1. Accueil
  2. West Africa
  3. Nigeria
  • News

Le rôle des personnes séropositives trop limité - ONG

Les personnes vivant avec le VIH/SIDA au Nigeria sont de plus en plus impliquées dans la lutte contre la pandémie, mais sans formation ni moyens, leur rôle dans l’élaboration des stratégies reste limité, ont dit des activistes.

«Ce que nous voyons, c’est une poignée de personnes séropositives qui sont intégrées dans certains programmes d’organisations non gouvernementales [ONG], au lieu d’avoir des gens séropositifs à l’origine de programmes contre le sida», a expliqué à PlusNews Oba Oladapo, de Positive Life Association of Nigeria (PLAN).

Il a ajouté que rares étaient les personnes séropositives capables d’écrire des projets susceptibles d’attirer des financements, une lacune que devrait tenter de combler le Réseau des personnes vivant avec le sida au Nigeria, en anglais NEPWHAN.

Le NEPWHAN, dirigé par le docteur Pat Matemilola, a été créé en 1998 pour coordonner les activités des groupes de personnes vivant avec le VIH, engagés en faveur d’une réponse nationale contre la pandémie. En moins de 10 ans, 170 groupes de soutien ont rejoint le réseau.

Ces dernières années, de nombreuses ONG ont été créées au Nigeria par des personnes vivant avec le VIH/SIDA pour défendre des questions qu’elles pensaient être insuffisamment débattues, ou pour améliorer des campagnes existantes, ont expliqué les activistes.

Ce mouvement associatif a permis d’imposer les personnes séropositives au sein des instances de réflexion et de coordination des stratégies nationales de lutte contre la pandémie ; elles saisissent ainsi, et de plus en plus, l’opportunité d’impulser une direction aux programmes anti-sida, ont-ils dit.

«Notre expérience a montré que les personnes vivant avec le VIH devraient être au premier plan des campagnes anti-sida parce qu’elles apportent un témoignage indispensable et sont à même d’aborder des questions clé. C’est ce qui explique l’apparition soudaine de nombreux groupes de soutien», a analysé Oba Oladapo.

C’est ainsi qu’après des années de revendication, le Mouvement nigérian d’action pour le traitement (Treatment Action Mouvement, TAM) a obtenu, début 2006, la gratuité des traitements antirétroviraux pour des patients bien souvent incapables de s’acquitter des sommes demandées par le système national de santé.

Selon les Nations unies, 66 pour cent des Nigérians vivent dans un état de pauvreté absolue, avec moins d’un dollar par jour.

Pour Oba Oladapo, il est désormais urgent de responsabiliser et d’améliorer les capacités de gestion des personnes séropositives de façon à ce qu’elles puissent concevoir et mener leurs propres programmes, une nécessité au Nigeria devenu le troisième pays le plus affecté au monde par l’épidémie en terme de nombre de personnes concernées, après l'Inde et l'Afrique du Sud.

Sous la houlette du NEPWHAN et de Pat Matemilola, récemment récompensé par le système des Nations unies pour son engagement en faveur des personnes vivant avec le sida, 3 000 personnes ont été formées, plus d’un millier ont participé à des rencontres nationales, régionales ou internationales et 28 groupes de soutien ont développé des activités à même de faire vivre leurs membres.

Une quinzaine d’ONG de personnes vivant avec le VIH/SIDA a pu bénéficier d’un espace de travail et d’équipements, ainsi que d’une formation technique à la rédaction de projets de financement et au soutien nutritionnel de plus de 40 000 personnes séropositives au Nigeria.

Le NEPWHAN s’emploie aussi à convaincre les Etats de la fédération nigériane du bien-fondé de cette stratégie, en contribuant notamment au développement d’un cadre stratégique pour chacun des 36 Etats et le territoire d’Abuja, la capitale nigériane.

Selon Pat Matemilola, ces réalisations témoignent de l’importance des besoins et du désir des personnes vivant avec le VIH/SIDA de prendre leur destin en main.

Tout en reconnaissant les avancées obtenues par le NEPWHAN, les personnes vivant avec le virus ont estimé que le réseau doit encore faire beaucoup pour qu’elles puissent réellement participer au processus de prise de décisions.

«Le NEPWHAN a obtenu un peu, mais pas autant que prévu puisque c’était là son rôle premier», a expliqué Ola Oladapo. «Nous devons mettre l’accent sur le renforcement des capacités, appuyer davantage de personnes séropositives plutôt que d’offrir de la nourriture.»

Pour Ibrahim Umoru, qui travaille pour l’organisation médicale internationale Médecins sans frontières à Lagos, le grand centre urbain du Nigeria, le NEPWHAN «ne se débrouille pas trop mal» mais il pourrait en effet mieux faire.

«Beaucoup de personnes séropositives ont besoin d’être responsabilisées au-delà de ce qui a déjà été réalisé», a-t-il dit. «Nous devons nous assurer qu’elles sont conscientes de leurs droits plutôt que de politiser à outrance la conduite du réseau. Le plaidoyer n’est pas assez bon et nous devons travailler dur sur cet aspect si l’on veut améliorer le sort de la personne séropositive.»

lo/ab/ail

This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions

Partager cet article

Our ability to deliver compelling, field-based reporting on humanitarian crises rests on a few key principles: deep expertise, an unwavering commitment to amplifying affected voices, and a belief in the power of independent journalism to drive real change.

We need your help to sustain and expand our work. Your donation will support our unique approach to journalism, helping fund everything from field-based investigations to the innovative storytelling that ensures marginalised voices are heard.

Please consider joining our membership programme. Together, we can continue to make a meaningful impact on how the world responds to crises.

Become a member of The New Humanitarian

Support our journalism and become more involved in our community. Help us deliver informative, accessible, independent journalism that you can trust and provides accountability to the millions of people affected by crises worldwide.

Join