Se fondant sur les résultats d’une étude menée en 2005 dans l’état d’Ibadan, dans le sud-est du Nigeria, deux organisations de lutte contre le VIH/SIDA ont affirmé, au cours d’une table ronde organisée par l’ONG nigériane Journalistes contre le sida (JAAIDS), que les connaissances de ce groupe vulnérable concernant le VIH «étaient très faibles».
Ainsi, nombreuses sont les personnes handicapées qui n’ont pas conscience de devoir limiter le nombre de leurs partenaires pour éviter l’infection au VIH : près de 70 pour cent des personnes interrogées ont admis avoir eu des relations non protégées avec plus d’une personne au cours de l’année.
«Plus d’hommes que de femmes handicapés ont reconnu avoir eu des partenaires sexuels multiples et avoir très peu utilisé les préservatifs», a rapporté l’étude.
Pour les associations Positive Life in Nigeria (Plan) et World Outreach to the Disabled, il y a «un grand besoin d’études approfondies et d’un plus grand intérêt sur la question du rapport entre handicap et VIH, dans le but d’impliquer davantage les personnes handicapées dans des programmes VIH/SIDA appropriés».
Bien que toutes les personnes handicapées interrogées lors de cette étude aient affirmé avoir entendu parler du VIH et du sida, seulement 11 pour cent d’entre elles pouvaient expliquer la différence entre ces deux termes, ont précisé les ONG.
«Le cadre de la prévention du VIH/SIDA, des soins et du soutien aux personnes handicapées doit être défini précisément tandis que les questions relatives au handicap doivent intégrer les programmes d’intervention généraux, ainsi que tous les aspects de notre vie ensemble», ont dit les ONG.
Malgré toutes les campagnes de sensibilisation menées par le Nigeria, 68 pour cent des Nigérians pensent toujours que serrer la main ou partager les toilettes d’une personne vivant avec le VIH peut transmettre le virus.
En outre, de nombreuses personnes handicapées sont violées ou sexuellement malmenées. Seule une bonne information sur les risques de contamination au VIH/SIDA peut les rendre moins vulnérables, a expliqué David Aniele, membre de Centre for Citizens with Disabilities.
«Prendre en considération les besoins des personnes handicapées dans les programmes VIH/SIDA au Nigeria devrait être aussi élémentaire que le droit à la vie, dont nous profitons tous», a-t-il ajouté.
Compte tenu du taux national de séroprévalence de 4,4 pour cent, selon les autorités, près de quatre millions de personnes vivent avec le VIH au Nigeria, le plus peuplé des pays africains avec environ 130 millions d’habitants et le troisième pays le plus lourdement touché par l’épidémie en nombre de personnes infectées, après l’Inde et l’Afrique du Sud.
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