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Les syndicats guinéens menacent de décréter une grève illimitée

Les deux plus puissants syndicats de Guinée menacent de déclencher une grève générale illimitée si le gouvernement ne répond pas favorablement aux revendications formulées il y a quinze jours.

Une grève générale sans précédent avait déjà paralysé Conakry, la capitale, il y a trois mois, et avait contraint le gouvernement à prendre un certain nombre d’engagements dont l’augmentation de 30 pour cent des salaires des fonctionnaires et la création d’un salaire minimum pour tous les travailleurs.

Mais la Confédération nationale des travailleurs guinéens (CNTG) et l’Union syndicale des travailleurs guinéens (USTG) posent de nouvelles revendications et exigent une réduction du prix de l’essence et des denrées alimentaires de base telles que le riz.

L’augmentation du prix du carburant qui a été décrétée en mai, sur recommandation du Fonds monétaire international (FMI), pour supprimer les subventions à l’essence a entraîné une hausse vertigineuse des prix qui pèse lourdement sur les maigres revenus des ménages guinéens.

[Guinea] Rice on the market in Guinea. Deepening economic wose meant that rice, the staple food, is becoming unaffordable for many Guineans. [Date picture taken: 06/05/2006]
Le riz vendu au marché est devenu une denrée de plus en plus cher

Sous l’impulsion du FMI, la Guinée a également adopté le 1 mars 2005 un système de taux d’échange flottant qui a provoqué une dépréciation du Franc guinéen, ce dernier ayant perdu 38 pour cent de sa valeur, par rapport à des devises comme le dollar. Dans les rues de Conakry, il n’est pas rare de rencontrer des agents de change informels avec des sachets plastiques remplis de vielles coupures de Franc guinéen qu’ils sont prêts à échanger contre une poignée de dollars ou d’euros.

Pour un diplômé de l’université, qui a la chance de travailler dans la fonction publique et de gagner environ 200 000 francs guinéens, cela se traduit par une dépréciation de son salaire mensuel de l’ordre de 40 pour cent, soit l’équivalent de 40 dollars.

La dépréciation du Franc guinéen a eu un grand impact sur l’économie du pays, étant donné que la Guinée, en dépit de son agriculture très diversifiée, importe une grande partie du riz qu’elle consomme et qui représente l’aliment de base du pays. En conséquence, un sac de 50 kg de riz qui coûte 22 dollars n’est plus à la portée de tout le monde.

Pendant le week-end, les consommateurs ont fait le siège des stations-service, craignant que le gouvernement ne donne satisfaction aux revendications des fournisseurs de produits pétroliers et n’augmente à nouveau les prix.


This article was produced by IRIN News while it was part of the United Nations Office for the Coordination of Humanitarian Affairs. Please send queries on copyright or liability to the UN. For more information: https://shop.un.org/rights-permissions

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