Selon l’organisation américaine, la détérioration des structures de santé après 14 années de guerre civile a rendu la lutte contre la pandémie difficile.
«La menace que représente le VIH/SIDA a été largement ignorée, aucun effort systématique ni coordonné n’a été entrepris pour freiner sa propagation», a dit IRC dans un communiqué.
Fin 2003, le taux de prévalence au VIH/SIDA au Liberia atteignait 5,9 pour cent d’une population estimée à 3,2 millions d’habitants, selon les Nations unies. Les autorités libériennes évaluaient ce taux à 8,2 pour cent de la population.
Compte tenu du niveau d’infection, IRC a fustigé le manque d’efficacité des campagnes de sensibilisation et d’éducation de masse sur la transmission du VIH et les moyens de s’en protéger.
«Le Liberia offre un terrain fertile pour la propagation du virus», a dit IRC.
Pour James King, le responsable de Media contre le sida, le plus important groupe de pression contre le VIH au Liberia, l’absence de campagne coordonnée d’information de masse doit être considérée comme l’un des facteurs responsables de la diffusion du virus au sein de la population.
«Les différentes structures impliquées dans cet exercice ne coordonnent pas les messages aux populations cibles sur la transmission et la prévention, cela représente un risque majeur de propagation du virus», a dit James King à PlusNews mercredi.
IRC a également souligné le danger que représentait, pour la population libérienne, l’absence de service national de transfusion sanguine ou de banque du sang. «Cela met en danger ceux qui ont besoin d’être transfusés, qui peuvent attraper le VIH, des hépatites et la syphilis à travers du sang non testé.»
Le Liberia possédait une banque du sang avant le démarrage de la guerre, en 1989, mais des années de conflit ont mis à mal l’établissement, qui a cessé de fonctionner.
Selon le docteur Bernice Dahn, qui travaille auprès du gouvernement, des pourparlers ont déjà démarré entre l’Etat et des bailleurs internationaux pour rouvrir cette banque du sang.
Le médecin a également précisé que le gouvernement travaillait à la décentralisation des programmes de prévention et de sensibilisation à l’épidémie, toujours concentrés autour de la capitale, Monrovia.
La ville côtière abrite la moitié des 18 centres de dépistage et de conseil du pays.
Selon une enquête du Fonds des Nations unies pour l’enfance, Unicef, menée dans huit des 15 comtés du pays, un jeune sur dix avait utilisé un préservatif au cours des premiers rapports sexuels. Pourtant, neuf jeunes sur 10 savaient que le VIH pouvait se transmettre lors de relations sexuelles et six savaient qu’un préservatif pouvait les protéger de l’infection.
Selon l’Unicef, cette ‘contradiction’ apparente entre les connaissances et les pratiques impose une modification des messages et des interventions en direction de la jeunesse libérienne, afin de les rendre plus efficaces et davantage ciblés sur la menace que représente le VIH pour leur vie.
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