositives, a relevé l’OMS.

« L'élargissement de l'accès au conseil et au dépistage du VIH est un impératif à la fois pour la santé publique et du point de vue des droits de la personne », a déclaré le docteur Kevin De Cock, directeur à l'OMS du département VIH/SIDA, lors d’une conférence de presse.

Sans une « extension majeure du conseil et du dépistage du VIH dans les établissements de soins, l'accès universel à la prévention, au traitement du VIH et aux soins restera un vœu pieux », a-t-il poursuivi.

Un changement d’approche a pu être noté dans divers pays d’Afrique. Par exemple, le Botswana, le Kenya et la Zambie ont déjà mis en place un service de conseil et de dépistage du VIH à l'initiative du soignant dans leurs établissements de santé.

« En Zambie, le dépistage à l’initiative du soignant a tout d’abord été adopté dans le cadre du dépistage du VIH pédiatrique ainsi que par les cliniques pédiatriques et les services traitant les patients atteints de tuberculose et d’infections sexuellement transmissibles », a expliqué le docteur Paul De Lay, directeur de suivi et évaluation à l’Onusida.

En intégrant le dépistage du VIH aux services de santé conventionnels, le Botswana a permis à un nombre accru de patients de subir un test de dépistage.

En effet, en 2005, 83 pour cent des patients botswanais ont été dépistés au VIH contre 64 pour cent en 2004, et le nombre de mères séropositives ayant accès aux médicaments antirétroviraux (ARV) afin de lutter contre la transmission du virus de la mère à l’enfant a également sensiblement progressé.

S’adapter au contexte du pays

Cependant, l’efficacité d’un dépistage à l’initiative du soignant dans un pays aux ressources limitées, où les ARV et autres services de lutte contre le sida ne sont pas disponibles, suscite le débat.

« Nous ne recommandons pas le dépistage à lui tout seul », a précisé M. de Lay. « Nous espérons que la phase du dépistage ira de pair avec la phase du traitement. »

Certains agents de santé communautaire craignent que le dépistage du VIH systématique dans les centres sanitaires n’accroisse la stigmatisation et ne décourage les malades de se faire soigner pour d’autres maladies.

Cependant, l’OMS et l’Onusida soulignent que le guide insiste sur l’importance du consentement et de la confidentialité dans le cadre d’un dépistage du VIH.

« Le guide ne doit pas être lu comme un changement vers le dépistage du VIH obligatoire », a prévenu M. de Lay. « Il défend les droits de la personne à des soins de santé ».

Afin de lutter contre la stigmatisation qui accompagne l’épidémie, la gestion du VIH/SIDA doit être considérée comme une composante normale du traitement médical, a dit Zackie Achmat, responsable du groupe de pression sud-africain Treatment Action Campaign (TAC).

« J’ai subi un test de dépistage du VIH en 1990, et comme j’ai été dépisté de bonne heure, j’ai pu débuter un traitement tôt », a-t-il confié. « Depuis mon diagnostic, j’ai eu quatre partenaires séronégatifs différents, et ces personnes sont toujours séronégatives. Encore une fois, cela a été possible car j’ai été dépisté et que j’ai pu prendre les précautions nécessaires. »

Zackie Achmat a insisté sur le fait que le dépistage devait être effectué dans un contexte de non-discrimination, pour que toute la population puisse avoir accès aux services.

Le guide donne des indications en fonction de la situation locale. Ainsi, en cas d'épidémie généralisée, le conseil et le dépistage du VIH doivent être recommandés à tous les patients fréquentant les établissements de santé, alors qu’en cas d’épidémies concentrées ou peu étendues, les pays envisageront de recommander le conseil et le dépistage du VIH à tous les patients dans certains établissements spécialisés (soins prénatals, tuberculose, santé sexuelle).

kr/kn/cd/ail

Guide du conseil et du dépistage du VIH à l’initiative du soignant dans les établissements de santé (en français) : www.who.int


This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions

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