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La pénurie de personnel de santé compromet l'accès aux traitements antirétroviraux

La grave pénurie de personnel de santé compromet à la fois la qualité et l’accès aux traitements contre le VIH/SIDA en Afrique australe, a prévenu jeudi l’organisation médicale internationale Médecins sans frontières (MSF).

Dans un récent rapport sur la situation au Lesotho, au Malawi, au Mozambique et en Afrique du Sud, MSF a noté que, dans chacun de ces pays, plus d’un million de personnes avaient besoin de médicaments antirétroviraux (ARV), mais ne pouvaient y accéder.

Selon Rachel Cohen, la responsable de la mission MSF au Lesotho, ce problème s’explique en partie par les efforts de généralisation du traitement antirétroviral dans la région, ceux-ci ayant amené les personnels soignants à émigrer vers les pays offrant de meilleurs salaires et de meilleures conditions de travail.

« Au Lesotho, par exemple, il n’y a que 89 médecins et 80 pour cent d’entre eux sont des ressortissants d’autres pays africains qui attendent d’avoir la certification en Afrique du Sud pour toucher de meilleurs salaires », a affirmé Mme Cohen.

Toujours selon le rapport, la pénurie de médecins – moins de 2 médecins pour 100 000 patients – a rendu les cadres médicaux subalternes tels que les personnels infirmiers encore plus indispensables pour administrer des soins, mais la pénurie de main d’œuvre touche aussi ces professionnels de la santé.

« Depuis mai 2007, 54 pour cent des postes d’infirmières professionnelles dans les centres de santé sont [vacants] », a noté le rapport.

Le Lesotho affiche non seulement le troisième taux de prévalence du VIH le plus élevé au monde (23,2 pour cent des 1,8 million d’habitants que compte le pays sont séropositifs), mais ce petit royaume montagneux d’Afrique australe est aussi le 149ième des 170 pays les plus pauvres de la planète.

Selon le docteur Eric Goemaere, responsable de la mission MSF en Afrique du Sud, les financements limités des bailleurs de fonds n’arrangent pas la situation.
« Bien qu’ils soient parfaitement informés de la crise, les bailleurs de fonds n’entendent pas couvrir les charges fixes que représentent les salaires des personnels de santé. Ils préfèrent financer la construction d’autres dispensaires sans penser au personnel qui devra les gérer ».

« Les personnes séropositives n’ont pas seulement besoin de médicaments et de dispensaires ; elles ont également besoin de personnel médical bien formé et motivé, capable de poser un diagnostic, de les suivre et de leur prodiguer des soins. [...] La contribution actuelle des bailleurs de fonds n’est qu’une goutte d’eau dans la mer ».

Pour Veronica Chifaka, une infirmière chef travaillant pour MSF au Malawi, la pénurie de personnel soignant pose de graves problèmes.
« Dans les zones rurales, 60 pour cent des postes d’infirmière sont vacants. Notre programme thérapeutique se heurte à de nombreuses difficultés parce qu’il n’y a pas assez d’infirmières, de médecins et d’aides médicales. [...] Le peu de personnel à notre disposition est non seulement submergé par la charge de travail, mais il meurt lui aussi de maladies opportunistes », a-t-elle déclaré.

Même en Afrique du Sud où les agents de santé sont mieux payés que leurs collègues de la plupart des autres pays d’Afrique australe, la mauvaise répartition des personnels de santé et leur nombre insuffisant entraînent des retards dans l’extension du traitement.


This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions

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