En juin 2004, le conseil d’administration du Fonds mondial a approuvé une demande de financement de 7,6 millions de dollars sur deux ans, soumise par les autorités libériennes, pour lutter contre le sida dans ce petit pays ravagé par 14 ans de guerre civile.
Lancés en décembre de la même année, les programmes mis en place grâce à cette subvention prendront fin en décembre, si de nouveaux financements ne sont pas injectés pour les poursuivre, a dit Lwopu Bruce, responsable du NACP.
Le gouvernement libérien avait soumis une demande de subventions sur deux ans et non sur cinq, comme la plupart des autres pays, et il n’aura pas les moyens de prendre le relais du Fonds mondial pour fournir des traitements ARV aux populations, a-t-elle dit, dans un pays qui manque de tout, eau, électricité, infrastructures routières et sanitaires.
Pour tenter d’éviter l’interruption des programmes ARV, le Liberia a donc répondu à l’appel à proposition lancé par le Fonds mondial dans le cadre de son sixième cycle de financement, comme 97 autres pays, en majorité situés en Afrique subsaharienne.
«Nous avons demandé au Fonds mondial d’inclure le Liberia dans son prochain cycle de financement, mais si notre demande est rejetée, nous nous ferons énormément de souci puisque de plus en plus de personnes suivent un traitement ARV», a indiqué Lwopu Bruce. «C’est l’espoir de recevoir des ARV qui nous fait vivre», a-t-elle ajouté.
Le montant total de demandes de subventions au Fonds mondial, pour lutter contre les trois épidémies au cours des cinq prochaines années, s’élève à 5,8 milliards de dollars –une somme bien supérieure aux fonds actuellement disponibles, a prévenu l’organisme international de financement début août.
Ces demandes doivent être examinées par le conseil d’administration de l’organisme international en novembre. Selon le Fonds mondial à Genève, en Suisse, le Liberia peut avoir accès à une continuation des subventions s’il en fait la demande, au même titre que les autres pays.
Aujourd’hui, 715 personnes suivent un traitement ARV dans le cadre des programmes financés par le Fonds mondial au Liberia, a dit Mme Bruce, et les besoins sont énormes.
«Nous avons étendu nos programmes de lutte contre le VIH/SIDA au régions rurales. Par conséquent, de nouvelles personnes subiront des tests de dépistage et devront certainement débuter une thérapie ARV. Le nombre de personnes dont l’état de santé nécessitera un traitement augmentera donc et au moins 1 000 malades auront besoin d’ARV d’ici la fin de l’année», a-t-elle précisé.
Jackline Toe, responsable de Light Association, une association libérienne de personnes vivant avec le VIH, a plaidé en faveur de la poursuite des programmes de distribution gratuite d’ARV.
«C’est notre principal souci à nous qui vivons sous ARV. Après le mois de novembre, lorsque les stocks seront épuisés et non renouvelés, la plupart d’entre nous mourrons puisque seuls les médicaments nous permettent de continuer de vivre avec la maladie », s’est-elle alarmée.
En juillet, la Fondation Clinton, de l’ancien président américain Bill Clinton, s’est engagée auprès du gouvernement libérien à fournir des ARV meilleur marché et du matériel de soutien afin de lutter contre le VIH/SIDA dans ce pays qui tente depuis trois ans de se relever de la guerre.
Signe d’espoir que le Liberia pourrait bénéficier d’un autre financement de l’organisme international, selon Mme Bruce, «nous avons appris que les ARV fournis par la Fondation Clinton seraient distribués non pas directement par le gouvernement libérien, mais via le Fonds mondial».
Pour l’instant, les rares médecins habilités à prescrire ces médicaments contre le sida travaillent à l’hôpital catholique St Joseph et à celui de ELWA, tous deux à Monrovia, ainsi qu’au sein du centre sanitaire de la plantation Firestone.
Le centre sanitaire de Firestone, près de l’aéroport international, à environ 50 kilomètres de Monrovia, est destiné aux employés de la plus grande plantation d’hévéas du pays.
Le NACP a indiqué qu’environ 15 médecins supplémentaires avaient suivi une formation dispensée par le gouvernement libérien et ses partenaires internationaux afin d’être en mesure de prescrire ces médicaments qui prolongent l’espérance de vie des patients séropositifs.
Le Programme commun des Nations unies sur le sida, Onusida, estime qu’environ 100 000 personnes vivaient avec le VIH fin 2003 dans ce pays de quelque quatre millions d’habitants.
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