MBABANE
Cette année encore, le Swaziland dépendra de l’aide alimentaire pour nourrir un cinquième de sa population, a indiqué le Programme alimentaire mondial (PAM).
La production céréalière de 2006 a accusé une baisse par rapport à celle de l’année précédente, suite aux faibles pluies et aux ravages du VIH/SIDA.
Le Swaziland affiche le taux de prévalence au VIH/SIDA le plus élevé au monde : plus de 40 pour cent de sa population adulte vit avec le virus.
Le PAM prévoit d’aider quelque 200 000 personnes de juillet à décembre 2006 en distribuant des vivres dans les maternités et les services VIH/SIDA et tuberculose des cliniques du pays.
Les programmes destinés aux orphelins et aux enfants vulnérables et les programmes d'alimentation scolaire de certaines écoles primaires recevront également de la nourriture.
«Au total, après les récoltes de 2006, qui ont pris fin il y a deux mois, seules 81 000 tonnes de céréales étaient disponibles, alors que le Swaziland consomme près de 190 000 tonnes par an», a déclaré Abdoulaye Balde, représentant du PAM au Swaziland.
Au moins 107 000 tonnes de denrées alimentaires seront nécessaires pour combler ce manque.
«Ce manque sera en grande partie comblé par les importations commerciales via le National Maize Board. Nous avons calculé le montant de ces importations puis la quantité de céréales que les populations pourront se procurer dans les échoppes. La différence sera prise en compte par l’aide alimentaire d’urgence», a expliqué M. Balde.
Depuis l’indépendance accordée en 1968, le Swaziland a été un importateur net de produits alimentaires, et n’est jamais parvenu à produire plus de 49 pour cent de sa consommation annuelle.
Au cours des 10 dernières années, sa production agricole a chuté suite à une série de périodes de sécheresse et au VIH/SIDA. En effet, l’épidémie a décimé la main d’œuvre agricole et amputé les revenus.
«Le proverbe chinois qui dit ‘mieux vaut apprendre à un homme à pêcher que lui donner du poisson’ n’a plus sa raison d’être depuis l’arrivée du sida. Les résultats de notre enquête [qui vient juste de se terminer] prouvent que chaque famille est touchée par le sida», a dit M. Balde.
Le nombre de foyers dirigés par un enfant a augmenté, a-t-il ajouté. «De plus en plus de maisons n’abritent plus que des personnes âgées. Ni les enfants ni les personnes âgées ne sont en mesure de mettre en place un système de production agricole car ils sont incapables physiquement de travailler la terre.»
La fermeture du Syndicat central des coopératives (Central Cooperatives Union - CCU) qui a eu lieu la semaine dernière risque d’avoir des conséquences sur la sécurité alimentaire, a-t-il ajouté.
Le CCU a travaillé pendant plus de 30 ans en faveur de l’augmentation de la production agricole et des salaires des petits exploitants.
Des formateurs ruraux dépêchés par le CCU ont enseigné aux petits paysans les techniques agricoles modernes, l’utilisation des engrais et des semences hybrides.
Le plus grand succès du CCU a été d’aider les agriculteurs à former des coopératives afin de réduire les dépenses et de récolter les bénéfices des économies d’échelle.
La fermeture soudaine du CCU, qui a surpris la communauté agricole, est certainement liée aux dettes contractées après que le syndicat a élargi son champ d’action aux supermarchés, stations services et quincailleries situés notamment à Manzini, le centre commercial.
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